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Coronavirus

Covid-19 : un témoignage du Dr Karim Mediouni, réanimateur

Les services de réanimation ont été fortement sollicités durant cette troisième vague. Dr Karim Mediouni, réanimateur-anesthésiste à la clinique Avicenne de Casablanca, partage avec nous son vécu pendant cette période, avant de nous décrire la situation actuelle des unités de soins intensifs et de réanimation au Royaume.

Covid-19 : un témoignage du Dr Karim Mediouni, réanimateur
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Le 16 septembre 2021 à 14h45 | Modifié 16 septembre 2021 à 15h45

"Le réanimateur est le médecin de l’ombre, généralement méconnu des patients. Cette spécialité, qui était auparavant peu accessible, l’est devenue un peu plus avec la Covid", estime Dr Mediouni.

Ces médecins peuvent intervenir à tout moment de l’infection au Sras-Cov-2, ajoute notre interlocuteur. "Ils peuvent intervenir dès le début de la maladie, soit au J+1 de la Covid, jusqu’à la fin, comme en plein milieu de l'infection. Ce qu’on a appris avec ce virus, c’est qu’il est très imprévisible et peut s’aggraver du jour au lendemain. Un patient qui se porte bien aujourd’hui peut se retrouver soudainement en détresse respiratoire et avec une saturation très basse", d’où l'importance de la présence de ces spécialistes au chevet des malades atteints du Covid.

Dans nos hôpitaux, "nous avons souvent des patients qui arrivent au milieu de la maladie, avec un bilan perturbé, une atteinte pulmonaire conséquente, et donc une demande accrue en oxygène. C’est dans ces situations graves qu’apparaît clairement notre rôle", souligne-t-il, soulignant toutefois l’importance de tout le corps médical et paramédical dans cette crise, notamment les infirmiers.

Une troisième vague sans précédent

Dans son récit, et comme beaucoup d’autres médecins mobilisés pour combattre ce virus, Dr Karim Mediouni nous rapporte la difficulté de la gestion de cette pandémie, et en particulier de la troisième vague qu'a connue le Royaume.

"Ce fut une vague sans précédent au Maroc, durant laquelle on a frôlé les 10.000 voire 11.000 cas quotidiens [un pic de plus de 12.000 cas le 5 août, NDLR]. C’était difficile, du fait de l'insuffisance du nombre de lits et du matériel par rapport au nombre de cas. Cette vague a donc été très compliquée à gérer pour nous. On ne rentrait plus chez nous, afin de pouvoir suivre les patients jour et nuit."

"Il faut toutefois relativiser, en comparant cette vague aux vagues précédentes durant lesquelles on sortait, tout juste, du confinement, où les mesures barrières étaient encore respectées et où la population était encore vigilante. Celles-ci avaient duré un mois voire un mois et demi au maximum, contre plus de deux mois pour cette dernière".

"Avec l’aide du ministère de la Santé et du corps médical et paramédical, on a pu la surmonter. Certes, le nombre de cas graves et de décès était très élevé, mais il reste relié au nombre de nouveaux cas qui, lui, était beaucoup plus important. Toutefois, en comparaison avec d’autres pays, le taux de létalité et le nombre de décès restent largement inférieurs au Maroc, notamment grâce au protocole de prise en charge des cas Covid établi par le ministère et à la campagne de vaccination qui avance très bien au Royaume".

"Quand on a un protocole, on est fixé et on ne perd pas de temps à chercher d'autres médicaments. Durant cette vague, on avait un schéma établi, contrairement au début de la pandémie, où l'on ne savait pas trop quoi faire. Si on avait eu ce nombre de cas au début de la pandémie, on n’aurait pas pu s’en sortir de la même manière".

"La vaccination y est également pour beaucoup. Si elle ne protège pas à 100%, elle atténue au moins la gravité de la maladie". "Le fait d’avoir baissé les armes" a donc porté préjudice au Maroc.

Actuellement, malgré le fait que le taux des cas critiques et des décès restent encore élevé, "la situation s’est beaucoup améliorée, comparée aux mois précédents, où on n’avait même plus de places. On devait gérer les patients de manière efficace. Actuellement, on est sur une pente descendante mais cela ne nous empêche pas de rester très vigilants".

Quels profils de patients actuellement dans les soins intensifs et réanimations ?

"Les patients que j’admets actuellement dans mon service sont des malades qui nécessitent une importante quantité d’oxygène, avec un facteur de risque très important et un bilan inflammatoire et hématologique très perturbé."

"Aujourd'hui, on ne peut pas donner un pourcentage précis d’atteinte pulmonaire au niveau des réas et des services de soins intensifs. On ne peut pas non plus décrire un profil type des malades qui y sont accueillis ces dernières semaines", explique-t-il.

"On peut avoir des patients avec une atteinte pulmonaire de 20%, mais avec des facteurs de risque importants et qui peuvent donc être hospitalisés, comme on peut avoir d'autres patients qui réagissent mieux au traitement et se portent relativement bien", poursuit Dr Karim Mediouni.

"La maladie Covid est relative à chaque personne, mais la plupart des cas hospitalisés actuellement sont gravement atteints, sur le plan biologique et clinique et, surtout, avec des facteurs de risque très importants, notamment l'âge et le poids."

Les premiers gestes face aux cas critiques

"On ne doit jamais attendre qu’un cas devienne critique. Il faut contacter un médecin dès les premiers symptômes", c'est la première règle selon notre interlocuteur, qui rejoint les propos que d'autres experts ont récemment formulés auprès de Médias24 dans un précédent article.

"Quand la prise en charge est précoce, le pronostic est meilleur. Quand on a une bonne prise en charge dès le début, l’évolution du patient est souvent bonne."

"Face à une famille en panique, c’est au médecin de prendre les décisions, telles que l’hospitalisation et la manière de se faire traiter."

Dr Karim Medioui insiste cependant sur la nécessité d’éviter l’automédication, qui a aggravé la situation de plusieurs patients. "Chaque malade est différent de l’autre." C'est pour cette raison que le ministère de la Santé a mis en place un protocole qui prend en considération différents facteurs, "sinon la prise en charge Covid aurait été facile, comme si l’on traitait des angines par exemple", conclut-il.

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Le 16 septembre 2021 à 14h45

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