Carburant : les transporteurs espèrent des mesures de soutien dans les prochains jours
Aucune proposition ou mesure n’est ressortie de la réunion entre le ministre du Transport et de la logistique et les syndicats tenue, ce mardi 1er mars, au sujet de l'impact de la hausse des prix des hydrocarbures sur le secteur du transport. Certains syndicats prévoient une grève le 7 mars prochain. D'autres privilégient la voie du dialogue. Le point.
Le ministre du Transport et de la logistique, Mohamed Abdeljalil, a recueilli les revendications des cinq syndicats du transport routier de marchandises qui appellent à la grève du 7 mars, lors d’une réunion qui s’est tenue mardi 1er mars dans la soirée.
Aucune solution précise n’a été proposée lors de cette réunion, ni de la part des syndicats ni de la part du gouvernement, explique à Médias24 le secrétaire général du Syndicat national des professionnels du transport routier (affilié à la Confédération démocratique du travail), Mounir Benazzouz, qui a participé à cette rencontre.
Mais d’après lui, des mesures gouvernementales pourraient tomber lors du prochain conseil du gouvernement, car le ministre doit encore consulter le chef de l’exécutif. Mounir Benazzouz espère des annonces d’ici dimanche prochain, sans quoi les cinq syndicats (CDT, UMT, UGTM, UNTM et FDT) exécuteront, à partir de lundi 7 mars, leur menace de grève de 72h extensible.
La hausse des prix du carburant secoue le secteur
Le coût du gasoil représente à présent jusqu’à 60% du coût du transport, alors qu’il était à 40% auparavant, d’après Mustapha Chaoune, le secrétaire général de l’Organisation démocratique des transports et de la logistique multimodale (ODTLM), contacté par Médias24.
Selon lui, les transporteurs ont accusé seuls cette hausse des prix du carburant. Ils ne l’ont pas répercutée sur les prix de leurs prestations car il y a plus d’offre que de demande, ce qui exacerbe la concurrence sur le marché.
Son syndicat a organisé un sit-in national, le 24 février dernier, afin de protester contre cette hausse et de tirer la sonnette d’alarme sur la situation des transporteurs.
Mustapha Chaoune croit savoir que la décision relative à la subvention des taxis a déjà été prise et espère que la subvention des transporteurs routiers suivra. Son syndicat a décidé de ne pas se joindre à la grève annoncée, car selon lui, le dialogue entre les professionnels et le ministère avance positivement sur d’autres sujets. Il estime également qu’une décision concernant le prix des carburants est davantage du ressort du chef du gouvernement que du ministère.
"Le ministère s’est déjà engagé à mener des réformes au niveau structurel et au niveau légal, ainsi que des amendements sur le code de la route qui toucheront notamment les professionnels et à supprimer la taxe à l’essieu, entre autres. Le ministère reconnaît qu’il y a des problèmes et s’engage dans une bonne voie pour les traiter graduellement. Des réunions techniques sont organisées, chaque semaine, pour avancer sur les différents sujets. C’est la raison pour laquelle nous avons confiance dans cette démarche", explique-t-il.
Les propositions de la FTL pour sortir de la crise
La Fédération du transport et de la logistique (FTL), membre de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a annoncé dans un communiqué qu’elle non plus n’était pas concernée par la grève, évoquant les mêmes raisons de coopération continue de la part du ministère, dans les cadres de commissions techniques.
D’autre part, elle a émis des propositions d’ordre conjoncturel et structurel à l’égard de l’exécutif, comme nous l’explique Driss Bernoussi, président de l’Association marocaine des transports routiers intercontinentaux du Maroc (AMTRI Maroc) et membre de la FTL.
La première proposition consiste à rehausser la TVA du gasoil de 10% à 20% sans la répercuter sur le prix TTC. La TVA appliquée au secteur du transport étant de 14%, cela engendrera un écart favorable aux transporteurs.
La FTL émet également une série de propositions inspirées de pays européens, notamment la France. Exemple : inclure une indexation du prix du gasoil dans la tarification des transporteurs.
Cela se traduirait, selon Driss Bernoussi, par un bas de facture qui mentionne le prix de référence : lorsque le prix du gasoil diminue, le client dégage un bonus, tandis que lorsqu’il augmente, il dégage un malus.
Une autre proposition est d’instaurer le gasoil professionnel. Cela reviendrait à ce que les transporteurs puissent récupérer une partie de la taxe intérieure de consommation (TIC), comme c’est le cas pour la TVA. Car selon Driss Bernoussi, les deux taxes TIC et TVA représentent un coût considérable, environ 3,80 DH dans le prix du litre de gasoil.
La dernière proposition est, quant à elle, d’ordre plus structurel : elle consiste à mieux réguler l’accès à la profession, qui souffre d’une concurrence déloyale engendrée par le secteur informel. Driss Bernoussi recommande d’intégrer des conditions d’accès relatives à l’honorabilité professionnelle du gérant, à sa capacité financière et à sa capacité intellectuelle (en termes de compétence).
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