Comment le Maroc se prépare à la taxe carbone prévue par l'UE
Le ministre de l'Industrie et du commerce, Ryad Mezzour, a présenté un aperçu des mesures prises par le Maroc pour permettre à ses exportateurs de ne pas être fortement impactés par le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), communément appelé 'taxe carbone'.
La taxe carbone va entrer en vigueur en janvier 2023. "On l'attend avec impatience car on va enfin comprendre comment ce mécanisme va fonctionner de manière précise. Il y a six options sur la table et dans les six options, la taxe peut aller du simple au centuple par rapport aux barrières décidées", avance le ministre lors de son intervention dans le cadre des Régionales de l'investissement, organisées par la BCP ce mardi 31 mai à Rabat.
Le plus important est de savoir comment le Maroc se prépare à ce mécanisme, et comment il se situe. A cette question, le ministre a apporté des éléments de réponse, en assurant au passage que "d'une manière générale, le Maroc est bien préparé. Le Royaume fait partie des rares pays qui sont dans la trajectoire de l'Accord de Paris".
Mais le point le plus important est de permettre à nos industries exportatrices d'accéder à l'énergie renouvelable, "qu'elle soit en haute tension ou en moyenne tension". "L'accès à l'électricité en haute tension fonctionne bien. L'accès à la moyenne tension a pris du temps, mais on est dans les dernières encablures pour valider les processus et permettre à l'industrie, d'une manière générale et sur l'ensemble du territoire, d'y accéder", assure le ministre.
L'ouverture de l'accès à la moyenne tension se fera par étapes
Selon Ryad Mezzour, l'accès à la moyenne tension se fera "par phase prioritaire, bien évidemment pour ne pas déséquilibrer le réseau, et pour ne pas pénaliser cette industrie d'accéder à cette EnR".
Pour ce qui est du prix cible, le ministre révèle que "l'objectif des 50 cts le kWh est en ligne de mire". "Nous avons préparé toutes les conditions pour atteindre ces 50 cts, bien évidemment quand il y a une consommation 24h/24h... Au-delà, quand c'est en deux shifts, ce sera 20% de moins que la facture actuelle, quand ce sera en trois shifts, c'est 30%...", poursuit-il.
"On sera dans les 50 cts/kWh avec une certification à 90% de sources renouvelables reconnue à l'extérieur", promet le ministre.
Ryad Mezzour a également expliqué que d'autres travaux sont dans le pipe pour permettre à l'industrie marocaine de se décarboner. "On avance dans le cadre de l'économie circulaire avec des projets sur les métaux, les déchets ménagers, les déchets industriels, sur le textile également... pour avoir de la fibre recyclée et une économie circulaire qui répondent aux besoins... d'abord des clients qui sont de plus en plus exigeants par rapport à ces sujets", avance le ministre.
Un marché carbone national en cours de mise en place
Le dernier point évoqué par le ministre sur lequel le gouvernement travaille, c'est la mise en place d'un marché carbone national. "Nous travaillons sur la certification de l'empreinte carbone de nos produits et de nos entreprises, qui va mener à un marché carbone national qui permettra d'être dans les clous par rapport aux exigences de nos principaux clients en Europe", explique-t-il.
"Tout est en marche", rassure le ministre. "Le 1er janvier 2023, tout sera en place, et puis on ajustera en fonction du mécanisme qui sera choisi pour que, le 1er janvier 2026, on n'ait pas trop à souffrir de cette taxe", poursuit-il.
"Et si en 2026, il y a encore des ajustements à faire, nous avons d'autres moyens d'assurer la compensation, notamment par nos larges programmes d'afforestation qui permettront à nos industriels de passer sans problème le filtre du mécanisme", conclut Ryad Mezzour.
Ce que l’on sait sur la taxe carbone prévue par l'Union Européenne pour 2023
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