Interview. “Les Emirats arabes unis sont le premier investisseur arabe au Maroc” (Al Marri)
Abdulla bin Touq Al Marri, ministre émirati de l’Economie, répond aux questions de Médias24 concernant sa visite au Royaume, le programme émirati Investopia, la coopération entre les deux pays et les secteurs intéressant les investisseurs émiratis.
Abdulla bin Touq Al Marri, ministre émirati de l’Economie, était en visite à Rabat ce jeudi 9 juin, où le Conseil d’affaires entre le Maroc et les Emirats arabes unis a été réactivé. Il a également inauguré, vendredi 10 juin, le nouveau site logistique du groupe émirati Sharaf à Tanger.
Médias24 : Quel est l’objet de votre visite au Maroc ?
Abdulla bin Touq Al Marri : Cette visite vise à promouvoir la coopération entre les deux milieux d’affaires et à motiver le secteur privé et les entrepreneurs des deux pays à contribuer davantage au développement du partenariat commercial et économique entre les Emirats arabes unis et le Maroc.
Les Emirats et le Maroc ont une longue histoire de collaboration à plusieurs niveaux. Notre relation fraternelle prône la réciprocité bilatérale et la solidarité régionale. Il existe de profonds échanges culturels entre nos deux pays ainsi qu’une coopération avancée sur plusieurs questions humanitaires et sociales.
Nous souhaitons donc continuer à miser sur un excellent partenariat entre nos gouvernements et chefs d’entreprises.
Par conséquent, l’ordre du jour de la visite a englobé un certain nombre de réunions bilatérales avec des responsables du gouvernement marocain, l’organisation d’un forum d’affaires conjoint et le lancement de la deuxième édition des pourparlers mondiaux Investopia, entre hommes d’affaires et investisseurs EAU-Maroc. Et ce, dans le but d’étudier les opportunités de coopération conjointe dans les nouvelles économies sur les marchés marocains, ainsi que les opportunités de construction de partenariats dans ces nouvelles économies.
Les pourparlers d’Investopia à Rabat font partie du programme annoncé par le gouvernement des Emirats arabes unis en septembre 2021. Il s’agit de la deuxième étape de la série de pourparlers du programme, qui a commencé en Inde, à New Delhi, en mai 2022.
- Comment le programme Investopia va-t-il s’appliquer au Maroc ?
- Investopia fait partie des initiatives stratégiques dans le cadre des "Projets des 50", annoncés par le gouvernement émirati.
Il s’agit d’une plateforme mondiale initiée par notre gouvernement afin d’établir un écosystème d’affaires dynamique où naissent les économies "de demain". L’idée est d’offrir une plateforme internationale où les investisseurs et les acteurs politiques pourraient tous se réunir et canaliser les investissements qui soutiennent la croissance, en préparant les bases d’une économie responsable et durable pour le futur.
A travers les discussions d’affaires d’Investopia Maroc, nous discutons du paysage actuel du marché, des opportunités, des défis et des nouvelles façons de promouvoir les investissements entre nos deux pays.
Nous visons de "nouveaux secteurs" tels que le métaverse, la fintech, la blockchain...
- Quels secteurs et entreprises sont visés ?
- Nous visons de "nouveaux secteurs" tels que le métaverse, les énergies renouvelables et vertes, l’agritech, la fintech, la génétique, la blockchain, la logistique et l’économie numérique.
- Comment évaluez-vous les relations économiques entre le Maroc et les Emirats ? Comment pouvons-nous les développer davantage ?
- Le Maroc est un partenaire économique important des Emirats. Les liens économiques entre nos deux pays sont forts et ont poursuivi leur développement malgré la pandémie. Aujourd’hui, des dizaines d’entreprises émiraties sont actives au Maroc dans des secteurs cruciaux tels que la logistique, l’immobilier, le tourisme, l’agriculture, l’industrie et la santé. Les Emirats sont d’ailleurs le premier investisseur arabe au Maroc, avec une valeur totale d’investissement de plus de 6 milliards de dollars en 2021.
Notre objectif est de renforcer davantage les relations et de continuer à saisir les futures opportunités d’investissement pour favoriser les échanges commerciaux dans de nouveaux secteurs, notamment les infrastructures, l’agritech, les énergies renouvelables et l’économie numérique.
La situation géographique du Maroc et ses liens commerciaux avec d’autres pays offrent de grandes opportunités pour nos entreprises qui investissent dans le Royaume, en termes d’atteinte de nouveaux marchés. J’espère que les discussions entre responsables et chefs d’entreprises lors de cette visite feront la lumière sur les nouvelles opportunités.
Je pense également que la signature du protocole d’accord sur la réactivation du Conseil d’affaires Maroc-EAU soutiendra davantage les efforts visant à stimuler les opportunités d’investissement.
- Plus généralement, quel est le but des investisseurs émiratis ?
- Les Emirats arabes unis ont des plans audacieux pour l’avenir, notamment le doublement de l’économie nationale pour atteindre 3.000 milliards d’AED (dirham émirati) d’ici 2031. Pour les Emirats, c’est donc le début d’une nouvelle ère de coopération économique mondiale.
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