La constitution d'une majorité gouvernementale tripartite annonce une recomposition du paysage politique marocain
ROUND UP. En levant le voile sur sa majorité gouvernementale, Aziz Akhannouch met fin à la séquence des tractations pour la formation de la coalition et annonce le début de celles de l’élaboration du programme gouvernemental et la formation du gouvernement.
La coalition gouvernementale qui va composer le nouveau gouvernement, pour la première fois restreinte à trois partis, réunit tout de même 270 députés à la première chambre.
Cette annonce met fin à la phase des tractations et donne le coup d'envoi à une nouvelle étape, celle de la discussion du programme électoral, de la charte de la majorité et de la répartition des portefeuilles ministériels.
A cet égard, Nizar Baraka a souligné que "les trois chefs de partis ont veillé à adopter une approche différente de ce qui se faisait par le passé, en nouant cette alliance avant d'entamer les discussions pour la répartition des portefeuilles".
On comprend donc qu'à ce stade, le partage des portefeuilles ministériels n’ait pas encore été fait. Cette même information a été confirmée par Mehdi Bensaïd, membre du bureau politique du PAM, au micro de Médias24.
Quid du programme ? Aziz Akhannouch a déclaré que les trois formations vont élaborer un programme gouvernemental commun sur la base des programmes électoraux des trois partis qui, selon lui, partagent les mêmes priorités aux niveaux social et économique.
Les grandes lignes de ce programme commun, qui sera accompagné d’une charte gouvernementale, sont déjà fixées, annonce le secrétaire général du PAM, Abdellatif Ouahbi.
S’il est vrai que les programmes électoraux se rejoignent sur certains aspects, comme le souligne Aziz Akhannouch, il n'en reste pas moins qu'il existe aussi des points de divergence, notamment au niveau des chiffres et des promesses avancées par chaque parti. Dans quelle mesure les trois programmes peuvent-ils converger ? Nous le saurons probablement dans quelques jours.
Le nouveau modèle de développement, qui a été mentionné abondamment par les trois chefs de partis comme une référence, peut effectivement constituer un point de rencontre. Pour autant, le RNI sera toujours attendu sur ses promesses électorales, qui ont été fortement relayées par les appareils de communication de son parti.
Pour le président du RNI, la coalition actuelle reflète la volonté des électeurs qui a donné les trois partis gagnants des élections du 8 septembre, loin devant les autres. D’autant que cette coalition restreinte sera à même, selon lui, de garantir la cohérence et l'efficacité au sein de la majorité gouvernementale.
Nizar Baraka et Abdellatif Ouahbi ont quant à eux insisté, dans leurs discours, sur l’impact positif que peut avoir cette double alliance, au niveau du gouvernement et au niveau des conseils élus, sur la cohérence et l’efficacité de la gestion territoriale.
A quelques kilomètres de là, dans la même ville, l’USFP donnait sa propre conférence de presse, expliquant son positionnement dans l’opposition et dénonçant son exclusion du gouvernement. Aziz Akhannouch a justifié son choix de s’en tenir à une coalition de trois partis, par la nécessité démocratique de "garder un équilibre entre la majorité et l’opposition au parlement".
L’USFP va ainsi rejoindre le PJD, le PPS et le PSU, qui ont tous déjà annoncé leur choix pour l’opposition. Les élus de ces 4 partis à la chambre des représentants totalisent 70 députés.
Pour la première fois depuis 1997, tous les partis de gauche représentés à la première chambre (en l'occurrence l’USFP, le PPS, le PSU et l’AFG) se positionnent dans l’opposition. On peut se demander si cette situation ne va pas les pousser à plus de coordination et, pourquoi pas, à plus d’union.
D'autre part, la position des autres partis (MP, UC, MDS et FFD) n’est pas encore connue pour l’instant. Théoriquement, ils peuvent choisir l’opposition ou bien le soutien au gouvernement, en dehors de la majorité.
La nouvelle séquence ouvre une opportunité de reconstruction de la gauche en général et de l'USFP en particulier. Driss Lachgar a d'ailleurs annoncé qu'il quittera la direction du parti à l'occasion du prochain congrès, annoncé pour fin 2021 au plus tard.
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