Covid. Les recommandations du Pr Ibrahimi pour une sortie de crise d'ici l'été
Pr Ibrahimi propose un calendrier de 3 mois permettant aux autorités de prendre des décisions d’allègement progressives et mensuelles en fonction des données scientifiques. La situation génomique actuelle est inquiétante. Détails.
Pr Azeddine Ibrahimi, directeur de Medbiotech, laboratoire de biotechnologie de la Faculté de médecine et de pharmacie de l’Université Mohammed V à Rabat, a publié sur Facebook ses recommandations quant aux restrictions anti-Covid, basées sur les résultats d’une étude menée par le laboratoire qu’il dirige, relative à la situation épidémiologique et génomique actuelle.
Si la première est “quasi-stable” selon le professeur, la situation génomique est quant à elle “inquiétante”. C’est pourquoi, il insiste sur la vigilance dans la prise de décisions “surtout que l’opération de vaccination n’est pas encore terminée et qu’elle est soumise au bon vouloir du marché international”.
Dans ce sens, il propose un calendrier étalé sur 3 mois, à travers lequel les autorités peuvent prendre des décisions d’allègement progressives tous les 10 du mois (date de reconduction de l’état d’urgence sanitaire), afin d'assurer "une sortie de crise en été, précisément pour Aïd al adha, avec le minimum de pertes humaines, sociales et économiques".
Restrictions anti-Covid: Pas de relâchement ni de renforcement pour l'instant
Pr Ibrahimi estime que la situation actuelle, d’un point de vue scientifique, ne permet pas d’alléger, d'ici le 10 avril, les restrictions anti-Covid, mais ne nécessite pas non plus de renforcement.
Cela dit, si les chiffres se stabilisent d’ici le 10 mai, le professeur suggère de procéder, après la fête de Aïd al fitr, à l'allègement de nombreuses restrictions, notamment au niveau des écoles puisque “les examens pourront avoir lieu en présentiel”.
“Il sera possible d’ouvrir les cafés et restaurants plus longtemps et d’autoriser les rassemblements limités à un nombre raisonnable”.
D’ici deux mois, soit le 10 juin, et après évaluation de la situation sanitaire il sera possible "d’augmenter le nombre de personnes autorisées à se rassembler dans les lieux publics et privés, de prolonger les horaires d’ouverture de cafés et restaurants, d’autoriser le retour des supporteurs dans les gradins et des spectateurs dans les salles de cinéma, ainsi que la reprise des célébrations de certaines occasions", poursuit-il.
Enfin, dès le 10 juillet, il ne restera plus qu’à "lever les dernières restrictions, autoriser la célébration de Aïd al adha et acceuillir les MRE", indique le professeur qui insiste, par ailleurs, sur le respect des gestes barrières et des restrictions en vigueur afin d'atteindre la sortie de crise escomptée.
En tous cas, Pr Ibrahimi estime que la situation génomique "inquiétante" ne permet pas de relâchement pour l'instant et nécessite une vigilance accrue, notamment à cause de la propagation du variant anglais sur le territoire marocain.
Situation génomique: Pr Ibrahimi fait le point
Le dispositif national de surveillance et de veille génomique du Sars-CoV2, mis en place par le ministère de la Santé, a permis la détection et la confirmation de la circulation du variant britannique et sa propagation dans sept régions du Royaume.
Pour Pr Ibrahimi, "malgré les difficultés pour déterminer le taux exact du variant britannique, tous les indicateurs montrent que nous avons dépassé les 15%", ce qui correspond à un "début de propagation exponentielle".
"Ce variant va dominer au Maroc en quelques semaines. Le plus dangereux c'est sa rapidité de propagation, ce qui peut conduire à une nouvelle pression sur le système de santé et à la poursuite de l'opération de vaccination sous pression", alerte le professeur qui annonce, par ailleurs, l'apparition de "25 mutations (et non variants) marocaines", expliquant que "la multiplication du virus conduit forcément à l’apparition de mutations locales produites spontanément en présence des conditions génétiques de leur développement".
"Ainsi et selon le site de référence d’analyses les données Gisaid, il est possible de catégoriser le variant apparu pour la première fois à Ouarzazate comme un variant génomique marocain à 100%, en attendant de déterminer ses caractéristiques biologiques".
Autrement dit, aucune donnée n'est encore disponible quant à la contagion ou encore l'impact sur la mortalité de ce variant, dont la présence n'a pas encore été confirmée par le ministère de la Santé.
Dans son communiqué daté du 4 avril, le ministère indique que "seul le variant britannique a été détecté et qu'aucun autre variant préoccupant (VOC) n'a été confirmé au Maroc".
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