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POLITIQUE

Rentrée politique : rassurer le citoyen, un gros défi pour le gouvernement (politologue)

Entre tenir les promesses électorales et affronter les crises exogènes, le gouvernement a plusieurs défis à surmonter pour rassurer le citoyen. Quant à l’opposition, elle est appelée à mieux s’incarner et à absorber celle qui s’exprime dans la rue et sur les réseaux sociaux.

Rentrée politique : rassurer le citoyen, un gros défi pour le gouvernement (politologue)
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Le 30 août 2022 à 18h48 | Modifié 30 août 2022 à 18h50

La rentrée politique est marquée par le premier anniversaire du gouvernement Akhannouch. Un an après les élections du 8 septembre et la constitution du gouvernement, l'heure est désormais au bilan. C’est l’avis du politologue et enseignant-chercheur à l’Université Moulay Ismail de Meknès, Mustapha El Mnasfi, contacté par Médias24 pour partager sa lecture du paysage politique.

Selon lui, plusieurs dossiers chauds attendent le gouvernement à la rentrée, dont les étudiants venus d’Ukraine, le dialogue social avec les syndicats, la sécheresse, le chantier de la protection sociale, l’inflation, etc.

Le contexte difficile engendré par les crises post-Covid, la guerre en Ukraine et le changement climatique, exige de rassurer les citoyens et de lancer des mesures qui pourraient renforcer la confiance entre gouvernants et gouvernés. « Les citoyens attendent non pas des promesses, mais plutôt l’impact visible des politiques publiques sur eux et leur qualité de vie », souligne Mustapha El Mnasfi.

Selon lui, le gouvernement ne doit pas oublier les zones qualifiées de « Maroc profond », qui souffrent de la sécheresse et de la pénurie d’eau potable. « La situation actuelle risque d’encourager l’exode rural, et donc l’émergence de certains phénomènes dans les zones urbaines, comme le commerce informel et l’occupation de la voie publique par les vendeurs ambulants et farrachas », poursuit-il.

L'opposition de la rue et des réseaux sociaux

Le politologue prévient de l’importance de l’opposition qui existe dans la rue et sur les réseaux sociaux. D’après lui, cette « opposition extra-parlementaire » peut devenir dangereuse pour la paix sociale. Mais cette « mobilisation numérique » a aussi le mérite de jouer le rôle de contrôle de l’action gouvernementale.

Une situation qui rend inaudible l’opposition parlementaire, selon notre interlocuteur. C’est pourquoi il estime que les partis de l’opposition ont le défi de renforcer leur coordination et d’absorber cette « vraie opposition » qui se manifeste dans la rue et sur les réseaux sociaux, s’ils veulent que leur action soit plus visible.

Quant au PJD, qui a remis Benkirane à sa tête en espérant reprendre des couleurs, il ne semble pas pouvoir se redresser de sitôt. « Le PJD souffre encore des résultats enregistrés lors des élections de 2021, d’autant que plusieurs membres considérés comme des ‘faucons’ l’ont quitté », signale Mustapha El Mnasfi.

« Avec ou sans Benkirane, ce parti est entré dans une crise que nous pouvons qualifier de chronique. Il va lui falloir adopter une stratégie basée sur le renouvellement de ses cadres », poursuit-il.

Le PPS, le MP et l’UC organisent leur congrès

Trois partis s’apprêtent à organiser leurs congrès ordinaires cet automne : le Parti du progrès et du socialisme (PPS), le Mouvement populaire (MP) et l’Union constitutionnelle (UC). Les deux premiers sont dans l’opposition, tandis que le troisième se positionne en « soutien critique ».

La commission préparatoire du 6e congrès de l’UC accélère ses réunions en prévision du jour J. Le congrès se tiendra les 1er et 2 octobre dans la salle du complexe Mohammed V de Casablanca.

Mohamed Sajid ne s’est toujours pas prononcé sur sa volonté de rempiler pour un deuxième mandat. Mais selon quelques indiscrétions, l’ancien maire de Casablanca et ancien ministre du Tourisme devrait être le favori à sa propre succession. A un mois du congrès, aucun autre candidat ne s’est déclaré. Les candidatures au poste de secrétaire général seront ouvertes dans dix jours.

De son côté, le PPS a prévu son 11e congrès mi-novembre à Bouznika. Bien qu'il ait exprimé le souhait de partir, Nabil Benabdallah semble toujours favori, étant donné qu’aucun candidat sérieux ne s’est prononcé jusqu’à présent.

Quant au 14e congrès du MP, initialement annoncé pour septembre, la date a finalement été fixée aux 25, 26 et 27 novembre. On s’attend à un duel entre Mohammed Ouzzine et Mohamed Moubdii pour succéder à Mohand Laenser, qui a annoncé ne pas se représenter.

Calendrier législatif

Quant au gouvernement, il est toujours attendu sur ses promesses électorales, malgré un contexte difficile. Si, en 2022, il pouvait prétexter un manque de temps pour préparer la loi de Finances, ce n'est plus le cas désormais.

La note de cadrage du projet de loi de Finances de 2023 a fait la part belle aux secteurs sociaux et à l’eau, avec quatre priorités : le renforcement de l’Etat social ; la relance économique par le soutien à l’investissement ; la justice territoriale ; la reconstitution des marges budgétaires pour garantir la pérennité des réformes.

Par ailleurs, le Parlement devra voter d’importantes lois-cadres comme celle relative au Système de santé national (n°06-22) et celle formant Charte de l’investissement (n°03-22). D’autres projets de loi importants devraient également être votés, comme celui sur l’autoproduction de l’énergie électrique (n° 82-21) et celui sur les zones industrielles (n° 102-21).

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