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SOCIETE

Les femmes demeurent à la marge du développement, alerte le CESE

Malgré les avancées, des discriminations basées sur le sexe et des violations des droits des femmes subsistent encore, et leur participation au développement demeure faible, alerte le CESE qui appelle à entreprendre des mesures urgentes pour promouvoir l’émancipation et l’épanouissement des femmes.

Les femmes demeurent à la marge du développement, alerte le CESE
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Le 5 mars 2021 à 10h11 | Modifié 10 avril 2021 à 23h23

En 2019, environ une femme sur deux a subi au moins un acte de violence au Maroc, tous contextes et toutes formes confondues, rappelle le Conseil économique, social et environnemental (CESE). Plus de 30.000 autorisations ont été accordées en 2018 pour conclure un mariage avec des filles mineures, sans compter les unions non légalisées.

Dans une alerte à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le Conseil soulève également la faible présence des femmes notamment au niveau des institutions représentatives.

Le faible taux d’activité des femmes témoigne également d’une participation au marché du travail qui demeure en deçà du potentiel des Marocaines, poursuit la même source.

Ces chiffres ne traduisent pas les aspirations du Maroc pour l’égalité et la parité, telles qu’inscrites solennellement dans l’article 19 de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume, regrette le CESE, présidé par Ahmed Réda Chami.

Cette situation impacte considérablement l’autonomie économique et financière des femmes et conduit à la réduction de leurs droits et libertés, de leur émancipation au sein du ménage et de la société et à leur dépendance d’autrui pour subvenir à leurs besoins vitaux.

Une mise en œuvre effective des droits des femmes s'impose

Le CESE appelle à assurer une mise en œuvre effective des droits des femmes tout en luttant efficacement et avec rigueur contre les violences faites aux femmes.

"Un pays ne peut prétendre à un quelconque développement et progrès si la moitié de sa force vive, à savoir les femmes, en est exclue".

A l’heure où le Maroc se mobilise pour aller vers un nouveau modèle de développement plus inclusif, il est inconcevable que des femmes subissent des violences et restent en marge des sphères de la vie socio-économique et civique. D’où la nécessité d’opérer trois grands changements pour promouvoir les droits des femmes.

Changements institutionnels et juridiques

Il convient pour cela :

- d’accélérer l’harmonisation de la législation nationale avec les principes et dispositions de la Constitution et des Conventions internationales des droits humains ratifiées par le Maroc et portant sur la prévention et l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des petites filles,

- d’abroger les dispositions juridiques contenues dans un certain nombre de textes de loi dont l’application porte préjudice aux mères célibataires et à leurs enfants et qui font obstacle aux droits de porter plainte pour viols (art 490 du code pénal),

- d’abroger les articles 21 ,20 et 22 du Code la famille pour éradiquer le mariage des enfants, 

- d’ériger la promotion de l’égalité et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles (tolérance zéro), en cause nationale prioritaire traduite dans une politique publique globale et transversale, s’appuyant sur un budget clairement identifié et sanctuarisé,

- de conditionner une partie de la subvention publique accordée aux partis politiques, aux syndicats et aux associations à l’atteinte d’un niveau minimum de représentativité de 30% des femmes dans leurs instances dirigeantes,

- et d’assurer le respect de la dignité et de l’intimité de la femme, y compris dans le contexte des procédures judiciaires et médico-légales.

Sécuriser les femmes au travail

Le CESE préconise des changements opérationnels pour assurer aux femmes les conditions d’accès au travail rémunéré et les sécuriser vers et sur les lieux du travail :

- amorcer un plan national d’ouverture de crèches publiques ou en entreprises dans l’ensemble du territoire et flexibiliser les horaires de scolarité des enfants,

- mettre en place des mesures actives positives et ciblées pour garantir la parité dans l’accès aux postes à responsabilités dans la fonction publique,

- flexibiliser davantage le recours aux nouvelles formes de travail au sein des entreprises (télétravail, travail à mi-temps, flexibilité des horaires...),

- renforcer le cadre juridique relatif à la lutte contre le harcèlement moral et sexuel des femmes dans les lieux publics et dans les espaces protégés, notamment les lieux de travail,

- inscrire la sécurité des femmes dans les transports publics et sur les lieux publics au centre des préoccupations des politiques de la ville, des politiques de sécurité publique, des plans d’aménagement urbains et des programmes de logements,

- favoriser l’accès de la femme rurale au travail rémunéré et améliorer son autonomie financière.

Enraciner les principes de l’égalité dans la société

Des changements socio-culturels s'imposent également :

- promouvoir le débat public pour faire évoluer les mentalités sur les questions liées au mariage des enfants, à l’interruption volontaire de grossesse et aux procédures successorales,

- amorcer l’éducation sexuelle dans les écoles pour inculquer aux enfants les principes de l’égalité entre les femmes et les hommes,

- démonter les stéréotypes discriminatoires, ainsi que ceux tolérant la violence à l’égard des femmes et les sensibiliser aux notions d’intégrité physique et de santé sexuelle à travers le recours à des outils pédagogiques adéquats selon les tranches d’âge ciblées.

L’émancipation des femmes passe inévitablement par casser le "plafond de verre" que représentent l’ensemble des barrières sociétales et psychologiques et qui tendent à favoriser l’immobilisme féminin et renvoyer les femmes systématiquement à une position d’infériorité et de subordination, conclut le CESE.

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Le 5 mars 2021 à 10h11

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