Chakib Alj alerte sur la solvabilité des entreprises et les pertes d’emplois
Le président de la CGEM appelle le gouvernement à donner de la visibilité sur la reprise aux entreprises et à sauver celles en difficultés financières. Selon lui, l’impact social de la crise est bien plus important que constaté.
Chakib Alj s’exprimait, vendredi 21 mai matin, lors d’une réunion avec l’Exécutif dans le cadre de la plateforme CGEM-Gouvernement.
Dans son discours, il s’est focalisé sur l’impact de la crise sanitaire sur le tissu économique et sur ce que ce mécanisme public-privé doit apporter pour y faire face.
M. Alj a souligné deux sujets majeurs «à aborder de manière urgente: la solvabilité des entreprises et la sauvegarde de l’emploi.
«Pour gérer leur trésorerie et survivre aux conséquences de la baisse voire d’un arrêt total d’activité, les opérateurs économiques, notamment les TPME, ont fait appel à la dette, comme nous le savons tous, en attendant une reprise d’activité normale.
«Or, la reprise effective n’a pas été au rendez-vous et les entreprises se trouvent aujourd'hui surendettées, particulièrement celles opérant dans des secteurs comme le tourisme et son écosystème, les industries culturelles et créatives, la restauration et bien d’autres.
«Quelques secteurs comme le tourisme et l’événementiel ont besoin de visibilité sur la reprise de leur activité, qui se fera bien évidemment dans le respect des mesures sanitaires.
«La solvabilité des entreprises est aujourd’hui une problématique cruciale. Notre action doit absolument se concentrer sur les opérateurs nécessitant une restructuration financière, parce qu’il est autant de notre devoir de sauver des entreprises que d’en créer de nouvelles», a-t-il lancé au chef du gouvernement, avant d’aborder l’impact social de la crise et son ampleur.
«Comme vous le savez, le problème de défaillance des entreprises conduit automatiquement à des licenciements. Les derniers chiffres de la CNSS indiquent 420.000 pertes d’emplois.
«L’ampleur de l’impact social est donc bien plus important que ce que nous observons.
«A ce sujet, je tiens à rappeler que nos engagements dans le cadre de l’accord social ont été chiffrés et réalisés. Nous sommes en attente que les engagements pris par le Gouvernement et les syndicats soient aussi déployés», a-t-il conclu à ce sujet.
Dupliquer la dynamique du CVE au niveau de la plateforme CGEM-Gouvernement
Le président de la CGEM a ensuite tempéré ses propos, en rappelant les belles réalisations des décideurs pendant la crise: lancement du chantier de généralisation de la protection sociale, mise en place du Fonds Mohammed VI pour l’investissement, actions du comité de veille économique pour soutenir entreprises et ménages, la banque de projets et la stratégie d’import-substitution…
Cela dit, il a appelé à ce que cette dynamique soit dupliquée dans le cadre de la plateforme CGEM-Gouvernement.
« Rapprocher le mode de fonctionnement de notre Conseil conjoint et celui du CVE est nécessaire, en formalisant davantage le rôle de cette plateforme, afin de pouvoir traiter en toute synergie et de manière rapide et effective, les chantiers économiques à moyen terme, déjà connus de tous, je citerai à titre d’exemple:
- Les facteurs de compétitivité, le foncier, l’énergie, la formation du capital humain, la logistique et le social avec l’amendement du code du travail en l'occurrence;
- L’instauration du e-gov;
- La commande publique;
- La préférence nationale;
- L’intégration de l’informel.
«Un engagement total, régulier et emprunt d’un esprit de partenariat et de concertation est indispensable pour sortir notre économie de cette crise inédite et saisir les opportunités qui se présentent à nous pour en faire une économie compétitive et attractive.
«Nous avons prouvé qu’ensemble nous avions toutes les capacités pour le faire. C’est maintenant que ça se joue et je reste confiant en nos institutions pour relever ce défi», a conclu Chakib Alj.
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