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POLITIQUE

PJD, Istiqlal, RNI et PPS croisent le fer dans le premier débat pré-électoral

La fondation Lafqui Titouani a organisé jeudi 3 juin, un débat politique réunissant des figures représentant quatre partis politiques, le PJD, le PI, le RNI et le PPS. Au menu, l'actualité: le différend avec l’Espagne, la publication du rapport sur le nouveau modèle de développement et la préparation des prochains rendez-vous électoraux.

PJD, Istiqlal, RNI et PPS croisent le fer dans le premier débat pré-électoral
Y. B.
Le 4 juin 2021 à 11h02 | Modifié 4 juin 2021 à 11h25

>Des craintes au sujet de la portée démocratique du rapport de la CSMD

Les intervenants ont tous salué les résultats du rapport sur le nouveau modèle de développement et ont montré la prédisposition de leurs partis à s’engager positivement dans sa mise en œuvre.

“C’est une feuille de route pour la rupture avec le passé et pour le développement économique et social basés sur l’humain” précise Noureddine Mediane de l'Istiqlal.

Selon Soulaiman Amrani du PJD, “c’est un chantier majeur et structurant pour l'avenir du pays”. Il ajoute que “le vrai challenge sera dans sa bonne mise en œuvre”. Charafat Afilal (PPS) pense que “les partis politiques doivent s’approprier ce rapport en l’adaptant à leurs visions". Pour elle, il est important de garder une marge de différenciation dans le paysage politique au Royaume.

Toutefois, des craintes apparaissent dans leurs discours et notamment sur le volet de la démocratie et du rôle des partis dans le système politique marocain. Soulaiman Amrani dit regretter en lisant le rapport de sentir une sorte de crainte de la part de ses rédacteurs d’aborder sérieusement l’importance de la démocratie pour le Maroc.

Selon lui, “pas de développement sans démocratie et pas de démocratie sans développement”. Il s’interroge: “où est le rôle des partis politiques dans ce nouveau modèle ?”.

Quant à Rachid Talbi Alami (RNI), il semble craindre le retour des technocrates au devant de la scène. Il renchérit : “la lutte entre les technocrates et les politiques dans les démocraties est éternelle". “Si on ne veut pas des politiques, qu’on nous dise quelle est l’alternative” s’exclame-t-il. Charafat Afailal dit elle aussi regretter que le rapport ne fait “qu’approcher très superficiellement le sujet politique”.

Le PJD attaqué sur ses positions législatives

Les protagonistes de ce débat ne se sont pas privés de revenir sur les polémiques de la loi électorale et de la loi sur la légalisation du cannabis à des fins médicales.

Le PJD qui a voté contre ces lois alors qu’il dirige la majorité gouvernementale, s’est vu attaqué sur l'ambiguïté de ses positions. “Comment ça se fait qu’un parti vote contre un chef du gouvernement issu de ses rangs ?” s’interroge Charafat Afailal, faussement candide.

Quant à Rachid Talbi Alami, il s’est demandé si le PJD aurait accordé le même droit aux parlementaires du RNI de voter contre une loi proposée par la majorité gouvernementale.

En réponse à ces accusations, Soulaiman Amrani plaide pour un “parlement qui exerce tous ses droits de législateur”. Il argumente : "Quel rôle a le parlement s’il ne doit qu’adopter toutes les lois qui lui parviennent ?”.

Reconquérir la confiance de l’électeur comme principal défi

Revenant sur la polémique de la loi électorale, Soulaiman Amrani craint une balkanisation du paysage politique marocain. Il appelle à “reconstruire la confiance perdue dans les institutions” et à “protéger le choix démocratique”.

Par ailleurs, Rachid Talbi Alami n’exclut pas une nouvelle coalition réunissant le RNI et le PJD pour le prochain gouvernement. Même son de cloche chez le PPS, pour qui les divergences idéologiques n’empêchent pas une alliance autour d’un programme gouvernemental commun. Mais le plus important pour Charafat Afailal est de “faire émerger des élites capables de relever les défis”.

Comme à l’accoutumée, une passe d’armes entre le PJD et le RNI

Soulaiman Amrani n’a pas laissé l’occasion passer sans rappeler les accusations adressées au RNI pour utilisation d’actions caritatives à des fins électorales.

Ce à quoi a répondu Rachid Talbi Alami que tous les partis usent d’actions caritatives via des associations qui profitent souvent de l’aide publique. “Si tout le monde le fait avec l’argent de l’Etat, qu’est-ce qui vous dérange à ce qu’on vienne en aide aux gens avec notre propre argent ?”. Dans un élan de surenchère, il accuse le PJD sans le nommer de recevoir des fonds de l’étranger : “ Je ne veux pas parler d’autres partis qui sont financés par l’étranger, indirectement, à travers BIM par exemple”. Une accusation grave qu'il n'a pas étayée. Si elle était avérée, elle mettrait le PJD en violation de la loi.

Maroc-Espagne: ils sont tous d'accord

Les différents représentants des partis politiques ont insisté sur l’importance de l’unité nationale, dans la bataille diplomatique que mène le Maroc pour défendre son intégrité territoriale. Ils ont également expliqué comment ils ont agi par le biais de la diplomatie partisane, dans les efforts de soutien aux positions marocaines. Si les secrétaires généraux du PI et du RNI se sont entretenus avec le chef du PP, avec un résultat plutôt positif, le PPS a contacté lui, l’ensemble des partis de gauche espagnols, quant au PJD, il a adressé des lettres au PSOE et aux PP.

Ils ont aussi exprimé leur satisfaction, quant à la solidité des positions diplomatiques marocaines. Pour Charafat Afilal du PPS, “le Maroc n’est plus le même qu' hier, il est prêt désormais à affronter les puissances européennes d’égal à égal”. Pour Rachid Talbi Alami du RNI, “un nouvel ordre mondial est en train de se constituer et le Maroc en sera un acteur incontournable”

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Y. B.
Le 4 juin 2021 à 11h02

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