img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Le CESE plaide pour un système d'indemnisation-chômage

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) recommande la mise à l’étude urgente d’un système d’indemnisation-chômage.

Le CESE plaide pour un système d'indemnisation-chômage
Par
Le 17 juillet 2021 à 16h26 | Modifié 17 juillet 2021 à 19h12

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) préconise à la lumière des dispositions de la loi-cadre sur la protection sociale, "une réforme systémique progressive" de l'indemnité pour perte d'emploi (IPE) et recommande la mise à l’étude urgente d’un système d’indemnisation-chômage.

Dans une étude sur le système de l’IPE réalisée suite à une saisine de la Chambre des Conseillers, le CESE précise que ce système d’indemnisation-chômage devra comprendre un régime assurantiel couplé à un régime d’assistance, arrimés à un dispositif actif d’aide au retour à l’emploi.

Le régime assurantiel comprend deux dispositifs, à savoir un régime d’assurance-chômage pour les travailleurs salariés cotisants qui permettrait de dépasser les limites actuelles de l’IPE à travers la réduction du nombre minimum de jours de cotisation requis, l’augmentation du plafond de l’indemnité (4 à 5 fois le SMIG), l’extension de la durée des prestations de manière proportionnelle à la durée cotisée, le renforcement du financement du dispositif en déplafonnant les cotisations à l’IPE, la simplification des procédures administratives et l’extension des conditions d’éligibilité de manière progressive.

Le deuxième dispositif consiste en un régime d’assurance-chômage pour les travailleurs non-salariés, indique le Conseil, notant que cette proposition qui interviendrait de manière progressive, dans une seconde phase, doit faire l’objet d’un débat élargi de manière à tenir compte des spécificités des différents métiers et implique de définir préalablement ce que constituerait la cessation d’activité pour ces catégories de travailleurs.

Quant au régime assistanciel, il couvrirait les travailleurs ayant perdu leurs emplois et ne remplissant pas les conditions d’éligibilité à l’assurance chômage ou les personnes en fin de droit.

Le Conseil souligne que le dispositif actif d’aide au retour à l’emploi devrait faire partie intégrante de ce nouveau système en garantissant l’accès des bénéficiaires à des dispositifs de formation pour un renforcement des compétences ou une reconversion.

L’objectif, poursuit la même source, est de favoriser leur réinsertion rapide au marché du travail, tout en impliquant, dans ce processus, de manière obligatoire et formalisée, l’ANAPEC et l’OFPPT.

Par ailleurs, le CESE constate que depuis sa mise en place en 2015, un nombre très limité de personnes bénéficie effectivement de l’IPE.

Selon les derniers chiffres disponibles, le nombre de bénéficiaires de cette indemnité a atteint, depuis sa création, 77.826, "soit bien en-deçà de l’objectif visé de 30.000 bénéficiaires par an".

"Cette indemnité qui a été mise en place, en cas de licenciement, pour une durée de six mois, au profit des salariés du secteur privé formel, déclarés auprès de la CNSS s’apparente beaucoup plus à un filet de sécurité sociale qu’à une assurance-chômage. En effet, le montant mensuel de l’indemnité est égal à 70% du salaire de référence (salaire mensuel moyen déclaré des 36 derniers mois) sans excéder le montant du salaire minimum légal (SMIG)", relève le CESE.

L’analyse des caractéristiques du dispositif actuel de l’IPE fait ressortir un ensemble de raisons limitant sa portée, indique le CESE, citant "les conditions d’éligibilité restrictives", avec notamment un rejet de la moitié des dossiers à cause de l’insuffisance du nombre de jours déclarés, "le niveau insuffisant des indemnités versées", avec comme base de calcul le SMIG, et qui ne tiennent compte, ni de la durée des cotisations, ni de la diversité des situations des catégories professionnelles.

"Cette situation interpelle sur l’urgence d’une réorganisation de cette indemnité, qui fait partie des quatre axes visés par la réforme prévue par la loi-cadre sur la protection sociale", souligne la même source.

Cette réorganisation pourrait prendre la forme d’une réforme paramétrique, qui constitue la voie privilégiée depuis 2018 par le gouvernement, soit avant l’adoption de la loi-cadre sur la protection sociale.

L’examen, par le CESE, de cette modalité "laisse conclure qu’elle reste limitée, n’agissant que sur un paramètre (période minimum de cotisation), soit l’option la moins coûteuse financièrement et la moins avantageuse socialement".

Le Conseil a été saisi le 18 janvier 2021 par la Chambre des Conseillers pour la réalisation de cette étude sur le système de l’indemnité pour perte d’emploi qui s’inscrit dans le cadre de l’adoption de la loi-cadre sur la protection sociale.

Cette réforme a été initiée à la suite des directives Royales prononcées à l’occasion de la fête du Trône en juillet 2020.

La présente étude, élaborée sur la base d’une approche participative, vise d’une part à déterminer les raisons restreignant le bénéfice de cette couverture à un nombre de personnes et d’autre part, à formuler des propositions de réorganisation du système en vue d’élargir la base des bénéficiaires, à la lumière des orientations de la loi-cadre sur la protection sociale.

MAP

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 17 juillet 2021 à 16h26

à lire aussi

Échanges extérieurs : hausse des importations des biens d’équipement de 10,2 MMDH à fin mars 2026 par rapport à 2025
ECONOMIE

Article : Échanges extérieurs : hausse des importations des biens d’équipement de 10,2 MMDH à fin mars 2026 par rapport à 2025

À fin mars 2026, les échanges extérieurs du Maroc ont été marqués par une hausse des importations de biens d’équipement de 10,2 milliards de DH par rapport à fin mars 2025, tandis que les exportations du secteur automobile ont progressé de 12,1%. Détails.

IDE : les recettes reculent de 13,1% par rapport à fin mars 2025
ECONOMIE

Article : IDE : les recettes reculent de 13,1% par rapport à fin mars 2025

DATA. À fin mars 2026, les recettes IDE se sont établies à 12,12 MMDH, en baisse de 13,1% par rapport à fin mars 2025.

Mondial 2026 : Youssef Amrani visite les stades où jouera le Maroc
Quoi de neuf

Article : Mondial 2026 : Youssef Amrani visite les stades où jouera le Maroc

L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a effectué une tournée diplomatique en Géorgie et dans le Massachusetts. Entre préparatifs de la Coupe du monde de football 2026 et renforcement des alliances économiques, cette visite marque une nouvelle étape dans la "diplomatie de proximité" entre Rabat et les grandes métropoles américaines.

Sahara marocain : l’Allemagne réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie et la juge “sérieuse et crédible”
DIPLOMATIE

Article : Sahara marocain : l’Allemagne réaffirme son soutien à l’initiative d’autonomie et la juge “sérieuse et crédible”

À l’issue du dialogue stratégique Maroc-Allemagne tenu à Rabat, Berlin a réaffirmé son soutien à l’Initiative marocaine d’autonomie, jugée "sérieuse et crédible" pour le règlement du dossier du Sahara, estimant qu’une "véritable autonomie sous souveraineté marocaine" constitue l’option la plus réaliste, tout en annonçant son engagement à agir en cohérence sur les plans diplomatique et économique.

Hydrogène vert : l'écart entre ambition et exécution des projets en débat à Fès
Energie

Article : Hydrogène vert : l'écart entre ambition et exécution des projets en débat à Fès

À l'Université Euromed de Fès, le cluster marocain de l'hydrogène vert (Green H2) a réuni experts, industriels et académiques autour des enjeux et défis de la filière, avec un focus sur ses deux produits stratégiques que sont le méthanol et l'ammoniac verts.

Recettes voyages : hausse de 23,5% à fin mars 2026
ECONOMIE

Article : Recettes voyages : hausse de 23,5% à fin mars 2026

Les recettes voyages ont atteint 31 MMDH à fin mars 2026, en hausse de 23,5% sur un an, selon les données provisoires de l’Office des changes.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité