Covid. Voici pourquoi le pic d’Omicron n'a pas dépassé celui de Delta
Le pic des contaminations de la vague Omicron n’a pas dépassé celui de la vague Delta. Les explications du Dr Mouad Merabet, épidémiologiste et médecin coordinateur du Centre national d’opérations d’urgence de santé publique.
Avec Omicron, plus contagieux, provoquant des vagues plus importantes que les précédents variants, l’on s’attendait à une vague plus rapide et plus importante que celle du variant Delta. La vague Omicron a effectivement été rapide, mais son pic n’a finalement pas dépassé celui de la vague précédente.
Le pic de la vague Omicron "est a priori dépassé". Il a été atteint durant la troisième semaine du mois de janvier. Plus précisément le 20 janvier 2022, date à laquelle 9.061 cas ont été enregistrés en 24 heures.
Ce pic reste toutefois moins élevé que celui atteint au Maroc, le 5 août 2021, par la vague Delta, date à laquelle 12.039 nouveaux cas avaient été enregistrés.
D’après le Dr Mouad Merabet, joint par Médias24, quatre principaux facteurs peuvent expliquer cela.
Un décalage entre les régions
La première (et principale) raison est relative au "décalage entre les régions", explique le Dr Mouad Merabet. Certes, ce décalage existait déjà auparavant, mais il est devenu beaucoup plus important sous la vague Omicron. "Si on calcule la somme des pics atteints dans les différentes régions, on dépassera de loin le pic enregistré avec la vague Delta."
Avec la vague actuelle, "les pics d’infection sont atteints à différentes dates dans chaque région. Le pic d’infection a atteint jusqu’à trois semaines de décalage entre les différentes provinces et régions".
"Si on fait une sorte de pic ajusté, c’est-à-dire si l’on considère que théoriquement toutes les régions ont atteint leur pic à un même temps virtuel, on aura des chiffres plus importants que la vague précédente", dépassant les 12.039 cas.
"Lorsque l’on a des pics rapprochés, les chiffres quotidiens d’infection sont beaucoup plus élevés", précise le Dr Mouad Merabet.
Testing inférieur à la vague Delta et bénignité de la maladie
Le deuxième facteur pouvant expliquer cette différence entre les pics Delta et Omicron réside dans "la bénignité de la maladie", souligne le Dr Mouad Merabet.
"Ce facteur fait que le testing est inférieur par rapport à la vague Delta. Une grande partie de la population contaminée a eu des symptômes très bénins ; d’autres étaient même asymptomatiques. Les gens songeaient plutôt à une grippe ; le nombre de tests réalisés a donc été faible" par rapport à celui effectué lors de la vague Delta.
Le troisième facteur est également en relation avec le testing. "Le taux d’attaque important parmi les professionnels de santé, autant dans le secteur public que privé, explique la faiblesse du nombre de tests réalisés. Étant malades, la pratique des tests par les professionnels était faible" par rapport à la vague précédente.
Enfin, le quatrième facteur est relatif à "la coïncidence avec la saison froide. D’autres virus circulent actuellement. Par conséquent, les gens pensent en dernier lieu à une infection par Omicron. Ils privilégient en premier la piste d’une grippe" ou d’autres maladies.
Tous ces facteurs ont donc concouru à ce que le pic des chiffres officiels de la vague actuelle ne dépasse pas celui atteint avec le variant Delta.
Cinq régions en plein pic actuellement
Concernant la situation épidémiologique des différentes régions, le Dr Mouad Merabet explique que cinq régions sont en plein pic actuellement : Tanger-Tétouan-Al Hoceima, Fès-Meknès, certaines provinces et préfectures de Rabat-Salé-Kénitra, l’Oriental et Dakhla-Oued Eddahab.
En effet, le nombre de cas quotidiens est en hausse dans ces régions, avec respectivement 705 ; 934 ; 988 ; 334 et 116 cas enregistrés jeudi 27 janvier.
"Les régions de l’Oriental et de Dakhla-Oued Eddahab étaient en décalage avec Casablanca-Settat. Les contaminations ont d’abord démarré à Casablanca, suivie par Rabat-Salé-Kénitra, Marrakech-Safi, puis Souss-Massa et ainsi de suite", conclut notre source.
En effet, Casablanca-Settat est passée cette semaine du niveau très élevé de contamination au niveau élevé. La phase descendante a donc déjà commencé dans la région.
Place aux cas graves et aux décès
Comment se présente la situation sanitaire dans les prochaines semaines ? On aura "plus de cas grave et de décès", nous explique l'épidémiologiste.
En effet, durant la semaine passée, la covidose grave a augmenté de 36,2% et les décès ont été multipliés par 2,4. Le 27 janvier, 22 nouveaux décès ont été enregistrés, avec un taux de létalité de 1,4%. Par ailleurs, 116 nouveaux cas sévères ou critiques ont été admis au cours des dernières 24 heures. Au total, 30 sont sous intubation et 199 sous ventilation non invasive.
Et d’ajouter : "Avec le Covid, il y a toujours trois pics : un premier de contamination, suivi après un intervalle de temps d’une semaine d’un pic de cas graves, puis, dans la même période ou une semaine après, d’un pic de décès."
"Dans une population contaminée, il y aura sûrement une proportion dont l’état de santé se compliquera. Ces complications ne surviennent pas instantanément, mais après une période d’environ une semaine. Pour les décès aussi, il n’y a pas de mort subite avec le Covid. Celle-ci intervient après les complications dues à la maladie."
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