Le gazoduc Nigeria-Maroc deviendra bientôt une réalité (Uche Orgi, CEO du fonds souverain du Nigeria)
En marge du lancement de l’ASIF, forum qui regroupe dix fonds souverains africains sous l'impulsion de Ithmar Capital, Médias24 a interrogé le président du fonds nigérian sur la faisabilité et l’agenda du gazoduc Nigeria-Maroc-Europe. Selon Uche Orgi, ce projet, né d’une volonté politique commune d’inclusion régionale, est désormais en bonne voie pour développer à terme le continent africain, sans retour en arrière.
Après avoir interrogé le président du forum ASIF, Obaid Omrane, et l’ex-Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou, qui ont tous présenté le projet de gazoduc Nigeria-Maroc comme l’exemple parfait de ce que devrait être un investissement africain, le président du Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA) est revenu sur l’importance de « ce gazoduc qui va traverser quinze pays africains avant d’alimenter en gaz l’Europe ».
"Un gazoduc africain, le meilleur exemple de ce que doit être l’investissement continental"
Aussi optimiste que ses confrères marocain et béninois, le président Uche Orgi tient à préciser que « ce rêve qui est en train de devenir progressivement une réalité est un excellent exemple de ce que les pays africains doivent accomplir ensemble pour préparer un avenir meilleur à leurs populations ».
Selon lui, cette décision politique née d’un rêve commun " va ouvrir de multiples opportunités de développement en termes d’industrialisation et de fertilisation du continent » sans compter « la mise en place d’une base africaine de logistique qui évitera par exemple à l’Angola d’aller jusqu’au Portugal pour s’approvisionner, alors que le Maroc est beaucoup plus proche géographiquement ».
"Un raccordement gazier qui permettra de développer le commerce africain"
"Ce genre d’initiative va aussi permettre de créer une prospérité continentale et, surtout, de développer le commerce africain qui est malheureusement encore beaucoup trop dépendant de l’Europe, à hauteur de plus de 70% contre moins de 40% au niveau continental", déplore Uche Orgi.
Concernant le temps nécessaire pour développer un commerce africain de proximité qui rompe avec la dépendance européenne, le président du fonds d'investissement nigérian estime que « si l’Afrique arrivait à développer 60% de son commerce au niveau continental dans les cinq années, le défi sera gagné ».
"Le moment venu, ASIF deviendra partenaire du gazoduc"
Quant à l'implication éventuelle du forum ASIF en tant qu'investisseur ou du moins en tant que partenaire financier dans le projet de gazoduc Nigeria-Maroc-Europe, Orgi indique qu’il ne pourra en être autrement « une fois que le pipeline sera en phase de développement opérationnel ».
En d’autres termes, les dix fonds souverains africains, à l’origine de la création de ASIF, injecteront le moment venu des capitaux supplémentaires pour développer les connexions gazières à davantage de pays africains, mais aussi européens qui pâtissent aujourd’hui de leur grande dépendance au gaz russe.
"Un projet réel en marche sans retour possible en arrière"
Aux mauvaises langues qui qualifient le projet de gazoduc de « rêve qui n’aboutira jamais », notre interlocuteur évoque en souriant « une réalité déjà opérationnelle via les gazoducs existants entre le Nigeria et ses pays voisins qui, au final, va juste être étendue au Maroc, puis au continent européen ».
Si ce projet qu'il qualifie d' "énorme" nécessitera plusieurs années avant de devenir fonctionnel pour approvisionner une bonne partie de l’Afrique et de l’Europe, le président, interrogé sur son avenir et sa faisabilité, insisté sur le fait qu’il est bien réel et qu’il n’y aura par conséquent aucun retour en arrière.
Ci-après, l’entretien filmé de Médias24 avec le président du fonds souverain du Nigeria, Uche Orgi, suivi de ceux avec Obaid Omrane, qui préside ASIF, et avec l’ex-Premier ministre du Bénin, Lionel Zinsou :
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