Retour progressif des activités économiques à la normale (DEPF)
Partout dans le monde, la reprise de l'activité connaît un rebond menacé par la persistance de perturbations dans la chaîne d'approvisionnement. Au Maroc, la Direction des études et prévisions financières du ministère des Finances, constate un retour progressif de l'activité économique à la normale.
"A l’international, pour l’ensemble de l’année 2021, l’activité économique mondiale a connu un rebond. Toutefois, les perspectives de croissance sont entourées de risques baissiers, liés notamment à la persistance de goulots d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement, aux pressions inflationnistes et aux tensions géopolitiques en Europe de l’Est." C'est ainsi que la Direction des études et prévisions financières (DEPF) décrit la conjoncture internationale, en ce début de 2022, dans sa dernière note.
Une conjoncture internationale qui n'est pas sans incidence sur l'économie nationale, ayant subi, en plus des facteurs exogènes, une sécheresse qui menace la croissance pour l'année en cours.
Evolution positive des activités non agricoles
En effet, la DEPF rappelle que "l’année 2022 s’annonce difficile pour le secteur agricole", après une campagne 2020-2021 qui a été exceptionnelle, générant une hausse significative de la valeur ajoutée agricole (+17,7% au cours du T3 2021). Face au contexte difficile dans lequel s'inscrit l'actuelle campagne agricole, la DEPF note toutefois "le programme de soutien aux agriculteurs et aux éleveurs affectés, afin d’atténuer les effets des faibles précipitations et alléger leur impact sur l’activité agricole".
Concernant les activités non agricoles, "la croissance de la valeur ajoutée du secteur secondaire (+6,9% au cours du T3 2021), soutenue par les mesures de relance, a été remarquable : en atteste l’évolution vigoureuse de plusieurs secteurs qui ont pu rattraper leur niveau d’avant-crise. C'est l'exemple du secteur du BTP qui poursuit son évolution favorable au cours du premier mois de 2022. En effet, les ventes de ciment, indicateur phare de l’activité de ce secteur, ont enregistré une hausse de 8,8% à fin janvier 2022, après un accroissement de 14,8% à fin 2021. Le secteur de l’énergie électrique et celui des industries manufacturières (TUC : +7,5 points à 72,3% à fin 2021) ont également enregistré une croissance soutenue, parallèlement au maintien de l’évolution positive du secteur extractif", avancent les économistes de la DEPF.
La note de la DEPF relève également une bonne performance des indicateurs de certains segments dans le secteur tertiaire. C'est le cas des télécommunications (parc mobile : +8,2% ; internet : +17,8% à fin septembre). Une évolution positive des indicateurs des secteurs du tourisme (nuitées : +31,8% à fin 2021) et du transport (passagers aériens : +38,9% ; ferroviaires : +64% ; trafic portuaire global : +11,6% à fin 2021) a été remarquée en 2021, bien que ces indicateurs n’aient pas encore atteint leur niveau d’avant-crise dans plusieurs segments.
Une orientation favorable des revenus des ménages tire la demande intérieure
S’agissant de la demande intérieure, la consommation poursuit sa progression à fin 2021, en raison de l’orientation favorable des revenus des ménages. La DEPF explique que "les principaux baromètres de la demande intérieure attestent d’un regain de vigueur de la consommation des ménages en 2021. Ceux-ci auraient bénéficié, notamment, des bons résultats de la campagne agricole, de la bonne dynamique des transferts des MRE (+36,8% à fin 2021), de la reprise des créations d’emplois (+197.000 emplois rémunérés en 2021) et du raffermissement des crédits à la consommation (+2,7% à fin 2021)".
Ces performances ont été enregistrées dans un contexte d’inflation qui reste cependant modérée (+1,4% à fin 2021 et stagnation en janvier 2022 en glissement mensuel), avancent les experts de la DEPF.
La Direction souligne que "la progression des prix de certains biens de consommation, de nature exogène, fait suite principalement aux perturbations de la chaîne d’approvisionnement, à la hausse des prix des denrées de base et à celle des produits énergétiques sur le marché international. Dans ce cadre, différentes mesures ont été mises en place par le gouvernement pour en limiter l’impact au niveau national".
La DEPF signale que l’indice des prix à la consommation (IPC) a connu, au cours du mois de janvier 2022, une stagnation par rapport au mois précédent, en rapport avec l’augmentation de l’IPC non alimentaire de 0,1%, atténué par le recul de l’IPC alimentaire de 0,1%.
L’évolution à la baisse de l’IPC alimentaire a résulté du repli des prix des légumes de 4,4%, des viandes de 0,6% et des fruits de 0,5%, atténué par l’accroissement des prix du pain et céréales de 1,9%, des huiles et graisses de 0,8% et des eaux minérales, boissons rafraîchissantes, jus de fruits et de légumes de 0,3%.
Concernant les produits non alimentaires, la hausse a concerné principalement les prix des tabacs (+3,5%) et des carburants (+1,1%).
En glissement annuel, l’indice des prix à la consommation a enregistré une hausse de 3,1% au cours du mois de janvier 2022, conséquence de la hausse de l’indice des produits alimentaires de 4,3%, et de celui des produits non alimentaires de 2,3% ; la plus importante hausse ayant concerné les prix du transport (+5,9%).

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