Automobile : Le récit d'une success story marocaine
Sous l’impulsion du ministère de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, la 4ème édition des « Rendez-vous de l’industrie » consacrée au secteur de l’automobile a été l’occasion pour dresser un état des lieux du secteur et faire un bilan du Plan d’Accélération Industrielle.
C’est le récit d’une success-story qu’a présenté Moulay Hafid Elalamy. Etant le fruit d’une « vision royale profonde et stratégique », le secteur de l’automobile représente aujourd’hui le premier secteur industriel exportateur du pays pour la 7ème année consécutive, selon les chiffres de l’Office des Changes.
Pour le ministre, le secteur a pu se développer grâce à une « vision en amont, un souffle et une continuité ». « Il faut savoir que le Maroc bénéficie d'une structure particulière de gouvernance. Nous avons une monarchie qui est garante des stratégies long-termistes, et des gouvernements qui réalisent des stratégies plus court-termistes, mais qui ne peuvent aller en contradiction avec les visions royales. ».
Selon les chiffres présentés par MHE, le royaume compte aujourd’hui près de 250 équipementiers qui composent des écosystèmes industriels intégrés. Ces écosystèmes permettent au pays « de créer des emplois qualifiés, d'exporter vers le monde entier, de générer une importante valeur ajoutée et de se positionner sur les marchés de la mobilité». Ainsi, les véhicules et les pièces détachées fabriqués aux Maroc sont exportés vers 75 pays, et depuis 2017, le pays devance l’Afrique du Sud, devenant le premier producteur de voitures en Afrique. Et malgré la crise sanitaire, le Maroc s’est hissé au premier semestre 2021 au rang de deuxième exportateur de voitures à l’Union européenne.
Plan d’Accélération Industrielle : "Objectifs atteints"
Lancé en 2014, le Plan d’Accélération Industrielle (PAI) a permis la structuration du secteur en écosystèmes.
Selon Ali Seddiki, directeur général de l’Industrie au sein du ministère de tutelle, « le secteur automobile compte aujourd’hui une dizaine d’écosystèmes centrés sur les opérateurs qui sont des agrégateurs de métiers et d’entreprises et des écosystèmes métiers, qui sont, eux, centrés sur les savoir-faire et les chaînons qui sont à ramener pour essayer de compléter la chaîne de valeur au maximum ».
Cet environnement a permis la création de plus de 160.000 emplois entre 2014 et 2020, soit plus de 180% l’objectif initial de 90.000 emplois prévus dans le cadre du PAI. Aussi, les exportations ont totalisé un chiffre d’affaires de 80 milliards de DH (MMDH) en 2019 et de 72 MMDH en 2020 malgré le contexte de crise sanitaire. Concernant la valeur ajoutée du secteur, elle s’est établie à 31,7 MMDH. « C’est colossal ! Pour vous donner une idée, c’est une fois et demi la valeur ajoutée d’OCP […]. C’est la somme d’un travail sans relâche qui a fait de notre secteur automobile un fer de lance de l’économie marocaine », a souligné le ministre. Notons que la capacité de production du Maroc est actuellement de 700.000 voitures par an.
Pour Hakim Abdelmoumen, président de l’Association Marocaine pour l'Industrie et le Commerce Automobile (AMICA), le PAI a été décisif pour l’évolution du secteur car il a « permis de restructurer, de réorganiser la filière automobile marocaine en écosystèmes homogènes, en corrélation avec la vision du donneur d'ordre final ». Par conséquent, « le résultat était là parce que les objectifs que nous nous étions assignés pour 2020 en termes d'exportations, d'investissement et de créations d'emplois ont été réalisés de manière anticipée dès 2018. ».
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