Commercialisation des produits agricoles : les six recommandations du CESE
Le Centre économique social et environnemental a présenté les divers dysfonctionnements auxquels fait face la commercialisation des produits agricoles au Maroc, et a élaboré une série de recommandations pour y remédier.
Le Centre économique social et environnemental (CESE) a organisé, ce jeudi 10 février, un atelier de restitution de l’avis intitulé « Pour une approche novatrice intégrée de la commercialisation des produits agricoles ».
En guise d’introduction, Ahmed Reda Chami, président du CESE a déclaré que "la commercialisation est considérée comme l’une des plus importantes étapes de la chaîne de production agricole. Elle revêt une grande importance compte tenu de l'ampleur de ses effets sur toutes les parties prenantes, et de son rôle dans l’amélioration des revenus des agriculteurs".
D'après lui, la commercialisation des produits agricoles fait face à deux grands défis, à savoir la réponse à la quantité et la qualité des besoins des consommateurs de manière continue dans le temps, et la génération de profits équitables pour tous les intervenants, tous en long de la filière agricole.
Le président du CESE a indiqué que le circuit de commercialisation connaissait un ensemble de fragilités et de dysfonctionnements organisationnels et fonctionnels. Il a cité en exemple :
- Une faible coordination entre les parties prenantes au niveau national et territorial, vu l’absence d’un cadre global et intégré du processus de commercialisation.
- Une intermédiation excessive et peu contrôlée, notamment au niveau de l’offre orientée vers les marchés de gros qui favorisent la spéculation et la multiplication des intervenants ; ce qui pénalise le producteur, impacte la qualité du produit en rallongeant les circuits de distribution et le prix final, destiné au consommateur.
- La faible capacité des petits et moyens agriculteurs à s’organiser pour écouler de la bonne manière leur produits.
- La digitalisation peu présente dans les processus de commercialisation et de valorisation des produits agricoles, ne favorisant pas l’accès des agriculteurs aux différents marchés et débouchés.
- L’accès de plus en plus difficile au marché extérieur, en raison des exigences des pays importateurs.
- Le gaspillage des produits agricoles tout au long du circuit de commercialisation, en l’absence d’un dispositif encadré et intégré dans les programmes et plans de développement.
Les recommandations du CESE pour améliorer la commercialisation des produits agricoles
Le CESE a élaboré plusieurs recommandations pour faire face à ces dysfonctionnements, en vue d'optimiser et d'améliorer la commercialisation des produits agricoles. Ahmed Reda Chami a évoqué les principaux axes de développement :
- Procéder d’urgence à la réforme des espaces de commercialisation, afin d’éviter les spéculation et la multiplication des intermédiaires, notamment en accélérant la reforme des marchés de gros, et en mettant en place un cadre réglementaire pour réguler les métiers d’intermédiaires.
- Accélérer la digitalisation de la commercialisation, en mettant en place une infrastructure numérique appropriée, et en accompagnant l’équipement des petits et moyens agriculteurs, à travers la mise en place d'outils numériques simples permettant de faciliter la commercialisation de leurs produits.
- Développer des circuits courts de commercialisation à caractère coopératif, et encourager les commerces de proximité. Pour ce faire, il faut revoir les modèles et organisation des coopératives et GIE, en améliorant les conditions de mise sur le marché des produits et les revenus des agriculteurs.
- Améliorer le processus de commercialisation des filières céréalière, viandes, fruits et légumes tout en orientant certaines productions vers la transformation (fruits et légumes).
- Renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes au niveau national et territorial, et ce, pour une meilleure intégration du segment de la commercialisation dans la chaîne de valeur agricole.
- Enfin, mettre en place des mesures législatives, réglementaires et techniques, et un plan de communication pour lutter contre les pertes et le gaspillage des produits agricoles au niveau de la distribution, du stockage et de la commercialisation.
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