Aïd al-Adha : la demande a dépassé les prévisions, près de 15 milliards de DH de CA
Le chiffre d’affaires de la vente des animaux destinés à l’abattage lors de l’Aïd al-Adha est estimé à près de 15 milliards de DH cette année. Une grande partie sera transférée dans le milieu rural.
Cette année, la demande a dépassé les prévisions du ministère de l’Agriculture, apprend Médias24 auprès d’une source à la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges (FIVIAR). Elle nous a également précisé que l’offre avait été inférieure à celle de l’année précédente.
La demande boostée par l’arrivée des MRE
"Au total, un peu plus de 7 millions de têtes ont été identifiées cette année", contre près de 8 millions l’an passé, indique notre interlocuteur.
Concernant la demande, "on pensait qu’elle se situerait entre 5,6 millions et 5,8 millions de têtes maximum. En réalité, on a recensé 7 millions de sacrifices cette année, soit une hausse d’environ 20% par rapport à l’année passée".
"Cette situation s’explique principalement par la réouverture des ports et des aéroports, qui a entraîné une arrivée massive des Marocains résidant à l’étranger (MRE)", poursuit notre source. "Le nombre de sacrifices a été beaucoup plus élevé chez les familles des MRE", ajoute-t-elle.
En effet, après deux années d’absence en raison de la crise sanitaire due au Covid-19, les MRE ont enfin pu revenir au Maroc cette année pour fêter l’Aïd al-Adha auprès de leurs familles.
Un chiffre d’affaires de près de 15 milliards de DH
L’Aïd représente une opportunité d’améliorer la trésorerie des agriculteurs, pour lesquels l’élevage des petits ruminants représente la principale source de revenu, ou en tout cas l’une des principales, notamment dans les vastes zones de parcours.
D’après notre interlocuteur à la FIVIAR, "les transactions commerciales des animaux d’abattage à l’occasion de l’Aïd ont permis de réaliser un chiffre d’affaires de près de 15 milliards de DH, en hausse de 10% par rapport à l’année dernière".
"Sur le terrain, les prix étaient en effet supérieurs à ceux pratiqués l’an dernier. Cette hausse est estimée à 15% sur les dix jours précédant l’Aïd, cette période étant celle de la commercialisation du cheptel. La hausse des prix a atteint 30%, voire 40% par endroits le dernier jour avant l’Aïd al-Adha", assure notre source.
"Malgré cette hausse, les engraisseurs ont perdu de l’argent compte tenu de la cherté des aliments pour bétail. Certains aliments entrant dans l’alimentation du cheptel ont subi une hausse de 100% malgré l’intervention de l’Etat dans le cadre du programme de sauvetage du cheptel", poursuit notre interlocuteur à la FIVIAR.
"Le chiffre d’affaires réalisé représente cependant une trésorerie utile pour les agriculteurs. L’Aïd, c’est avant tout un transfert d’argent du milieu urbain vers le rural, d’où l’importance de préserver cette fête. Une grande partie de cet argent sera ainsi transférée dans le milieu rural, ce qui permettra aux agriculteurs de faire face aux dépenses des autres activités agricoles, en particulier le lancement de la prochaine campagne agricole."
En effet, ces ressources financières contribueront à dynamiser les activités économiques globales dans le monde rural.
Le cheptel en très bon état
"L’état du cheptel était excellent malgré la chaleur que nous avons connue le jour de l’Aïd", souligne encore notre source.
"Quelques réclamations ont été déposées auprès de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) pour certaines maladies ou symptômes tels que les ganglions, mais le nombre de réclamations reste minime par rapport à l’offre disponible."
Depuis début 2022, le ministère de l’Agriculture a mis en place un plan national spécial de contrôle de la qualité des viandes et des fourrages, ainsi qu’un programme de suivi continu de la situation de l’approvisionnement du marché en animaux destinés à l’abattage pour le sacrifice de l’Aïd al-Adha.
Dans un communiqué, l'ONSSA a également assuré ce vendredi 15 juillet que Aid Al Adha 1443 (2022) s'est déroulé dans de bonnes conditions sanitaires.
"Le plan d’action mis en place par l’Office sous l’égide du ministère de l'Agriculture, ainsi que la mobilisation des services vétérinaires assurant la permanence ont permis le déroulement de l'Aïd dans de bonnes conditions", lit-on sur le document.
"L’implication des différents acteurs notamment les autorités locales, les associations de protection du consommateur, les professionnels, les bouchers ainsi que les médecins et techniciens vétérinaires a contribué à la réussite de ce plan d’action", fait savoir la même source.
"Les mesures établies au début de l'année 2022 ont concerné l’enregistrement des unités d’élevage et l’identification des ovins et des caprins destinés à Aïd Al Adha et l'installation, en collaboration avec le ministère de l'Intérieur, de 30 marchés pilotes afin de renforcer le réseau de commercialisation des animaux identifiés".
4.640 carcasses examinées
"Il s'agit aussi du contrôle des animaux et des aliments pour animaux, dans le cadre des commissions mixtes locales. Ainsi, 3.880 sorties de contrôle ont été effectuées, lors desquelles 1.240 échantillons de viandes et 600 échantillons d’aliments pour animaux ont été prélevés et analysés", ajoute l'Office.
"Les services de l’Office ont également assuré une permanence pendant la période de l’Aïd, durant laquelle 460 médecins et techniciens vétérinaires et 140 parmi le personnel administratif ont été mobilisés".
Par ailleurs, "4.640 carcasses ont été examinées, 431 déplacements chez les ménages ont été effectués pour les accompagner et leur fournir les informations nécessaires quant à la qualité des carcasses".
Les services de l’ONSSA ont également "traité plus de 1.900 appels téléphoniques et effectué des inspections au niveau des abattoirs et des boucheries".
"Durant toute la période de Aïd Al Adha, les services de l’Office ont suivi de près son déroulement, en privilégiant l’écoute des citoyens et une approche de proximité à travers les réseaux sociaux, le centre d’appel et la mobilisation des services vétérinaires", conclut le communiqué.
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