Céréales : le stock actuel couvre 2 à 6 mois de consommation, l'approvisionnement national assuré
Les stocks de céréales au niveau national couvrent entre deux et six mois de consommation. Pour compenser la faible campagne céréalière nationale prévue en 2022-2023, les importations de céréales seront maintenues à un rythme soutenu jusqu’au mois d’avril ou mai.
Le démarrage de la campagne céréalière devient chaque jour plus préoccupant.
"Nous entamons déjà la deuxième quinzaine du mois de novembre et les précipitations se font toujours rares, mais ce point n’est pas inquiétant pour autant", tempère Abdelkader Alaoui, président de la Fédération nationale des minotiers (FNM), joint par Médias 24. "En 2020-2021, il n'avait plu que vers la fin du mois de novembre, et on avait fait une bonne campagne agricole."
"Ce qui est préoccupant, c’est la sécheresse qui a trop duré. Elle se poursuit depuis le mois de mars. C’est dramatique, d’autant plus que la campagne céréalière précédente n’était pas bonne. La production était en baisse d’environ 70%, passant de 104 millions de quintaux en 2020-2021 à 34 Mq en 2021-2022."
En dix mois, les importations ont dépassé de plus de 80% le niveau de 2021
Pour compenser la faible campagne attendue cette année, "nous avons plus que doublé nos importations en céréales", ajoute notre source.
"Au vu de la situation actuelle, nous avons importé massivement durant les dix premiers mois de l’année, dépassant de plus de 80% le niveau à la même période de l’année 2021."
"On peut dire que c’est une année un peu spéciale. L’orge, le maïs et l’avoine notamment ont pris 30% en volume, par exemple. La facture était donc salée par rapport à 2021, vu le renchérissement des matières premières."
8 MMDH supportés par l’État
"On dispose actuellement d’un stock de céréales qui varie entre deux et six mois. Il n’est pas homogène car il diffère d’un opérateur à un autre", nous informe le président de la FNM, qui se veut rassurant. "Il n'y a donc pas d'inquiétude au sujet de l'approvisionnement national. Les importateurs, qui sont de grands moulins, disposent d’un stock appréciable pour assurer l’approvisionnement du pays." Il précise que "25% à 30% des moulins font 80% du marché".
Abdelkader Alaoui souligne qu'"il n’est pas évident de constituer un stock de sécurité avec la flambée des prix sur le marché international, mais nous devons assurer la disponibilité des céréales, quels que soient leurs prix."
"L’Etat a d’ailleurs mis la main à la poche en subventionnant le différentiel entre le coût d’importation et le prix de cession à la minoterie, qui est aux alentours de 270 DH par quintal. Il a ainsi engagé environ 8 milliards de DH" durant les dix premiers mois de 2022.
L’importation maintenue à un rythme soutenu
"L’importation va ainsi être maintenue à un rythme soutenu jusqu’au mois d’avril ou mai, en attendant d'y voir plus clair, et notamment de savoir si une bonne production se dessine à l’avenir."
"On reste donc dans une année d’importation, afin de compenser la faible production nationale, notamment en blé tendre, qui est une denrée essentielle, la plus utilisée, et qui représente 90% de nos écrasements", conclut-il, en assurant "qu'aucune rupture des stocks ne se profile à l'avenir. Il n'y a donc pas d'inquiétude quant à l'approvisionnement du pays".
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