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Elections 2021

Mehdi Bensaïd : “Plus d'un million de Marocains veulent le PAM au gouvernement”

ENTRETIEN. A la veille du Conseil national du PAM qui doit se prononcer sur sa participation au futur gouvernement, Mehdi Bensaïd avance que l’heure de l’alternance a sonné. Selon le nouveau député, le vote massif des Marocains pour son parti compense largement son manque d’expérience gouvernementale, redouté par certains.

Mehdi Bensaïd : “Plus d'un million de Marocains veulent le PAM au gouvernement”
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Le 16 septembre 2021 à 18h53 | Modifié 16 septembre 2021 à 20h25

     Médias24 : Est-ce que l'optimisme prévaut quant à la participation du PAM au futur gouvernement ?

Mehdi Bensaïd : Après avoir chargé le secrétaire général de rencontrer le nouveau chef du gouvernement, nous attendons qu'il revienne vers les membres du Conseil national qui tiendra une session extraordinaire demain [vendredi].

     - Selon des sources, Aziz Akhannouch a affirmé à Abdellatif Ouahbi qu'il souhaitait voir le PAM faire partie de sa majorité gouvernementale.

- Je ne suis pas au courant. J'attends donc, avec mes collègues du bureau politique, que le secrétaire général nous fasse un compte-rendu des discussions qu'il a eues avec le chef du gouvernement.

     - Cela veut dire qu’il ne vous a pas tenu au courant en sortant de sa réunion ?

- Non, pas pour l'instant, mais nous connaîtrons le détail des propositions du chef du gouvernement à partir de demain, et nous pourrons alors donner notre avis sur la question.

     - Êtes-vous favorable à la majorité élargie RNI, PI, PAM, USFP qui semble se préparer ?

- Je ne peux pas répondre, car je n'ai pas ces informations, et vous avez l'air plus informé que moi.

Cela dit, lors de nos discussions au bureau politique avant et après les élections, nous avons toujours déclaré n’avoir aucun conflit idéologique avec le RNI, contrairement au PJD qui était au pouvoir et qui aurait pu gagner les élections.

L'idée de départ était que notre participation à un gouvernement avec le RNI, si le PAM arrivait 2e, 3e ou 4e, devait d’abord reposer sur une cohérence gouvernementale par opposition au gouvernement sortant, caractérisé par l’insuffisance d'optimisation de son travail qui a fait souffrir les citoyens.

En effet, s'il n'y a pas de cohérence entre les partis et les différents départements ministériels, nous n'avons aucun intérêt à intégrer ce gouvernement, car notre but n'est pas d'y être pour y être.

La deuxième condition pour y participer repose sur un programme gouvernemental qui s'appuie sur les programmes électoraux des différents partis qui souhaitent intégrer l’exécutif.

Pour le PAM, la grande priorité est de mettre en place une politique de relance socio-économique basée sur la création de l'emploi, sur la libéralisation des marchés des capitaux et sur différent points que nous considérons essentiels pour avancer. Parce que si nous devons intégrer un gouvernement pour aggraver la crise actuelle, notre participation n'aura aucun sens.

Par contre, nous sommes d'accord sur un programme gouvernemental qui mettra en avant l'emploi, la création de richesses, le déblocage de fonds pour les start-up, les TPE et surtout les PME...

Si nous sommes d'accord sur ces bases, nous sommes disposés à discuter notre participation au gouvernement ; et tout le reste - les conflits de noms ou de postes - n’est pas important ni insurmontable.

     - Oui, mais dans le cadre d’une majorité élargie ou resserrée ?

- D’abord, il faut préciser que je m'exprime uniquement au nom de mon parti, et pas du PI ou de l’USFP.

Partant de là, nous souhaitons un gouvernement a minima avec une cohérence et un programme pragmatique.

     - Comment concilier votre programme avec celui du RNI qui insiste sur la primauté du sien ?

- Ce qui nous rassemble est la volonté générale de réforme, parce que la seule problématique actuelle qui soit vraiment importante est liée à la pandémie qui doit être priorisée.

- Sachant que vous n'avez pas ménagé le RNI pendant la campagne électorale, certains se demandent pourquoi vous seriez désormais disposé à intégrer son gouvernement...

- Quand nous critiquions ce parti, nous étions dans l'opposition et nous avions la même attitude et distance avec tous les autres partis qui constituaient la majorité gouvernementale (PJD-RNI-USFP-MP-UC).

C'était donc de bonne guerre, et encore plus en période de campagne électorale.

Aujourd'hui que les citoyens se sont exprimés dans les urnes, nous attendons le positionnement des uns et des autres et, le moment venu, nous aviserons pour décider si le PAM fera partie de l’opposition ou de la majorité ; mais quoi qu’il arrive, nous ferons notre travail.

     - Que vaut le PAM aujourd'hui ?

- C'est d’abord la deuxième force politique du pays depuis 2016. De plus, la population marocaine lui a clairement renouvelé sa confiance, lors des dernières élections.

Notre légitimité n'est donc plus à prouver, surtout depuis sa reconstruction au congrès de 2020, même s'il reste quelques chantiers locaux et institutionnels à mener pour répondre aux attentes des citoyens.

     - Que peut-il apporter au gouvernement ?

- Sa fraîcheur et son programme qui comporte des solutions aux problématiques actuelles.

De plus, que ce soit en 2011 ou en 2016, nous avons montré que notre priorité n'était pas d'être au gouvernement. Mais que l'on soit au prochain gouvernement ou pas, nous nous battrons pour qu'il y ait une véritable cohérence dans ce nouvel exécutif, car c'est l'intérêt de la population qui prime.

En effet, nous n'avons plus de temps pour nous chamailler et devons tous nous retrousser les manches et mettre la main dans le cambouis, sinon plus personne n’ira voter et la désaffection électorale ira croissante.

     - Que pensez-vous de ceux qui affirment que le PAM n'a aucune expérience gouvernementale et n'apporte, par conséquent, aucune plus-value au futur gouvernement ?

- Plus d’un million de Marocains qui ont voté pour nous pensent le contraire, à savoir que le PAM a beaucoup de choses à apporter au gouvernement.

S'ils pensaient que nous n'avions rien à y faire, nous ne serions ni 2e, ni 3e, ni même 4e, donc la réponse des urnes a été plus que claire.

- Les opérateurs du tourisme redoutent votre manque d'expertise, qui pourrait faire perdre à leur secteur un à deux ans.

- Encore une fois, les citoyens qui ont le dernier mot pensent que l’heure de l'alternance est arrivée.

- Sachant que vous êtes la deuxième force politique du Maroc, combien de maroquins ministériels pensez-vous mériter ?

- C'est une question à laquelle je ne peux répondre, car elle ne concerne que les chefs de partis.

     - Mehdi Bensaïd est-il sur la liste des ministrables ?

- Vous m’en demandez trop, je n'en sais absolument rien.

     - Combien de curriculum vitæ de candidats ministériels a reçu votre secrétaire général ?

- Là encore, c'est à lui qu'il faut poser la question.

     - Un commentaire sur le poste de président du Parlement, que l'on dit promis à Fatima-Zahra Mansouri ?

- N’ayant aucune information à ce sujet, je ne peux donc pas commenter.

- Hormis la présidente du Conseil national d’ores et déjà assurée de diriger la mairie de Marrakech, y a-t-il d'autres conseils communaux ou régionaux qui devraient tomber dans votre escarcelle ?

- Sachant que nous avons réalisé de bons scores partout et qu’aucun parti n'a obtenu de majorité absolue, il nous reste encore à mettre au point des alliances avec les autres partis bien classés.

En fait, nous en saurons plus à partir du jeudi 16 septembre (*), car la date limite de dépôt des candidatures aux régionales et aux communales a été fixée pour ce mercredi 15 septembre à minuit.

Ce n'est donc qu'au moment où nous connaîtrons le nombre de candidatures que nous pourrons être fixés sur le nom des régions ou des mairies que nous pourrons éventuellement garder et gagner.

(*): L'entretien a été réalisé dans la soirée du mercredi 15 septembre

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Le 16 septembre 2021 à 18h53

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