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Casablanca : le mystère persiste autour des odeurs nauséabondes, une enquête lancée par les autorités

Une commission de la commune de Casablanca, dirigée par la maire Nabila Rmili, a de nouveau effectué une visite de la décharge de Médiouna pour s’assurer que celle-ci n’était pas à l’origine des odeurs nauséabondes ressenties dans plusieurs quartiers. 

Casablanca : le mystère persiste autour des odeurs nauséabondes, une enquête lancée par les autorités
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Le 6 novembre 2022 à 18h02 | Modifié 6 novembre 2022 à 19h33

La maire de Casablanca, Nabila Rmili, était accompagnée de plusieurs responsables communaux, notamment Moulay Ahmed Afilal, vice-président de la ville, chargé du nettoiement, qui s’était déjà rendu sur le site de la décharge lundi soir.

La sortie d’inspection a eu lieu le jeudi 3 novembre vers 18h, en présence de la presse. Un cadre de la société de développement local (SDL) Casa Baïa a exposé à la maire les solutions mises en place pour gérer les odeurs au niveau de la décharge, en particulier la station météorologique dont elle dispose.

“Par le biais de cette station, nous pouvons réaliser un suivi de l’évaporation des eaux, de la direction et de la vitesse du vent et de la pluviométrie, a expliqué le cadre de Casa Baïa. La pluviométrie et la direction du vent sont deux indicateurs très importants, puisque la décharge dispose de bassins de lixiviat.” La mesure de la qualité de l’air “est effectuée une fois par an comme le stipulent les lois en vigueur”, a-t-il précisé. Une cadence insuffisante, selon Nabila Rmili.

“Une odeur supportable”, selon une société en charge du contrôle de la qualité de l’air

Lors de cette visite, la maire était également accompagnée des membres d’un laboratoire spécialisé dans le traitement des mauvaises odeurs. Ces derniers étaient munis d’un appareil mobile permettant de mesurer la toxicité des gaz.

“Pour enquêter sur l’origine des mauvaises odeurs ressenties par les citoyens casablancais, nous sommes aujourd’hui (jeudi 3 novembre, ndlr) accompagnés de la société en charge du contrôle de la qualité de l’air dans la zone. Elle est munie d’un appareil qui mesure la toxicité des gaz générés par les déchets”, a expliqué Nabila Rmili à la presse.

“Il y a quatre niveaux d’odeurs, allant des odeurs supportables à celles nocives pour la santé. L’appareil affiche le chiffre 0, qui témoigne d’une faible odeur, supportable, au niveau de la décharge de Médiouna”, a-t-elle poursuivi.

“Ce résultat confirme ainsi que la qualité de l’air au niveau de la décharge de Médiouna est conforme aux normes en vigueur, et que les odeurs nauséabondes ne proviennent pas d’ici (de la décharge, ndlr). Ceci dit, l’odeur que l’on ressent actuellement est-elle la même que celle qui parvient jusqu’à l’intérieur de la ville ? C’est ce que l’on essaie de comprendre. L’objectif de notre visite est, entre autres, de s’assurer que la décharge respecte le cahier des charges, surtout le compactage, après chaque couche de déchets. Et comme on le voit sur place, à chaque fois qu’un camion de collecte entre, il déverse les déchets qu’il transporte, qui sont tout de suite enfouis.”

“Pour éviter de se retrouver avec des montagnes de déchets, nous sommes en train de construire un autre casier d’enfouissement en plus de celui qui existe déjà”, a précisé Nabila Rmili. “Lors de l’ouverture de cette décharge contrôlée, il a été convenu qu’elle serait provisoire et opérationnelle pendant trois ans, en attendant la construction d’une usine de valorisation des déchets. Nous avons fait tout notre possible pour en accélérer la réalisation. Son financement a été acté, le foncier acquis, et les ministères qui prendront part à ce projet sont listés dans le projet de loi de finances 2023”, a-t-elle indiqué, soulignant que “cette usine aura une valeur ajoutée pour la commune car elle créera des emplois”.

L’un des membres du laboratoire a lui aussi confirmé que “l’appareil [démontrait] que l’odeur au niveau de la décharge au moment de la visite était supportable. L’appareil dont nous disposons mesure les gaz toxiques, plus spécialement le H2S (sulfure d’hydrogène, ndlr) jusqu’à 0,1 ppm, soit un seuil que l’on ne peut ressentir”.

“L’appareil affiche le chiffre 0, qui signifie l’absence de gaz toxique. Nous suspectons cependant le lixiviat de la décharge, stocké dans les bassins, susceptible de dégager de telles odeurs.”

Le sulfure d’hydrogène, aussi appelé hydrogène sulfuré, est un gaz naturellement présent sur terre. Il résulte de la décomposition de matières organiques et bactériennes, ce qui explique sa présence massive dans les égouts, les stations d’épuration et les décharges. Une teneur en H2S inférieure ou égale à 0,13 signifie que l’odeur perceptible est minimale.

Une odeur qui s’intensifie le soir

Selon un représentant de la commune de Mejjatia Oulad Taleb, qui abrite la décharge, “l’odeur ressentie pendant la journée n’est pas la même que celle qui se dégage le soir. Elle est tellement forte que nous ne pouvons même plus ouvrir nos fenêtres. Nous sommes environ 5.000 habitants dans cette commune et nous souffrons tous les jours depuis des années. D’ailleurs, dans mon arrondissement, la plupart des décès sont dus à des cancers”.

“La commune de Mejjatia Oulad Taleb abrite la décharge depuis 1986. On espérait que cette nouvelle décharge contrôlée soit différente de celle qui a été fermée, mais il n’en est rien. Les odeurs persistent. Notre commune est devenue une poubelle à ciel ouvert.” Ce représentant met en cause les bassins de lixiviat dans la décharge, ce que Nabila Rmili dément, arguant que ce sont des bassins étanches.

“L’usine suspectée existe depuis longtemps”

Dans un précédent article, Médias24 a indiqué que les soupçons portaient sur une usine clandestine qui brûle des batteries à proximité de la décharge. Un membre de la société civile résidant aux alentours assure que l’usine en question “existe depuis longtemps. Elle existait déjà avant la fermeture de l’ancienne décharge sauvage”.

“C’est donc une nouvelle odeur qui règne depuis environ 90 jours, outre celle du lixiviat et des batteries brûlées, dont on ignore encore l’origine. En tout cas, c’est devenu invivable.”

“Le dossier est entre les mains des autorités”

Depuis plusieurs jours, la communication de la commune de Casablanca tourne autour de la décharge. Les déclarations des différents responsables du bureau communal ne font que confirmer que celle-ci n’est pas à l’origine des odeurs putrides qui règnent sur une partie de la ville. Entre-temps, les habitants continuent d'en souffrir. L’ouverture de la décharge contrôlée devait mettre fin à ce point noir de la ville de Casablanca ; or la problématique persiste.

Selon nos informations, le dossier est à présent entre les mains des autorités afin d’identifier la cause de ces odeurs, notamment le ministère de l’Intérieur, le wali de la région, le gouverneur et la Gendarmerie royale. “L’enquête est en cours”, nous assure une source bien informée.

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Le 6 novembre 2022 à 18h02

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