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ECONOMIE

La hausse des prix des aliments composés fait grimper les prix de la viande rouge

La viande rouge connaît une hausse des prix depuis environ trois mois, apprend Médias24 auprès de la Fédération interprofessionnelle des viandes rouges. Cette hausse est estimée par, notre source, entre 15% et 20% par kg.

Viande
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Le 11 octobre 2022 à 19h05 | Modifié 12 octobre 2022 à 11h37
  • Il s'agit d'une hausse allant de 15% à 20%.
  • Le kilogramme coûte actuellement en moyenne 70 DH /Kg.
  • Cette tendance haussière risque de se poursuivre.

Comme pour la viande de volaille, la principale raison de cette augmentation n'est autre que l'explosion des prix des matières premières entrant dans la fabrication des aliments composés pour bétail. Les autres raisons évoquées par les sources sondées par nos soins sont la hausse des prix du fret maritime, la hausse du cours du dollar et le maintien de la consommation, malgré la baisse de l'offre.

Le kilogramme de viande rouge coûte 70 DH en moyenne

“Le prix du kilogramme de viande rouge coûte aujourd'hui, en moyenne, 70 DH. A l'intérieur des grandes villes, il peut atteindre jusqu'à 80 DH”, nous confie notre source à la Fiviar, notant que “cette hausse est due à plusieurs facteurs”. Il s’agit en premier lieu de “la faiblesse de l’offre sur le marché, alors que la demande se maintient”.

“La préparation des bétails à la production dépend à 90% des grains, notamment le maïs, l’orge, le soja et le tournesol, des matières dont les prix ont beaucoup augmenté depuis le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine”, ajoute notre interlocuteur, soulignant que “ces hausses ont parfois atteint jusqu’à 100%”.

“Ces augmentations se répercutent donc sur la tenue de l’élevage, touchant notamment à la qualité des bêtes à l’abattage, malgré l’effort du ministère de l’Agriculture pour sauvegarder le cheptel au niveau national”, indique-t-il.

Et d’expliquer : “Avec le même nombre de têtes abattues, on a moins de tonnage. Les éleveurs, en pleine crise, n'achètent plus que la moitié des quantités d’aliments composés données aux bêtes auparavant. Forcément, celle-ci ne les performe pas et on se trouve avec des carcasses moins lourdes que d’habitude, ce qui accentue encore plus la problématique de l’offre.”

A titre d’exemple, pour donner un ordre de grandeur, “1.000 têtes, censées donner 10.000 kg de viande, ne donnent plus que 8.000 kg”.

“Nous avons essayé de maintenir les prix de la viande rouge sur les dix dernières années. Mais la hausse enregistrée sur ces trois derniers mois ne l'a jamais été sur les dix dernières années dans le secteur”, regrette notre source.

“Le prix du kilogramme de viande rouge peut paraître cher, mais les éleveurs produisent à perte, parce qu’ils ne font pas des calculs systématiques de leur production. Et heureusement d'ailleurs, parce que celle-ci n'est pas rentable ; on aurait été confrontés à des arrêts de production. Quand les éleveurs travaillent pour eux-mêmes, ils ne se fixent pas de salaires, alors que ce sont des heures de travail. Ils produisent en parallèle des céréales, des olives et des maraîchages qui leur permettent de tenir.”

Hausse des prix du fret maritime et du cours du dollar

En effet, la hausse des matières premières entrant dans la production des aliments composés pour bétail et pour volaille se poursuit depuis la crise du Covid. Elle s’est aggravée avec la sécheresse ainsi que la guerre russo-ukrainienne.

Selon la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL), jointe par nos soins il y a quelques jours, “les aliments composés pour bétail comportent notamment de l'orge, du maïs, du blé fourrager et des tourteaux de soja”.

Des matières principalement importées du marché international, nous indique, pour sa part, Chawki Jirari, directeur de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA), notant un problème de disponibilité, mais aussi de prix.

“Le blé tendre est produit au Maroc, mais une autre partie est importée de l’étranger. En revanche, le maïs et le soja sont pratiquement, en totalité, importés. L’Ukraine et la Russie constituaient des origines importantes, mais avec la crise actuelle entre les deux pays, nous nous sommes tournés vers l’Amérique du Sud, les États-Unis et certains pays d’Europe.”

Par ailleurs, “ces matières ont connu des hausses très importantes, qui se situent en moyenne à 60% pour le maïs et à 40% pour le soja. Des moyennes qui peuvent être dépassées certaines fois”.

“Ajouté à cela, le fret maritime dont les prix ont explosé, ainsi que le cours du dollar, qui est passé de 8,90 DH environ à 10,80 DH. Tous ces facteurs impactent les prix, arrivée au port de Casablanca, des matières premières entrant dans la fabrication des aliments composés, et in fine, le prix des aliments composés pour le bétail.”

La tendance risque de se maintenir

D’après notre source à la Fiviar, “cette tendance haussière devrait se poursuivre, surtout si nous avons une année pluvieuse, dans le sens où il y aura une rétention”.

“Lors d’une année pluvieuse, les éleveurs renoncent à la vente de leurs bêtes puisqu'ils ne vont pas dépenser beaucoup d'argent pour les engraisser.”

“L’année passée, nous avions eu un problème de couvert végétal, qui était à peine à 20%. Par exemple, une parcelle qui devrait donner une tonne de couvert végétal n’en a donné que 200 kg à cause de la sécheresse.”

Baisse du pouvoir d'achat

Notre interlocuteur évoque également un problème de pouvoir d'achat. “Le prix moyen du kilogramme de viande rouge est de 70 DH au détail actuellement. Si on le compare avec les prix pratiqués en France par exemple, où le kilogramme de viande coûte 14 euros en moyenne, il reste faible.”

“Toutefois, si l'on rapporte ces prix au SMIG, il en ressort ce qui suit : au Maroc, le SMIG permet à peine de se procurer 42 à 43 kg de viande contre 86 kg en France. C'est donc également un problème de pouvoir d'achat, qui reste très faible dans le Royaume”, conclut notre source.

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Le 11 octobre 2022 à 19h05

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