img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
Coronavirus

Covid. Voici pourquoi le pic d’Omicron n'a pas dépassé celui de Delta

Le pic des contaminations de la vague Omicron n’a pas dépassé celui de la vague Delta. Les explications du Dr Mouad Merabet, épidémiologiste et médecin coordinateur du Centre national d’opérations d’urgence de santé publique.

Covid. Voici pourquoi le pic d’Omicron n'a pas dépassé celui de Delta
Par
Le 28 janvier 2022 à 13h07 | Modifié 28 janvier 2022 à 19h42

Avec Omicron, plus contagieux, provoquant des vagues plus importantes que les précédents variants, l’on s’attendait à une vague plus rapide et plus importante que celle du variant Delta. La vague Omicron a effectivement été rapide, mais son pic n’a finalement pas dépassé celui de la vague précédente.

Le pic de la vague Omicron "est a priori dépassé". Il a été atteint durant la troisième semaine du mois de janvier. Plus précisément le 20 janvier 2022, date à laquelle 9.061 cas ont été enregistrés en 24 heures.

Ce pic reste toutefois moins élevé que celui atteint au Maroc, le 5 août 2021, par la vague Delta, date à laquelle 12.039 nouveaux cas avaient été enregistrés.

D’après le Dr Mouad Merabet, joint par Médias24, quatre principaux facteurs peuvent expliquer cela.

Un décalage entre les régions

La première (et principale) raison est relative au "décalage entre les régions", explique le Dr Mouad Merabet. Certes, ce décalage existait déjà auparavant, mais il est devenu beaucoup plus important sous la vague Omicron. "Si on calcule la somme des pics atteints dans les différentes régions, on dépassera de loin le pic enregistré avec la vague Delta."

Avec la vague actuelle, "les pics d’infection sont atteints à différentes dates dans chaque région. Le pic d’infection a atteint jusqu’à trois semaines de décalage entre les différentes provinces et régions".

"Si on fait une sorte de pic ajusté, c’est-à-dire si l’on considère que théoriquement toutes les régions ont atteint leur pic à un même temps virtuel, on aura des chiffres plus importants que la vague précédente", dépassant les 12.039 cas.

"Lorsque l’on a des pics rapprochés, les chiffres quotidiens d’infection sont beaucoup plus élevés", précise le Dr Mouad Merabet.

Testing inférieur à la vague Delta et bénignité de la maladie

Le deuxième facteur pouvant expliquer cette différence entre les pics Delta et Omicron réside dans "la bénignité de la maladie", souligne le Dr Mouad Merabet.

"Ce facteur fait que le testing est inférieur par rapport à la vague Delta. Une grande partie de la population contaminée a eu des symptômes très bénins ; d’autres étaient même asymptomatiques. Les gens songeaient plutôt à une grippe ; le nombre de tests réalisés a donc été faible" par rapport à celui effectué lors de la vague Delta.

Le troisième facteur est également en relation avec le testing. "Le taux d’attaque important parmi les professionnels de santé, autant dans le secteur public que privé, explique la faiblesse du nombre de tests réalisés. Étant malades, la pratique des tests par les professionnels était faible" par rapport à la vague précédente.

Enfin, le quatrième facteur est relatif à "la coïncidence avec la saison froide. D’autres virus circulent actuellement. Par conséquent, les gens pensent en dernier lieu à une infection par Omicron. Ils privilégient en premier la piste d’une grippe" ou d’autres maladies.

Tous ces facteurs ont donc concouru à ce que le pic des chiffres officiels de la vague actuelle ne dépasse pas celui atteint avec le variant Delta.

Cinq régions en plein pic actuellement

Concernant la situation épidémiologique des différentes régions, le Dr Mouad Merabet explique que cinq régions sont en plein pic actuellement : Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès, certaines provinces et préfectures de Rabat-Salé-Kénitra, l’Oriental et Dakhla-Oued Eddahab.

En effet, le nombre de cas quotidiens est en hausse dans ces régions, avec respectivement 705 ; 934 ; 988 ; 334 et 116 cas enregistrés jeudi 27 janvier.

"Les régions de l’Oriental et de Dakhla-Oued Eddahab étaient en décalage avec Casablanca-Settat. Les contaminations ont d’abord démarré à Casablanca, suivie par Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi, puis Souss-Massa et ainsi de suite", conclut notre source.

En effet, Casablanca-Settat est passée cette semaine du niveau très élevé de contamination au niveau élevé. La phase descendante a donc déjà commencé dans la région.

Place aux cas graves et aux décès

Comment se présente la situation sanitaire dans les prochaines semaines ? On aura "plus de cas grave et de décès", nous explique l'épidémiologiste.

En effet, durant la semaine passée, la covidose grave a augmenté de 36,2% et les décès ont été multipliés par 2,4. Le 27 janvier, 22 nouveaux décès ont été enregistrés, avec un taux de létalité de 1,4%. Par ailleurs, 116 nouveaux cas sévères ou critiques ont été admis au cours des dernières 24 heures. Au total, 30 sont sous intubation et 199 sous ventilation non invasive.

Et d’ajouter : "Avec le Covid, il y a toujours trois pics : un premier de contamination, suivi après un intervalle de temps d’une semaine d’un pic de cas graves, puis, dans la même période ou une semaine après, d’un pic de décès."

"Dans une population contaminée, il y aura sûrement une proportion dont l’état de santé se compliquera. Ces complications ne surviennent pas instantanément, mais après une période d’environ une semaine. Pour les décès aussi, il n’y a pas de mort subite avec le Covid. Celle-ci intervient après les complications dues à la maladie."

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 28 janvier 2022 à 13h07

à lire aussi

Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca
BUSINESS

Article : Pratt & Whitney Canada inaugure son usine de moteurs d'avions à Casablanca

Pratt & Whitney Canada a officiellement inauguré, ce mardi 21 avril 2026, sa nouvelle installation au cœur de la zone Midparc à Nouaceur. Détails.

Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère
Mines

Article : Cuivre. Prix records, projets en cascade… nourrie par les tensions géopolitiques, la ruée vers le Maroc s’accélère

Porté par un cuivre désormais autour de 13.100 dollars la tonne sur le LME et plus de 6 dollars la livre sur le COMEX, le secteur minier marocain entre dans une phase d’accélération. Entre la montée en puissance de Tizert, les ambitions de Managem (jusqu’à 182.000 tonnes en 2026) et l’arrivée de nouveaux acteurs internationaux tel KGHM, le Royaume se positionne comme un relais stratégique dans un marché mondial sous tension, où transition énergétique et dépenses de défense redessinent la hiérarchie des producteurs. Décryptage.

Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage
Quoi de neuf

Article : Au SIAM 2026, OCP met en avant sa vision intégrée de l'agriculture et de l'élevage

Le groupe OCP met en avant, à l'occasion du 18e Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM) qui se tient du 20 au 28 avril à Meknès, sa vision intégrée des systèmes agricoles, illustrant le rôle central du phosphore dans l'articulation entre fertilité des sols, production végétale et alimentation animale.

Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes
DIPLOMATIE

Article : Ligue arabe : Rabat insiste sur une réponse commune aux actions iraniennes

Réuni en visioconférence le 21 avril 2026 à l’initiative de Bahreïn, le Conseil ministériel a examiné les répercussions des tensions régionales. De son côté, le Maroc a réaffirmé son soutien aux États concernés et au respect du droit international.

En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises
Quoi de neuf

Article : En visite à Stockholm, Hammouchi formalise un partenariat sécuritaire inédit avec les autorités suédoises

Paraphé lors d’entretiens avec le ministre de la Justice Gunnar Strömmer et les responsables policiers du pays nordique, le dispositif inclut des canaux rapides de coopération opérationnelle et d’assistance technique.

Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD
POLITIQUE

Article : Législatives 2026. Samir Chaouki : pourquoi j'ai choisi le PJD

C’est l’une des investitures les plus commentées de ce premier round PJDiste. En propulsant Samir Chaouki, journaliste de renom et président du think tank OMEGA, dans la circonscription de Hay Hassani, le PJD envoie probablement, comme il l'avait fait par le passé, un signal d'ouverture. Entre rupture avec les méthodes classiques et volonté de transparence, le candidat se confie à Médias24 sur ce nouveau défi.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité