Décharge de Mediouna: Le blocage persiste
Le président de la commune d’El Mejjattia, qui abrite le nouveau site contrôlé, refuse toujours de délivrer le certificat de conformité pour son exploitation. Le Conseil de la ville assure pour sa part que toutes les installations sont prêtes, et qu'il ne manque que ce certificat pour la fermeture de la décharge sauvage.
Le dossier de la décharge de Médiouna s’éternise, alors que de nombreux Casablancais s’attendaient déjà en février à tourner la page de ce fameux site sauvage, après l’attribution du marché relatif à l’exploitation de la nouvelle décharge contrôlée.
Le niet du président de la commune d'El Mejjattia
Contacté par Médias 24, Amine Hachem, président de la commune d’El Mejjatia-Oulad Taleb, campe sur ses positions. Il refuse de délivrer le certificat de conformité pour l’exploitation de la nouvelle décharge. Selon lui, "il ne s’agit nullement d’un site contrôlé. Il est juste entouré d’un mur en béton, mais il ne dispose d’aucune des installations que la commune de Casablanca s’est engagée à mettre en place".
"La décharge ne dispose ni d’un centre de tri, ni d’un centre de traitement de lixiviat, ni d’un centre de recyclage. Ils (les membres de la commune de Casablanca, NDLR) ne feront qu’ouvrir une nouvelle décharge sauvage, puisqu’ils resteront sur la même technique d'enfouissement, ce qui n’est pas acceptable. En plus, aucune vision à long terme, et aucune étude d’impact, sur l’environnement et sur la population de la commune d'El Mejjatia, n'a été réalisée".
"J’ai déjà adressé un courrier dans ce sens à la commune de Casablanca, en vain. Nous avons aussi invité ses membres à la session ordinaire de la commune d'El Mejjatia, organisée début mai, mais aucun d'eux ne s’y est présenté. Ils se croient au-dessus de la loi", a-t-il ajouté.
"Un dépotoir à ciel ouvert"
Même son de cloche auprès d’Ahmed Khanoune, vice-président provincial de Mediouna. "Le Conseil de la ville de Casablanca n’a même pas respecté 10% de ses promesses", nous a-t-il confié au téléphone.
"Les gens souffrent du lixiviat qui déborde aux alentours de la décharge sauvage, de la fumée dégagée suite aux incendies et des insectes", déplore-t-il, notant "l’absence de contrôle du Conseil de la ville de Casablanca".
"La province de Mediouna ressemble à un dépotoir à ciel ouvert", regrette-t-il.
En effet, des odeurs nauséabondes se dégagent du site sauvage, qui accueille environ 4.000 tonnes de déchets par jour. Ces odeurs risquent de s'accentuer à l'approche de l'été, ainsi que les incendies.
Par ailleurs, le lixiviat qui déborde en dehors de la décharge s'infiltre dans les terres agricoles et les plantations voisines et pollue la nappe phréatique. Tous ces facteurs impactent lourdement la qualité de vie des riverains, dont une grande partie sont atteints de maladies chroniques.
"Une solution provisoire"
Médias 24 a également donné la parole à Abdessamad Haiker, vice-président de la commune de Casablanca, pour avoir sa version des faits.
Ce dernier nous a expliqué que la nouvelle décharge est prête, et que "les aménagements qu'il fallait mettre en place, sur la base du plan autorisé par le président du Conseil de la ville, ont été réalisés". Lorsque les travaux ont été achevés, "l'architecte désigné a livré, en janvier 2021, un certificat de conformité d'achèvement des travaux au président de la commune d'El Mejjatia".
"Sur la base de ce document, ledit président doit nous donner à son tour un certificat de conformité. Selon les lois en vigueur, ce document doit être établi sur la seule base du certificat de conformité d'achèvement des travaux délivré par l'architecte".
Amine Hachem a préféré "créer une commission, composée entre autres des membres de la commune qu'il préside ainsi que des membres de la préfecture de Mediouna. Celle-ci a également validé les travaux, et a confirmé qu'ils sont conformes au plan initial, visé par le président du Conseil de la ville, mais le président de la commune d'El Mejjatia refuse toujours de nous délivrer le certificat de conformité, alors qu'il s'agit de sa seule compétence dans le cadre de ce dossier".
Selon notre source, ce document permettra de débloquer la situation, "et s'il veut contester certains points par la suite, il peut se diriger vers le Wali de la région ou le ministère de l'Intérieur".
"Si on se déplace à la décharge, on voit bien que toutes les installations sont là. Nous sommes en règle". Il ne manque donc que ce certificat "pour que le Wali de la région Casablanca-Settat nous livre l'autorisation d'exploitation de la nouvelle décharge, afin de pouvoir fermer l'ancienne".
Quant à la technique de traitement des déchets, le Conseil de la ville continuera sur l'enfouissement dans un premier temps. "Un bassin de drainage de lixiviat a été mis en place pour conduire ce liquide vers un bassin spécifique". "C'est une solution provisoire en attendant de construire l'usine de valorisation des déchets, qui fait l'objet d'une convention en cours de signature avec les ministères de l'Intérieur et de l’Énergie et des mines".
Un centre de tri et un centre de traitement de lixiviat seront également construits selon la même source. "Ils feront l’objet d’autres marchés".
"La mise en service de la nouvelle décharge permettra de mettre fin aux souffrances des habitants de la région, mais aussi du Grand Casablanca de manière générale, en attendant la solution radicale qui est l'usine", dont la construction, l'équipement et la mise en service nécessiteront une durée de trois ans.
80% de l'ancienne décharge couverte
Toujours d'après M. Haiker, "80% de l'ancienne décharge sauvage a été couverte de terre, en attendant de la transformer en espace vert", lorsqu'elle sera définitivement fermée.
"L'enfouissement des déchets est toujours effectué sur les 20% restants, mais de manière différente. Une conduite a été mise en place pour drainer le lixiviat vers le bassin construit au niveau de la décharge contrôlée", d'une capacité de 38.0000 m3.
Rappelons que la commune de Casablanca est la seule à avoir investi plus de 50 MDH dans la construction de la nouvelle décharge, même si le site accueillera les déchets de 11 communes (Médiouna, Mejjatia Ouled Taleb, Sidi Hajjaj Oued Hassar, Tit Mellil, Lahraouiyine, et l’Etablissement de coopération intercommunale Al Bayda composé des communes de Dar Bouazza, Ouled Saleh, Ouled Azzouz, Bouskoura et Nouaceur).
Lire aussi: Nouveau blocage dans le dossier de la décharge contrôlée de Médiouna
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