A Dakhla, la détection de cas Covid et le couvre-feu ont freiné la dynamique touristique
Des opérateurs du secteur touristique déplorent une mauvaise communication, à l’origine selon eux de plusieurs annulations de réservations. Ils disent avoir peu de visibilité sur les mois à venir, notamment pour les touristes internationaux. Ils comptent sur les visiteurs nationaux pour redynamiser le tourisme dans la ville.
La détection de quarante cas porteurs du variant britannique du Covid-19, à Dakhla, en mars dernier, a considérablement freiné la dynamique touristique qui était alors observée dans la perle du Sud, contrastant avec les autres villes du Maroc.
« A Dakhla, les autorités ont effectivement recensé une quarantaine de cas d’un seul coup en mars, alors que tout le monde était habitué à des chiffres de contamination très bas. Cela a donc eu un impact très négatif sur l’image de la ville, alors que d’autres villes marocaines enregistrent des chiffres beaucoup plus importants. En réalité, ce sont les restrictions qui sont à l’origine de l’arrêt de cette bonne dynamique touristique. Auparavant, le couvre-feu tournait autour de 22-23 heures, contre 20 heures actuellement », indique Khalil Ajana, directeur régional du groupe Dakhla Attitude, joint par Médias24.
Des problèmes de communication ?
Leila Ouachi, présidente de l’Association Lagon Dakhla et directrice générale de l’agence de communication OL Consulting, déplore également « un problème de communication » : « Les gens ont pensé que les vols nationaux à destination de Dakhla s’arrêtaient alors qu’ils n’ont jamais été interrompus. Ils ne savaient donc plus s’ils pouvaient voyager ou pas et cela a généré beaucoup d’annulations. »
Même son de cloche du côté de Kenza Fenjiro, directrice de l’établissement Ocean Vagabond Dakhla Lagon : « Il y a effectivement eu une rumeur – pourtant jamais confirmée par le gouvernement – selon laquelle les vols nationaux à destination de Dakhla avaient été suspendus. Cette rumeur a couru en même temps que l’annonce de la suspension des vols internationaux. C’est cela qui a généré de la confusion auprès de nos clients et, par conséquent, a mis un coup de frein aux réservations. Quant aux cas de Covid qui ont été détectés en mars dernier, il y a bien eu un mouvement de panique pendant quelques jours, avec des annulations, mais nous avons pu rassurer nos clients sur le déroulement du séjour : notre établissement est situé à 30 km de Dakhla, les tests PCR sont effectués à chaque arrivée à l’aéroport et nos bungalows sont très éloignés les uns des autres. Le risque de contamination est donc minime. »
Leila Ouachi se veut aujourd’hui rassurante quant à la capacité « sanitaire » de la ville à recevoir des touristes : « Les cas de Covid qui ont été détectés en mars dernier, c’était des locaux. Des mesures ont été prises pour leur isolement et un dépistage massif au niveau de la population a été effectué. Les choses ont été très bien gérées. Dakhla a donc aujourd’hui la possibilité de recevoir des touristes marocains. A nous, les opérateurs touristiques, de communiquer pour confirmer que les mesures sanitaires sont toujours bien en vigueur. »
Très peu de visibilité sur les mois à venir
En revanche, difficile d’avoir de la visibilité sur les mois à venir. La seule visibilité que les opérateurs touristiques ont concerne le long week-end de l’Aïd el-Fitr qui s’annonce : « Nous avons beaucoup de réservations pour ce long week-end », souligne Kenza Fenjiro. Même chose au sein du Dakhla Club Hotel, dont la direction de l’hébergement nous a indiqué que le week-end de l’Aïd était « complet ».
Tout autre constat pour Khalil Ajana : « Les réservations pour l’Aïd sont très faibles car personne ne sait si les restrictions nocturnes vont être maintenues. Rentrer dans la chambre d’hôtel à 20 heures, cela n’intéresse pas les touristes. Il y a donc quelques réservations qui ont été faites, mais vraiment pas beaucoup, alors que les conditions étaient pourtant réunies pour que ce week-end soit plein. »
Tous s’accordent à dire qu’ils n’ont pas de visibilité concernant la saison estivale. « Les réservations que nous avons enregistrées pour les mois à venir ne sont que d’anciennes réservations ; des clients qui ont déjà réservé il y a longtemps. Les frontières rouvrent, ferment… Les gens ne savent pas ce qui va se passer. Ils sont donc réticents à s’engager sur un billet d’avion qui ne sera pas remboursé, ou sur des vols reportés à une date ultérieure dont on ne connaît pas l’échéance. C’est tout à la dernière minute », nous dit-on au sein du Dakhla Club Hotel.
« Des clients annulent leur réservation à la dernière minute », confirme Khalil Ajana. « On était censés avoir beaucoup de clients en mai. Beaucoup de touristes européens (allemands, français, italiens et espagnols) voulaient venir mais la fermeture des frontières jusqu’au 10 juin leur a coupé l’herbe sous le pied. Ceux qui ont maintenu leurs réservations annuleront au dernier moment, s’ils voient que les frontières ne rouvrent pas. Tout le monde manque de visibilité à cause de la fermeture des frontières et du maintien du couvre-feu. Franchement, on n’y croit pas trop ; on s’attend à revivre le même film que l’année dernière », ajoute-t-il.
« Nous avons une forte demande de touristes étrangers, mais pas de visibilité hormis ce qui a été communiqué concernant la réouverture des frontières le 10 juin et sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire. Nous avons également beaucoup de demandes de clients marocains, qui s’apprêtent à passer l’été au Maroc », indique pour sa part Kenza Fenjiro.
Seule Leila Ouachi semble plus optimiste : « Nous avons énormément de demandes de touristes étrangers, principalement français, espagnols, belges et, dans une moindre mesure, allemands. Je ne m’inquiète pas pour Dakhla pour la saison estivale. »
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