Le projet de gazoduc Maroc-Nigeria mis en avant au Sénégal par Amina Benkhadra
La directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines a vanté les mérites de ce mégaprojet, notamment pour l’Afrique de l’Ouest.
Amina Benkhadra, directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), intervenait lors d’un panel placé sous le thème “Une nouvelle vision pour accélérer la production et l’investissement dans un contexte de transition énergétique”, dans le cadre de la 2e édition de la Conférence des pays membres du bassin sédimentaire “MSGBC Oil, Gas & Power”, au Sénégal.
Le gazoduc Maroc-Nigeria, porté par le Roi Mohammed VI et le président nigérian Muhammadu Buhari, au service du développement économique et social, industriel et énergétique de l’Afrique, est “un projet structurant avec de multiples objectifs”, a-t-elle souligné.
Ce projet d’envergure “contribuera à l’émergence d’une zone Nord-Ouest africaine intégrée, à l’accélération de l’accès de l’Afrique de l’Ouest à l’énergie, et également à l’accélération des projets d’électrification au profit des populations”.
Le gazoduc Maroc-Nigéria vise également la création d’un marché régional compétitif de l’électricité, l’exploitation d’une énergie propre, la contribution au développement industriel et économique de tous les pays traversés à travers le développement de plusieurs secteurs. Parmi eux, l’agriculture, l’industrie, les mines et la réduction du torchage.
Cette infrastructure vise aussi à exporter du gaz en Europe, a précisé Amina Benkhadra. L’évènement a réuni les responsables des compagnies pétrolières nationales et régionales pour un partage d’expérience sur les défis et les opportunités actuels. Il a également été question de discuter des stratégies pour renforcer la collaboration et l’intégration régionale.
La synergie avec les infrastructures de la région est à l’étude
A cet égard, la directrice générale de l’ONHYM a indiqué que ce mégaprojet aura un impact positif direct sur plus de 340 millions d’habitants, notant que l’ensemble des pays traversés seront intégrés à l’étude et au développement de ce projet. Pour rappel, le gazoduc traversera 13 pays sur la façade atlantique et inclura 3 pays enclavés.
En outre, il sera créateur de richesses pour les pays et les populations riveraines, créant un mouvement décisif d’impulsion et entraînant l’émergence et le développement de projets parallèles, a-t-elle relevé.
“Les discussions ont été menées avec la CEDEAO pour assurer la synergie avec les infrastructures de la région. A cet effet, l’extension du WAGPI (West African Gaz Pipeline, reliant le Nigeria au Ghana) vers la côte d’Ivoire sera incluse.” Les pays producteurs pourront également utiliser ce gazoduc pour leurs propres consommations et l’export, a précisé Amina Benkhadra, citant le cas du Sénégal et de la Mauritanie.
D’autre part, la directrice générale de l’ONHYM a estimé que l’Afrique peut être un modèle de développement durable, avec les énergies renouvelables et le gaz. Ce continent dispose en effet d’un immense potentiel en énergies renouvelables et en gaz mais qui, pour l’heure, est inexploité.
“Les ressources sont disponibles et diversifiées et les énergies renouvelables offrent de réelles perspectives pour un développement électrique faiblement carboné”, a-t-elle soutenu, jugeant indispensable de faciliter le financement des infrastructures et le développement des partenariats gagnant-gagnant.
L’Afrique a besoin d’un énorme investissement pour son secteur énergétique afin de générer un développement social et économique, a justifié Amina Benkhadra, indiquant que le “financement climatique total est estimé entre 4.760 et 4.840 milliards USD sur la période 2022-2050, ce qui représente des flux annuels de 163,4 à 173 milliards USD”.
Le Sommet “MSGBC Oil, Gas & Power” est organisé les 1er et 2 septembre par Energy Capital & Power (Ecp), une plateforme d’investissement en Afrique pour le secteur de l’énergie. Il s’est tenu sur le thème “L’avenir du gaz naturel : la croissance par l’investissement stratégique et l’élaboration de politiques”, avec la participation de représentants de pays africains dont le Maroc.
La conférence réunit les délégués des pays membres du bassin sédimentaire, à savoir la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée, la Mauritanie et le Sénégal, ainsi que des représentants d’autres pays africains comme le Maroc et la Côte d’Ivoire, et de nombreux investisseurs étrangers venus des Etats-Unis, d’Australie, d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient.
(Avec MAP)
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