Affaire Ghali : Sans réaction de l’Espagne, le Maroc ira jusqu’à la rupture des relations diplomatiques
S'exprimant devant des médias français dimanche 23 mai, Nasser Bourita a alerté sur le fait que les relations Maroc-Espagne risquaient de s'aggraver, voire d'aller vers la rupture. Une source de haut niveau nous confirme que le Maroc est déterminé et que le scénario d'une rupture totale est envisageable si le chef du polisario quitte l'Espagne comme il y est entré et sans se présenter devant la Justice.
Les déclarations du ministre marocain des Affaires étrangères, dimanche 23 mai, n’ont engendré aucune nouvelle réaction espagnole. Une source de haut niveau nous a affirmé que les autorités ibériques seraient bien avisées de les prendre au sérieux pour éviter une aggravation de la crise.
Un départ sans encombre de Brahim Ghali serait assimilé à un Casus Belli
"Dans le cas où le chef du polisario quitterait sans encombre le territoire espagnol de la même manière qu'il y a accédé, notre relation bilatérale ne manquerait pas de s’aggraver très fortement.
"En effet, un scénario de pourrissement aura pour effet automatique d’aggraver la crise actuelle". Jusqu'à une rupture des relations? "Oui, s'il le faut, le Maroc n'hésitera pas".
Un dernier message du Maroc sans ambiguïté
"Si personne n’est en mesure de savoir quel sera le chemin emprunté par notre voisin, le Maroc a lancé une dernière alerte sans ambiguïté pour ne pas arriver à une telle extrémité regrettable.
« Le message est donc clair car si Brahim Ghali devait se moquer de la convocation de la justice espagnole du 1er juin prochain et que les autorités ibériques laissent faire, nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout, à savoir encore une fois, la rupture des relations diplomatiques avec l’Espagne.
« Ceci-dit, sachant que la balle est dans le camp de Madrid, ce scénario peut être évité si notre voisin se contente d’appliquer sa propre loi », précise notre source qui espère ne pas arriver à une rupture.
« Sans réponse de Madrid, Rabat publiera les noms des généraux algériens »
Sur les récentes déclarations du directeur général des affaires politiques au MAE, Fouad Yazourh qui laissaient entendre que les services secrets marocains disposaient des noms de quatre généraux algériens qui avaient facilité le voyage secret de Brahim Ghali, notre interlocuteur n'exclut pas que le Maroc pourrait les rendre publics, en cas d’aggravation de la crise avec l’Espagne.
« L’Espagne essaye de détourner l’attention de l’Europe sur une prétendue crise migratoire »
« En effet, l’Espagne cherche à impliquer l’Union Européenne dans cette crise en évoquant des raisons migratoires, alors que son origine est d’ordre strictement bilatéral et qu’elle n’a pas prévenu les 27 au moment d’accueillir secrètement en Europe Brahim Ghali avec un passeport falsifié.
« En réalité, le problème majeur réside dans l’entrée secrète de cet individu dans l’espace européen et non pas dans une crise migratoire avec le Maroc, comme essaye de le faire croire Madrid dans sa tentative de détourner l’attention de l’Europe sur la véritable origine de la crise actuelle.
« Faut-il rappeler que le Maroc coopère respectueusement depuis des décennies avec son voisin mais que ce dernier a manqué de respect au Maroc, en accueillant secrètement cet individu que sa justice veut entendre pour répondre de plusieurs chefs d’accusation d’ordre criminel?
Le manque de respect espagnol ne saurait rester sans réponse
« En effet, si nous sommes censés être au même niveau de coopération, la moindre des choses est que notre partenaire respecte les constantes du Maroc, notamment en matière d’intégrité territoriale.
« L’occasion de préciser que les attaques récurrentes des médias espagnols ne nous intimident pas et que nous sommes prêts à aller jusqu’au bout pour défendre notre souveraineté nationale.
« Pour sortir de la crise actuelle, la justice ibérique doit jouer son rôle »
« Si le Maroc ne cherche pas l’escalade, le minimum serait que le dénommé Brahim Ghali soit mis à la disposition de la justice espagnole qui décidera du sort à lui réserver par rapport à ses crimes.
« Une sortie en catimini de cet individu ne serait par conséquent pas acceptable pour le Maroc qui ne serait pas du tout satisfait d’une telle issue.
« Dans ce cas de figure, les choses pourront aller très loin mais si la justice espagnole fait son travail sans pression, le Maroc avisera pour résoudre cette crise », conclut notre source en ajoutant encore une fois que la balle est dans le camp de l’Espagne avec une explication suivie d’une action concrète.
Sachant que le numéro 2 du polisario a confirmé ce lundi que Brahim Ghali avait l’intention de quitter l’Espagne en ignorant sa convocation judiciaire du 1er juin, la rupture des relations diplomatiques n’est plus un scénario à exclure si les autorités ibériques devaient laisser faire…
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