L’amandier tient bon face à la sécheresse
La filière de l'amandier s’érige en levier de développement des zones montagneuses, grâce à sa capacité de résilience face à la sécheresse qui frappe le pays au cours de cette saison agricole.
Visiblement la filière de l’amandier fait exception en cette période jugée difficile pour la campagne agricole. «Partout, la floraison est bonne », se félicite Rachid Benali, premier vice-président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader). Ce qui laisse augurer une bonne récolte.
Le seul bémol a trait l’effondrement des colonies des abeilles dans certaines régions. La pollinisation des arbres se fait à la faveur des abeilles. A cet effet, les exploitants installent les ruches entre les rangées d'arbres. Mais il existe également des variétés à vocation pollinisatrice.
En terme de profil variétal, l’amandier est dominé par les variétés locales appelées 'Beldi'. On distingue, par ordre de priorité de floraison précoce, la variété Marcona, et Fournat de Breznaud en tant que pollinisateur. Ces variétés fleurissent début février.
Pour la floraison tardive qui se situe fin février et début mars, le groupe de variétés dominant est composé de Ferragnes et Ferraduel. Celles-ci ont l’avantage d’éviter le risque de gelée printanière. Le verger amandier compte également d’autres variétés recommandées par l’INRA pour les projets en cours de réalisation.
La région Fès-Meknès se distingue
Deuxième espèce arboricole après l’olivier, l’amandier fait preuve en effet d’une résilience remarquable à la sécheresse et s’adapte parfaitement au froid hivernal. «D’où son utilisation à grande échelle, en association avec l’olivier, dans les programmes de plantation des régions au relief accidenté (Project de développement du Rif occidental, projets intégrés et opération de défense et restauration des sols)», rappelle un chercheur de l’INRA.
Avec le Plan Maroc vert, la dynamique s’est intensifiée à travers le programme de reconversion des cultures vivrières en arboriculture fruitière. En particulier en zones de montagne, dans le Rif et le piémont du Haut Atlas, ainsi que dans les zones du Sud au climat aride ou semi-aride.
Au niveau national, la superficie globale d’amandiers avoisine les 190.000 ha, assurant une production qui dépasse les 120.000 tonnes (chiffres de la campagne 2019-2020). Ce qui place le Maroc au 4e rang mondial des producteurs, après les Etats-Unis, l’Espagne et l’Iran, d'après la FAO.
Les vergers traditionnels sont localisés pour l’essentiel dans les zones de montagne, alors que les plantations modernes se situent dans les provinces de Fès, Meknès, Beni Mellal, Azilal, Marrakech, Safi et Essaouira. A elle seule, la zone de Fès-Meknès, totalise le tiers de la production nationale, bien que la superficie ne représente que 6% du total des plantations d’amandier.
Et la province de Taza y figure en bonne place. En adoptant l’approche associant l’extension des plantations, la valorisation de la production et l’organisation professionnelle pour la promotion de la filière des amandes, la zone se distingue, aujourd’hui, par la percée de la filière des amandes. Selon les données de la Direction régionale de l’agriculture de Taza, le chiffre d’affaires annuel généré par la filière de l’amandier est d’environ 650 millions de DH. Au total, la superficie productive atteint 26.000 ha, pour une production annuelle estimée à 52.000 tonnes d’amandes avec coque, soit 10.400 tonnes d’amandes décortiquées.
En ce qui concerne la valorisation, il est à noter la mise en service d’une unité de traitement des amandes à Ras El Ma. D’un coût de 5,5 millions de DH, l’unité dispose d’une capacité de traitement de 500 kg/heure. Elle devrait bénéficier à près de 1.700 petits exploitants.
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