La politique monétaire de BAM sera fortement liée à l’évolution de l’inflation cette année
La hausse des prix de la composante alimentaire et la forte évolution des cours des énergies pourraient pousser l’inflation au-delà des 3% au S2-2022 et inciter BAM à durcir sa politique monétaire, selon la société de recherche Attijari Global Research.
Dans une note diffusée le 4 mars, la société de recherche Attijari Global Research (AGR) a évoqué l’importance de l’inflation en 2022 et le rôle qu’elle jouera dans les grandes décisions de Bank Al Maghrib (BAM) concernant la politique monétaire à mener.
Il est à rappeler qu’en 2021, la banque centrale a mené une politique jugée très accommodante, avec comme objectif « le soutien de l’économie et des ménages face aux répercussions négatives de la crise sanitaire », souligne l’AGR. Cette politique s’est traduite par deux principaux éléments : d’une part, un abaissement historique du taux directeur de BAM, de 2,25% à 1,5% ; d’autre part, « la suppression du compte de la réserve et l’élargissement du collatéral éligible aux opérations de refinancement permettant de tripler la capacité d’emprunt des banques », indique l’AGR.
Deux décisions qui ont permis de soutenir la reprise de la croissance en 2021, dans un contexte où l’inflation était maîtrisée et où la campagne agricole était excellente, à plus de 103 millions de quintaux. Cette année, la campagne s’annonce mauvaise en raison d’une sécheresse très importante. Qui plus est, l’inflation est attendue en hausse cette année à 2,1%, soit 70 points de base de plus que l’année 2021.
Ce contexte global de hausse généralisée des prix affectera notamment les politiques monétaires mondiales.
Un durcissement monétaire international attendu cette année
Depuis l’éclatement de la crise sanitaire, les banques centrales mondiales ont implémenté des politiques ultra-accommodantes dans le but de relancer la machine économique. Elles ont procédé notamment à des rachats d’actifs et à des plans de relance inédits. Cela a contribué à alimenter un cycle inflationniste.
« De plus, la reprise économique en 2021 compte tenu du bon déroulement des campagnes de vaccination à l’échelle mondiale a davantage renforcé le décalage entre la reprise de la demande et le repli de l’offre sous l’effet des perturbations logistiques à l’international », souligne la société de recherche.
Des facteurs structurels de l’inflation ont commencé à être perçus, notamment une amélioration continue de l’emploi aux Etats-Unis, avec un taux de chômage passant de 8,4% en 2020 à 5,4% en 2021 et une hausse de 4,7% du salaire horaire moyen sur la période.
Cela a conduit à un durcissement monétaire cette année, notamment de la part de la Réserve fédérale des Etats-Unis (FED) et de la Banque centrale européenne (BCE). Dès ce mois de mars 2022, la Banque centrale américaine (la FED) « pourrait procéder à plusieurs hausses de taux directeur à des amplitudes importantes pouvant atteindre un demi-point », note l’AGR. Elle a parallèlement commencé à limiter progressivement ses rachats d’actifs de 30 milliards de dollars par mois, jusqu’à un arrêt en mars 2022. La BCE, quant à elle, n’exclut pas une hausse des taux cette année, probablement durant le second semestre 2022.
L’inflation sera la composante clé au cœur des décisions de BAM
D’après le scénario initial d’AGR, l’inflation devrait se fixer à 2% en 2022. Cela laisserait peu de place à un éventuel durcissement monétaire de BAM courant du premier semestre 2022. « En effet, deux principaux arguments soutiennent cette évolution inflationniste maîtrisée et de facto le maintien de cap de la politique monétaire volontariste de BAM », explique l’AGR.
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