Oléiculture : faible campagne attendue, les prix de l’huile d’olive risquent de flamber
La campagne oléicole 2022-2023 sera faible. La production sera moins importante que l’an passé. L’Oriental est la seule région qui tire son épingle du jeu.
L’opération de récolte des olives n’a pas encore démarré que les professionnels du secteur s’attendent déjà à une faible campagne.
La récolte débute généralement vers la fin du mois d’octobre. Elle dure environ six semaines. "Cela varie cependant en fonction des régions, des variétés et de leurs destinations", nuance auprès de Médias24 le président de l’Interprofession marocaine de l’olive (Interprolive), Rachid Benali. Par exemple, "l’olive de table commence avant l’olive destinée à la trituration", précise-t-il.
La sécheresse impacte la production
Cette année, la campagne oléicole sera faible en raison de la sécheresse que subit le pays, nous confie Rachid Benali. "Comme pour les autres cultures, l’olive a besoin d’eau durant tout le cycle, à savoir de février à octobre ou novembre", indique-t-il.
"Compte tenu de la pluviométrie recensée cette année et des niveaux très bas de la nappe et des barrages, la production sera assez faible." En effet, selon un professionnel de terrain, "l’olivier a souffert durant ces deux dernières années et n’a pas pu récupérer ses besoins en eau et en aliments nutritifs".
L’Oriental tire son épingle du jeu
Rappelons que le Maroc compte cinq principales régions de production d’olives, chacune dépassant 10% de la production nationale. Il s’agit de :
- la région de Fès-Meknès, qui représente environ 38% de la production nationale ;
- les régions de Marrakech, El Kelâa des Sraghna, Tensift et Al Haouz, aux alentours de 22% de la production nationale ;
- les régions du Nord, Beni Mellal-Khénifra et l’Oriental, qui dépassent chacune 10 à 11% de la production nationale.
Il y a bien évidemment d’autres régions productrices d’olives, mais celles mentionnées regroupent une centaine de bassins de production, représentant ainsi l’essentiel de la production nationale.
Cette année, "en dehors de l’Oriental, toutes les régions du Royaume sont touchées par la sécheresse", regrette Rachid Benali. "Or jusqu'à présent, on ne peut se prononcer sur un chiffre de production ou un pourcentage de baisse par rapport à une année normale." Globalement, la production nationale d’olives est acheminée à hauteur de 65% à la trituration et 25% à la conserverie. Les 10% restants représentent les pertes et l’autoconsommation.
S’agissant de cette campagne, "jusqu'à la récolte, on ne peut pas encore se prononcer sur les parts respectives de la trituration et de la conserve", confie notre interlocuteur, qui note par ailleurs que "des variétés sont destinées directement à la trituration, tandis que d’autres comme la picholine - 80% de nos vergers - peuvent être destinées à la trituration ou à la conserve selon leur taille et leur prix".
Huile d’olive : baisse de l’exportation et hausse des prix prévues
Pour ce qui est des exportations, le président de l’Interprolive nous fait savoir que "les exportations d'olives de table seront maintenues, sûrement avec un prix plus élevé que l’année passée". Le Maroc exporte en moyenne 70.000 tonnes d’olive de table chaque année. Et d’ajouter : "Pour l’instant, en ce qui concerne les prix, on ne peut se prononcer ni pour le marché local, ni pour l'export."
"Concernant les exportations d’huile d’olive, il y aura sûrement une baisse" par rapport à l’an passé, prévoit Rachid Benali. Pour rappel, les exportations d’huile d’olive sont très variables d’une année sur l’autre. Elles se situent généralement entre 12.000 et 35.000 tonnes par an.
Sur le front des prix, "contrairement aux autres huiles végétales, l’huile d’olive n’a connu aucune augmentation jusqu’à présent, mais vu la baisse de la production mondiale, on peut s'attendre à une hausse des prix pour les mois prochains", conclut Rachid Benali. Actuellement, "le prix de l’huile d’olive, à la sortie de l’usine, se situe aux alentours de 45 dirhams le litre", précise-t-il enfin.
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