Voici le détail du concours de recrutement des académies régionales de l'éducation
Les enseignants sélectionnés dans le cadre du concours de recrutement des académies régionales entament une formation qualifiante. Pour la première fois, le ministère de tutelle dévoile les détails de cette opération de recrutement qui concerne près de 15.000 enseignants.
Dans un rapport diffusé ce lundi 10 janvier, le ministère de l’Éducation nationale présente les détails des principales phases du déroulement du concours, depuis l’annonce de son organisation jusqu’à la publication des résultats définitifs.
Un concours qui a essuyé des critiques et a été fortement attaqué en raison du critère de l'âge fixé à 30 ans. Un critère maintenu et totalement assumé par Chakib Benmoussa.
Le rapport donne un aperçu sur l’organisation de la formation dont bénéficieront les lauréats du concours, au sein des centres régionaux des métiers d’éducation et de formation.
Lancées le 11 décembre 2021, les épreuves du concours de recrutement ont évalué :
- la maîtrise des savoirs et des compétences relatifs aux matières de spécialité ;
- la maîtrise des différentes sciences éducatives permettant au candidat de promouvoir l’acte d’enseignement-apprentissage ;
- la maîtrise des langues d’enseignement ;
- la capacité d’exploitation des technologies éducatives et l’intégration des TIC dans l’enseignement ;
- le respect de la déontologie et l’éthique du métier.
Pour ce faire, le concours de recrutement des enseignants comporte des épreuves d’admissibilité (épreuves écrites) et des épreuves d’admission (épreuves orales).
Une présélection sur la base du mérite académique
Les besoins en enseignants arrêtés pour la rentrée scolaire de septembre 2022 tiennent compte essentiellement de l’extension du système éducatif, des départs à la retraite pour limite d’âge, ainsi que des départs à la retraite anticipés, explique le ministère. 15.000 postes ont ainsi été ouverts dans le cadre de l’opération de recrutement des enseignants pour l'année en cours.
Plusieurs nouveautés ont marqué l’édition 2021 du concours, dont l’augmentation du nombre de postes pour la spécialité « langue amazighe » au primaire, qui est passé de 200 postes en 2021 à 400 postes en 2022 ; ainsi que l’ouverture, pour la première fois, de postes pour deux spécialités de l’enseignement secondaire, « économie et gestion » et « technologie ».
Par ailleurs, avec la sortie de la première promotion de lauréats de la licence d’éducation, créée en 2018 pour répondre aux besoins du département de l’Éducation nationale, cette édition a permis d’affiner les conditions de candidature au concours. Ainsi, un système transparent de présélection sur la base du mérite académique a été introduit.
Le ministère note également le rallongement de la durée de cette session par rapport aux sessions précédentes. La durée du concours s’est étalée sur tout le mois de décembre contre quelques semaines auparavant ; ce qui a permis une meilleure maîtrise des différentes opérations de candidature, de présélection, ainsi que l’organisation des épreuves écrites et orales et des délibérations dans de bonnes conditions.
À l'issue des candidatures ouvertes du 20 novembre au 4 décembre 2021, un total de 116.747 candidatures ont été validées par les AREF et les directions provinciales. La moyenne d’âge de l’ensemble des candidates est de 24,5 ans tandis que celle de l’ensemble des candidats est de 25,3 ans. La moyenne d’âge est donc de 24,4 ans.
La présélection s’est effectuée selon les trois critères suivants :
- la mention au baccalauréat
- la mention obtenue en licence
- l’âge au moment de l’obtention de la licence
L’adoption de ces critères est justifiée par "la présélection de candidats ayant eu des cursus couronnés de réussite et imprégnés de régularité". Dans ce cadre, chaque candidat s’est vu attribuer une note de présélection égale à la somme des points obtenus dans les trois catégories.
Par ailleurs, les candidats titulaires d’une licence d’éducation et ceux titulaires d’une licence des filières universitaires d’éducation, ou d’un diplôme équivalent, ont été ont été exempté de la phase de présélection, et ont donc été soumis directement au concours écrit. Cette disposition contribue à encourager les parcours de formation longs d'une durée de cinq ans, renforçant la professionnalisation du métier.
En termes de profils des candidats présélectionnés :
- 66,8% des candidats ont une mention au baccalauréat ;
- 52,4% des candidats ont une mention en licence ;
- 31,8% des candidats ont une mention au baccalauréat et en licence ;
- 87,4% des candidats ont une mention au baccalauréat ou en licence.
86.658 candidats aux épreuves écrites
Cette année, la présélection a permis de soumettre 86.658 candidats aux épreuves écrites, contre 186.000 l’année passée. En termes de qualité des candidatures :
- 39,6% des candidats ont une mention au baccalauréat ;
- 31,0% des candidats ont une mention en licence ;
- 17,7% des candidats ont une mention au baccalauréat et en licence ;
- 52,9% des candidats ont une mention au baccalauréat ou en licence.
La session de décembre 2021 du concours de recrutement des enseignants a connu une révision importante de l’architecture des épreuves écrites du concours. L’objectif étant de sélectionner parmi les candidats ceux disposant des connaissances et compétences nécessaires pour suivre la formation qualifiante dans les CRMEF, telles qu’elles sont précisées par le profil d’entrée.
23.106 candidats convoqués aux épreuves orales
Sur les 80.189 candidats présents aux épreuves écrites, 23.106 ont été déclarés admissibles et convoqués pour passer les épreuves orales, soit un taux d’admissibilité de 28,8%. La moyenne d’âge des candidats admissibles s’établit à 24,5 ans. Parmi eux figurent 13.472 candidates (58,3%, moyenne d’âge 24,1 ans) et 9.634 candidats (41,7%, moyenne d’âge 25,0 ans).
En termes de profils des candidats admissibles :
- 58,7% des candidats ont une mention au baccalauréat ;
- 46,7% des candidats ont une mention en licence ;
- 32,4% des candidats ont une mention au au baccalauréat et en licence ;
- 73,0% des candidats ont une mention au au baccalauréat ou en licence.
Cette épreuve, fondée sur la lettre de motivation de chaque candidat, visait à évaluer :
- les qualités personnelles ;
- la maîtrise de la matière ou des matières enseignées ;
- les compétences communicationnelles ;
- les prédispositions professionnelles.
14.978 candidats admis
À l’issue des épreuves orales et pratiques et après délibération, 14.978 candidats ont été déclarés admis définitivement, le 3 janvier 2022, parmi les 23.106 candidats déclarés admissibles et convoqués pour passer les épreuves orales, avec une moyenne d’âge de 24,4 ans. La moyenne d’âge des enseignants admis est ainsi passée de 28,3 ans, durant la session de 2020, à 24,8 ans durant la session 2021.
En termes de profils des candidats admis définitivement :
- 64,2% des candidats ont une mention au baccalauréat contre 43% l’année passé,e soit un bond de 20 points ;
- 50,2% des candidats ont une mention en licence ;
- 36,9% des candidats ont une mention au baccalauréat et en licence ;
- 77,5% des candidats ont une mention au baccalauréat ou en licence.
Deux ans de formation
Les lauréats du concours déclarés admis à l’issue des épreuves orales et pratiques bénéficient d’une formation qualifiante dans l’un des CRMEF, étalée sur deux années de formation. Pendant cette phase d’induction dans le métier d’enseignants, la formation est centrée sur le développement des compétences professionnelles des futurs enseignants et le renforcement de leurs compétences comportementales.
Les candidats qui ont validé la formation de première année sont affectés dans leur établissement d’exercice pour effectuer un stage à temps plein en situation de responsabilité de classe. Ils bénéficient d’un encadrement administratif de la part du chef d’établissement, d’un encadrement pédagogique par un inspecteur pédagogique, ainsi que d’un accompagnement par un accompagnateur ou un enseignant expérimenté désigné par le chef d’établissement. Ils suivent également à distance des modules de formation concernant (l’orientation scolaire, l’éducation inclusive et l’enseignement à distance).
La deuxième année de formation est ponctuée de rencontres au niveau du CRMEF le plus proche. Ces rencontres, d’une durée globale de 60 heures, sont réservées à l’analyse approfondie de pratiques professionnelle et aux compléments de formation selon le modèle de « classe inversée ». La pratique de terrain est aussi l’occasion de réaliser et de soutenir en CRMEF un travail de recherche action. La deuxième année de formation est sanctionnée par un examen d’aptitude pédagogique, permettant à ces lauréats d’évoluer de la situation de stagiaire à celle de cadre statutaire de l’AREF titulaire.
Perspectives pour la prochaine session du concours
En plus d’avoir permis de sélectionner les meilleurs profils de futurs enseignants, la maîtrise des différentes étapes de l’édition 2021 du concours de recrutement des enseignants a permis de tirer un certain nombre d’enseignements qui seront exploités dans la prochaine session du concours, notamment pour :
- avancer la date d’organisation du concours ;
- augmenter la durée de la formation en première année ;
- arrêter et publier les programmes détaillés des différentes épreuves du concours ;
- adopter un Test métier d’enseignant (TME) lors des épreuves orales (voir annexe 4) ;
- élargir la base de recrutement à partir des licences d’éducation.
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