Grande émotion après le décès de Noubir Amaoui, grande figure de la gauche syndicale
Affaibli depuis de longues années, celui qui fut secrétaire général de la Confédération Démocratique du Travail (CDT) de 1978 à 2018 s'est éteint ce jeudi dans un établissement de santé de Casablanca.
Mohamed Noubir Amaoui, leader historique de la Confédération Démocratique du Travail (CDT), a tiré sa révérence ce mardi 7 septembre 2021 à l’âge de 85 ans. Le syndicaliste, qui a cédé son fauteuil de secrétaire général de la confédération en 2018, était déjà fortement affaibli par la maladie à cette époque, et n’avait pas assisté au 6ème congrès de la centrale syndicale qui a vu son premier adjoint, Abdelkader Zair, prendre les rênes à sa place.
Né dans le village de Melgou à dix kilomètres de Tlata Loulad dans la province de Settat, celui qui sera surnommé par ses futurs camarades « lion de la Chaouia » a reçu ses premiers cours à l’école coranique, avant de rejoindre l’école « Ittihad » fondée par feu Abderrahmane Youssoufi durant les années 1940. Le jeune Amaoui a par la suite intégré l’université islamique Ben Youssef de Marrakech, avant de se diriger vers l’université Quaraouiyine de Fès.
Âgé à peine de 17 ans, le jeune Noubir Amaoui adhère au parti de l’Istiqlal en 1952, avant d’intégrer l’Union Nationale des Forces Populaires (UNFP), suite à la scission du parti en 1959. Il rejoint également l’Union Marocaine du Travail (UMT) où il attire l’attention d’un certain Mehdi Benbarka qui l’a chargé du comité ouvrier à Rabat en 1961.
Instituteur depuis le début des années 1960, puis inspecteur de l’enseignement primaire, Noubir Amaoui s’est distingué dès ses débuts en tant que syndicaliste par son intransigeance envers les compromis, et a consacré tous ses efforts à la défense des travailleurs. En pleines années de plomb, son combat lui a coûté à plusieurs reprises sa liberté, mais cela ne l’a pas empêché de participer à la création, avec ses anciens camarades de la désormais interdite UNFP, de l’USFP en 1975 ainsi que la CDT en 1978. La centrale syndicale, dont le plus grand fait d’armes restera le fameux appel à la grève de 1981, demeurera sous le leadership de Noubir Amaoui depuis sa création jusqu’en 2018.
En avril 1992, s’ouvrait l’un des derniers grands procès politiques de l’ère Hassan II. Sur le banc des accusés se trouvait Noubir Amaoui, accusé d’ « injures et diffamation » à l’encontre du gouvernement marocain, dirigé alors par Azeddine Laraki. Quelques semaines plus tôt, le syndicaliste avait qualifié les ministres marocains de « Bandits » dans les colonnes du quotidien espagnol El Pais. Le tribunal de première instance de Rabat le condamnât à deux ans de prison ferme, malgré les 1.300 avocats de diverses nationalités qui se sont portés volontaires pour le soutenir. Le syndicaliste est libéré quatorze mois plus tard à l’approche des élections de juin 1993, sur grâce royale.
Après avoir désapprouvé la participation de son parti au gouvernement de l’alternance en 1997, et contesté la gestion de la chose publique de la part de ses camarades à la tête du gouvernement, Noubir Amaoui quitte l’USFP en 2001 lors du 6ème congrès du parti, pour créer en 2003 le Congrès National Ittihadi (CNI). Le CNI fait aujourd’hui partie des composantes de l’AFG, aux côtés du PADS et d’anciens du PSU.
Avec la mort de Noubir Amaoui, une page du syndicalisme marocain, remplie d’événements décisifs dans l'histoire contemporaine du Maroc, est définitivement tournée.
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