Emploi: une baisse des inégalités de genre peut générer un gain de 5,7% à 9,9% du PIB
Une réduction de seulement un quart de l’écart des niveaux d’activité entre les hommes et les femmes conduirait à une hausse du PIB par tête variant entre 5,7% et 9,9%.
C'est ce qui ressort d'une étude sur "Les coûts économiques des inégalités de genre dans le marché du travail au Maroc", dévoilée mardi 2 mars, par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) et ONU Femmes.
Les analyses effectuées dans le cadre de cette étude font état non seulement du retard accusé par le Maroc par rapport aux niveaux mondiaux de participation des femmes au marché du travail, mais soulèvent également la trajectoire baissière de cette participation depuis 2000.
En 2019, le taux d’activité s'établissait à 21,5% parmi les femmes, contre 71% parmi les hommes, selon le HCP. Le taux d’emploi atteint, lui, 65,5% parmi les hommes et 18,6% parmi les femmes.
Faible tertiarisation de l’emploi féminin
Contrairement à la plupart des pays de la zone Mena, la tertiarisation de l’emploi féminin au Maroc reste faible (soit environ un quart de la part des hommes dans les services en 2019), estime l'étude réalisée en partenariat avec le Centre d'excellence pour la budgétisation sensible au genre (CE-BSG) avec l'appui de l'Agence française de développement et de l'Union européenne.
Cette part jugée faible, conjuguée à la baisse des niveaux de participation féminine à l’activité, génère une masculinisation dominante de l’emploi dans les services.
Il en découle que les activités tertiaires, particulièrement dans le milieu rural, marqué par la dominance de l’agriculture, n’exercent pas encore d’effet de rééquilibrage en faveur de l’emploi des femmes à l’instar de plusieurs pays et régions du monde.
Les comparaisons internationales effectuées dans ce cadre indiquent que le taux d’activité des femmes au Maroc est bien inférieur au niveau qui devrait être atteint en rapport avec le niveau de développement actuel de le Maroc.
Contraintes familiales
Selon l'étude, les facteurs démographiques, plus particulièrement, le statut matrimonial (célibataire, divorcée ou veuve) et le statut socioéconomique du conjoint déterminent de façon significative la décision liée à la participation des femmes au marché du travail.
Les contraintes familiales, en l’occurrence, le nombre d’enfants à charge constitue, également, un obstacle important orientant la décision des femmes d’intégrer le marché du travail. Ces mêmes contraintes sont largement à l’origine du recours des femmes à l’activité afin d’accéder à des sources de revenus additionnels.
L'étude souligne que la proportion de femmes dans le ménage affecte sensiblement leur accès au travail du fait qu’un poids élevé de la gente féminine leur procure plus de chance pour accéder à l’autonomie économique.
Manque à gagner
La prise en compte des inégalités de genre en termes d’accès à l’éducation comme étant un facteur impactant directement les écarts entre les femmes et les hommes en matière d’accès au marché du travail, a fait ressortir des gains significatifs en termes de points de croissance.
Ces gains pourraient être générés par la mise en œuvre de mesures conjuguant la réduction des inégalités entre les hommes et les femmes dans l’éducation et dans l’accès à l’activité économique.
En effet, une réduction de seulement un quart de l’écart des niveaux d’activité entre les hommes et les femmes conduirait à une hausse du PIB par tête variant entre 5,7% et 9,9%.
Une réduction complète de l’écart des niveaux d’activité entre les hommes et les femmes (en éliminant d’une part, les barrières à l’activité des femmes non liées aux écarts d’éducation-discriminations, normes sociales...), et d’autre part, les barrières à l’accès des filles et des femmes à l’éducation et à la formation) générerait une hausse du PIB par habitant de 39,5% comme effet maximal.
L’accroissement du PIB par habitant serait de 22,8% comme effet net des différences d’éducation (soit le résultat de l’élimination de seulement les barrières à l’activité des femmes non liées aux écarts d’éducation).
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