Vivendi/Lagardère : au Maroc, “sérieux doutes” sur l'effet anticoncurrentiel de l'opération
Début juin, le Conseil de la concurrence a lancé une enquête approfondie sur l'acquisition, par Vivendi, de parts de capital dans la société Lagardère. Pourquoi cette opération foreign-to-foreign inquiète-t-elle le régulateur marocain ? Détails.
Pourquoi le Conseil de la concurrence émet-il des réserves sur l’opération Vivendi/Lagardère ? Le régulateur répond officiellement à cette question dans une décision publiée au Bulletin officiel du 14 juillet (version en langue arabe).
Le dossier concerne précisément « l’acquisition par la société VIVENDI S.E. du contrôle exclusif de la société LAGARDÈRE S.A., à travers le rachat de 45,1% de son capital et de 37,2% de ses droits de vote.
Ce projet a été notifié au Conseil en mars 2022. Le 9 juin, l’institution d’Ahmed Rahhou a annoncé l’ouverture d’une « enquête approfondie », synonyme de suspension de l’opération sur le territoire marocain. Approfondir l’instruction sur un projet de concentration signifie l’existence de « sérieux doutes » quant à ses effets anticoncurrentiels.
Dans le cas Vivendi/Lagardère, le Conseil relève un impact potentiel sur « le marché marocain de la vente de manuels scolaires, notamment ceux écrits en français et destinés aux écoles privées et aux missions étrangères ». Les parties notifiantes s’activent toutes les deux dans ce secteur, comme le relevaient des praticiens sollicités à la mi-juin par Médias24.
En substance, l’instruction préliminaire a soulevé de « sérieuses inquiétudes » quant à la possibilité « de créer ou de renforcer la position dominante » des entités concernées au niveau de ce marché, « d'autant plus qu'une partie importante du nombre des transactions réalisées par les parties y est concentrée ».
De même, le Conseil explique que ni Vindendi ni Lagardère n’ont « fourni de données précises concernant la taille de ce sous-marché et leurs projections à l’intérieur de celui-ci ».
Les inquiétudes du régulateur ont été accentuées par celles des opérateurs locaux. Auditionnés par les services d’instruction, des clients et des concurrents ont exprimé des craintes concernent la « création et le renforcement du pouvoir de marché » chez Vivendi, ce qui entraînerait « l’exclusion » d'acteurs tout en réduisant « leur pouvoir de négociation » avec la même entité.
A ce constat s’ajoute le fait que les parties n’aient pas formulé « d'engagements visant à prendre des mesures afin de remédier aux effets de l'opération sur la concurrence sur le marché concerné », note le Conseil.
A ce stade, le Conseil n’a ni rejeté ni validé l’opération. L’enquête peut déboucher sur l’une ou l’autre décision.
Sur quoi portera l’enquête ?
Le Conseil se penchera d’abord sur « la définition des marchés pertinents et de leurs divisions ». Il est question de « déterminer leur structure et les déterminants de la concurrence en leur sein, ainsi que l'étendue des obstacles à l'accès au marché, et le cas échéant, déterminer leur impact sur la concurrence ».
Les services du régulateur procéderont, en outre, à un « test approfondi des marchés concernés ». Divers acteurs du marché seront sondés, y compris les parties au processus, afin de déterminer la situation concurrentielle réelle dans le secteur et « la position concurrentielle des parties et des concurrents ».
L’étude couvrira également « les effets horizontaux et verticaux potentiels de l’opération sur la concurrence », mais aussi la « pression concurrentielle exercée par les concurrents des parties au niveau des marchés concernés ».
À découvrir
à lire aussi
Article : Bourse de Casablanca. Le MASI termine en baisse ce 12 mai 2026
La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 12 mai 2026 en baisse, avec un MASI en repli de 0,39% à 18.776,54 points. Le volume global des échanges s’est établi à 196,53 MDH, porté principalement par Managem, LabelVie et SMI.
Article : Écoles françaises : sous pression des parents, l’AEFE réduit la hausse des frais
Alors que la hausse annoncée des frais de scolarité dans les établissements français au Maroc avait suscité une vague de contestation parmi les parents d’élèves, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) a finalement revu sa position et annoncé une augmentation de 6% pour la rentrée 2026, au lieu des 7% initialement prévus.
Article : La CDG et le ministère lancent une nouvelle phase pour le Digital Lab Santé
Le ministère de la Santé et de la protection sociale et la CDG ont signé, en marge du GITEX Future Health Africa Morocco, une convention portant sur la mise en œuvre du Digital Lab Santé, une plateforme dédiée à l’accélération de la transformation digitale du système de santé marocain, ainsi qu’un MoU relatif à l’extension progressive du dispositif SAMU à l’échelle nationale.
Article : Coupe du monde 2026. La FRMF s’associe à Google Gemini
Google Gemini devient le sponsor officiel en intelligence artificielle de la Fédération royale marocaine de football. Avant et pendant le mondial 2026, l’équipe nationale bénéficiera de modèles IA à des fins de promotion, tandis que les supporters des Lions de l’Atlas disposeront d’outils à même d’améliorer l’expérience dans les stades.
Article : Pour accélérer ses opérations logistiques, La Voie Express Group mise sur Tanger Med
La Voie Express Group prévoit l’implantation d’une plateforme logistique à Medhub, la zone logistique portuaire de Tanger Med. Ce projet vise à regrouper des services de logistique et de dédouanement au sein d’un même site et à élargir l’offre intégrée du groupe dans la gestion de la chaîne logistique.
Article : Cosumar, Sunabel et Suta obtiennent le renouvellement du Label RSE de la CGEM
La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a renouvelé le label RSE de trois filiales du groupe Cosumar : Cosumar, Suta et Sunabel.