Réouverture des points de passage de Sebta et Melilia : les marchandises ne sont pas concernées
Le ministère espagnol de l’Intérieur vient d’annoncer la réouverture des deux postes frontaliers à partir du 17 mai. Une source marocaine nous confirme l’information, précisant que cette réouverture ne concerne que les personnes, les travailleurs légalement reconnus, et pas les marchandises. Rabat reste donc attaché à la fin de la contrebande dans le nord du pays.
Après le dégel des relations entre Rabat et Madrid, la nouvelle était très attendue. Elle vient d’être annoncée officiellement par les autorités espagnoles.
Dans un communiqué diffusé ce jeudi 12 mai, le ministère espagnol de l’Intérieur fait savoir que cette réouverture de ce qu’il qualifie de « frontières », mais que les Marocains considèrent comme des « points de passage », se fera progressivement en deux étapes :
- Le 17 mai à minuit, soit dans la nuit du lundi au mardi, les passages de Tarajal entre Sebta et Fnideq, et celui de Beni Nsar du côté de Melilia, seront rouverts aux citoyens et résidents de l’Union européenne et à toute personne munie d’un visa Schengen.
- Le mardi 31 mai, l’autorisation de circuler s’élargira aux travailleurs légalement reconnus, c’est-à-dire à toute personne ayant un travail légal à Sebta ou à Melilia, ou détentrice d'un visa Schengen ou d'un visa délivré par les autorités des deux villes, comme nous le confie une source marocaine proche du dossier.
Dans son communiqué, le ministère espagnol de l’Intérieur ajoute que « dans le cadre de ce processus graduel, les groupes de travail hispano-marocains détermineront les catégories de personnes et de biens qui pourront accéder à Sebta et Melilia par la frontière du Maroc ». Ce qui signifie, si on lit bien la phrase, que ce sera un retour à la normale avec tout ce que cela comporte comme aberrations, notamment sur le volet de la circulation des biens et des marchandises qui inondaient le Maroc, sans payer de droits de douane.
Contactée par Médias24, une source marocaine proche du dossier nous révèle que les discussions n’ont jamais porté sur les marchandises, et que cette réouverture progressive ne concerne que la circulation des personnes, et pas celle des biens.
Rabat campe donc sur sa position légitime : celle de protéger son tissu économique de la contrebande venant de Sebta et Melilia. Des flux qui faisaient vivre, certes, des milliers de familles dans le nord du pays, mais qui gangrènent le tissu économique local, empêchant tout investissement industriel dans la région.
« Officiellement, le Maroc ne veut pas qu’il y ait un retour des marchandises ni dans un futur proche ni à l’avenir », assure notre source.
Un policy paper, publié le 22 février dernier par l’Institut marocain de l’intelligence stratégique (IMIS), qualifiait cette prise de position d’un passage de « la politique du laissez-faire à la tolérance zéro ». Une tolérance zéro qui reste de mise selon notre source marocaine, Sebta et Melilia exportant vers le Maroc l’équivalent des exportations espagnoles vers l’Australie, comme le notait le papier de recherche de l’IMIS.
L’administration des douanes évaluait ce flux de contrebande, entre Sebta et Fnideq seulement, à un montant annuel avoisinant 750 millions d’euros, soit plus de 7 milliards de dirhams !
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