A Nador, dans l’unité de tri des vêtements d’occasion de Karama Recyclage (reportage)
Médias24 est parti à la rencontre de Karama Recyclage et sa gigantesque unité de triage de vêtements d’occasion à Nador. Elle emploie essentiellement des femmes qui œuvraient auparavant dans le portage des marchandises de contrebande.
A Nador, plus précisément à Bni Nsar, à quelques centaines de mètres du point de passage avec la ville de Melilia, la société Karama Recyclage emploie près de 1.000 personnes. La plupart ont été recrutées parmi les femmes qui œuvraient auparavant dans le portage de marchandises issues de la contrebande.
Quelques mois après la fermeture du point de passage au commerce de marchandises, en 2018, la création de la société a été annoncée à l’occasion de la signature d’une convention de partenariat entre le conseil régional de l’Oriental, la wilaya de l’Oriental, la province de Nador et le porteur du projet, Noureddine Chikar, un Marocain résidant à l’étranger.
Ses activités ont réellement commencé en 2020, au moment où s’est déclenchée la crise sanitaire et où le point de passage a été totalement fermé avec la ville de Melilia. Le démarrage de cette unité a été un véritable soulagement pour ces femmes, en inactivité forcée après l’interdiction de la contrebande dans la région.
La plus grande unité de triage en Afrique et à l’échelle européenne
Contacté par Médias24, le président-directeur général et principal actionnaire de Karama Recyclage, nous apprend que cette unité de Nador est la plus grande d’Afrique, mais aussi d'Europe.
Noureddine Chikar parle en connaissance de cause puisqu'il est le pionnier de cette activité qu'il a initiée en 1991 en Europe. Il a progressivement développé son business jusqu’à devenir l’un des principaux acteurs de ce secteur, présent dans plusieurs pays européens.
Il nous explique avoir choisi de s’implanter dans sa ville natale afin d’offrir une alternative aux personnes qui travaillaient dans le portage de marchandises de contrebande. Une activité qui entachait l’image du Maroc et impactait négativement l’économie nationale.
L’usine, qui s’étale sur une superficie de 27.000 m2, a coûté près de 90 millions de dirhams. Le Conseil régional a contribué à hauteur de 10 millions de dirhams.
Les fripes réexportées ou recyclées
Concrètement, l’activité de Karama Recyclage consiste à importer des vêtements d’occasion - des fripes - de plusieurs pays d’Europe de l’Ouest, afin de les trier en plusieurs niveaux de qualité et de les exporter aux quatre coins du monde.
Les vêtements les plus usés partent pour le broyage dans une autre unité du groupe, ou bien chez des clients afin d’y être recyclés en fibre textile qui sera utilisée dans la fabrication de différents types de tissus.
Karama Recyclage exporte principalement en Asie dans des pays comme la Thaïlande, le Japon, le Pakistan, la Turquie et les Emirats arabes unis. Ses produits partent aussi vers l’Europe de l’Est, l’Afrique et l’Amérique du Sud. Le Maroc ne constitue qu’une infime partie du marché de la société, souligne son PDG.
L’activité ne s’arrête jamais. Lorsqu’il fait chaud dans l’hémisphère Nord et que les Européens cèdent leur garde-robe, il fait froid dans l’hémisphère Sud. Karama Recyclage peut alors vendre des vêtements d’hiver à des pays comme le Chili et l’Argentine.
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