Covid-19 : Évolution préoccupante, mais situation sous contrôle pour le moment (experts)
Des indicateurs en hausse, une vaccination qui avance mais pas au rythme voulu, des facteurs de risques importants dont le variant Delta qui se propage au Maroc... Voilà ce que pensent les experts de ce contexte ambigu et incertain. Le point.
"Pour le moment, la situation épidémiologique est sous contrôle mais reste très préoccupante". "Elle reste sous contrôle grâce à la vaccination, mais nous ne sommes pas à l'abri d'une plus forte dégradation des indicateurs". C'est en substance, la réponse obtenue auprès des experts, une fois interrogés au sujet de la hausse récente des indicateurs.
"Le ministère de la Santé a publié quatre communiqués en l'espace de quelques semaines, où il appelle les citoyens à respecter les mesures barrières et met en garde contre une dégradation du contexte épidémique. Le message est clair, la situation est critique", commente Dr Moulay Said Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM) et membre du comité scientifique, chargé de la stratégie de vaccination.
Les alertes du ministère sont fondées sur une tendance haussière dans laquelle sont inscrits les indicateurs épidémiologiques que nous illustrons ci-dessous.
Plus de 1.000 nouveaux cas quotidiens
Les nouveaux cas dépassent, à nouveau, la barre des 1.000 cas quotidiens pendant trois jours de suite depuis le 07 juillet.
Depuis le jour de Aïd Al-Fitr le 13 mai 2021, le nombre des nouveaux cas fluctuaient d'un jour à un autre, sans jamais dépasser la barre des 500 cas. Une petite tendance à la hausse se remarquait sans inquiéter les experts.
A partir de fin juin, les chiffres ont entamé leur progression jusqu'à atteindre le pic du 8 juillet avec 1.336 cas.
Les baisses constatées périodiquement sont celles du week-end, avec une activité moindre des laboratoires de tests
Dans le sillage de la hausse des nouveaux cas, le nombre de tests quotidiens a augmenté. Ce 9 juillet, un record de 21.216 nouveaux tests a été atteint. D'aucuns expliquent la hausse des cas par la hausse des tests. Il y a certes un effet hausse des tests, mais il n'explique pas tout.
Le taux de positivité qui est, lui aussi, sur une tendance haussière prouve que la forte circulation du virus est à l'origine des hausses. Depuis avril 2021, le taux de positivité est resté sous le seuil de 5%, sauf rares exceptions. Depuis début juillet, il dépasse ce seuil avec un pic de 7,25%.
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Sur cette carte, qui illustre l'évolution de la situation épidémique par région, on voit clairement que depuis Aid Al Fitr, le vert cède du terrain, preuve d'une hausse des cas dans plusieurs régions et d'une dissémination du coronavirus.
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Le taux de reproduction dépasse de nouveau 1
Alors qu'il est resté longtemps sous le seuil de 1, signifiant que la circulation du virus est faible, le taux de reproduction a bondi. Le jeudi 7 juillet 2021, ce taux a quadruplé par rapport au 13 mai 2021 (0,36) à 1,74. Le virus circule fortement. L'existence du variant Delta au Maroc risque de faire progresser plus fortement cet indicateur, si les mesures barrières ne sont pas respectées.
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La réanimation accueille plus de monde quotidiennement
Augmentant moins fortement que les nouveaux cas, mais augmentant tout de même, le nombre de nouveaux cas sévères et critiques et celui des décès sont surveillés de près par les experts.
"Le nombre de cas en réanimation connaît une hausse, celui des décès enregistre une petite hausse. Nous ne pouvons pas juger dans l'immédiat, il faut attendre les semaines prochaines pour avoir la tendance générale sur ces deux indicateurs", nous explique Pr Said Moutaouakil professeur de réanimation, directeur de la clinique Oum Al Banine à Casablanca. "La plupart des personnes en réanimation ont des co-morbidités ou ne sont pas vaccinées", ajoute notre interlocuteur.
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La vaccination, une ceinture de sécurité
C'est pour éviter les complications et réduire la transmission du virus, que les experts multiplient les appels aux citoyens afin de respecter les mesures barrières et de se faire vacciner s'ils remplissent les conditions.
Nos deux experts se rejoignent sur le fait que la vaccination joue un rôle important. Elle freine la dégradation du contexte. C'est une sorte de ceinture de sécurité qui empêche le Maroc de s'enfoncer dans la pandémie.
"Nous avons atteint plus de 30% de vaccination de la population. En conséquence, même avec une hausse des cas, il n'y a pas beaucoup de cas en réanimation et pas beaucoup de décès. Donc pour que la situation ne nous échappe pas, il faut poursuivre cet effort et que les personnes de plus de 40 ans qui n'ont pas fait leur vaccin aillent le faire pour se protéger et protéger leur entourage", déclare Dr Afif.
"Tous les vaccins, dont ceux utilisés au Maroc, sont efficaces contre les variants en circulation", assure Pr Moutaouakil. "Le vaccin réduit aussi la transmission du virus", ajoute-t-il.
Comment donc se fait-il que des personnes vaccinées tombent malades ou se retrouvent hospitalisées ? Une question importante qui investit les réseaux sociaux et ébranle la confiance des citoyens en la vaccination.
"Personne n'a dit que les vaccins étaient efficaces à 100%. Une proportion de personnes risquent de faire la maladie mais dans sa forme atténuée", répond Pr Moutaouakil. "Sinopharm est efficace à hauteur de 73% et Astrazeneca à 76% contre les variants. De ce fait, il y a une forte proportion qui sera protégée, une moins importance proportion risque de contracter le virus et développer une forme bénigne de la maladie et exceptionnellement et rarement une forme sévère", poursuit le professeur.
Sachant que la vaccination avance, mais malheureusement pas au rythme voulu, la part de la population non protégée reste élevée. L'allègement des mesures, l'apparition du variant Delta, l'approche de Aid Al Adha, la baisse de vigilance des citoyens, sont autant de facteurs de risques qui pèsent dans la balance face à une fragile immunisation d'une partie de la population.
"Personne ne souhaite une aggravation de la situation, mais je crois que c'est une hypothèse possible si rien n'est fait pour inverser la tendance", ajoute Pr Moutaouakil qui insiste qu'hormis la vaccination, la seule arme pour contrer la pandémie sont les gestes barrières.
"Si la situation continue de se dégrader, il n'est pas exclu que les autorités sanitaires se dirigent vers des mesures drastiques, que personne ne souhaite, mais qui seront, à ce moment-là, nécessaires pour freiner la pandémie", poursuit notre source.
Se faire vacciner et respecter les mesures barrières ne protège pas seulement contre la Covid-19, ceci protège aussi contre le confinement et ses effets dévastateurs.
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