Pétrole. Comment se comportera le prix du baril en 2023 ?
Selon une enquête réalisée par Reuters auprès de trente économistes mondiaux, le marché du pétrole restera à l’équilibre cette année, avec une moyenne des cours de 89,37 dollars, contre une moyenne de 99 dollars en 2022. Un consensus qui ne prend pas en compte la fin de la politique du zéro Covid en Chine, qui risque de faire passer les cours à plus de 100 dollars au deuxième semestre selon plusieurs analystes.
Prévoir la tendance des prix du pétrole est comme jouer à la roulette russe. Un jeu incertain tellement les facteurs qui peuvent influer sur le cours des choses sont nombreux et improbables. Mais en partant des données actuelles, un consensus a été établi par une enquête réalisée par Reuters auprès de trente économistes mondiaux et publiée le 30 décembre.
Les résultats de cette enquête suggèrent que les cours du baril de Brent devraient s’établir à 89,37 dollars en moyenne cette année, contre une moyenne de 99 dollars en 2022. En novembre, ce consensus des économistes avançait une prévision de 93,65 dollars pour 2023. Ce qui indique que les prévisions évoluent à la baisse semaine après semaine.
Principale raison évoquée par les économistes consultés par Reuters, la récession mondiale et la baisse de la demande qui s’ensuivra.
« Nous nous attendons à ce que le monde entre en récession en 2023, lorsque les effets de l'inflation élevée et de la hausse des taux d'intérêt se feront sentir », explique ainsi Bradley Saunders, économiste adjoint chez Capital Economics.
La lutte contre l’inflation et la baisse de la demande mondiale
Cette tendance à la baisse n’est pas nouvelle. Depuis l’éclatement du conflit en Ukraine, le pétrole a frôlé en 2022 un pic proche de 140 dollars en mars. En juin, le Brent évoluait encore nettement au-dessus de 120 dollars, mais les cours ont ensuite chuté au point qu’aujourd’hui le baril s’échange sous les 80 dollars (78 dollars à l’heure où ces lignes sont écrites), miné notamment par la dégradation de la conjoncture économique sous l’effet du resserrement monétaire opéré un peu partout dans le monde pour lutter contre l’inflation.
Cette tendance devrait se poursuivre en 2023 selon les experts du secteur. En plus des effets monétaires sur l’économie, cette tendance est appuyée également par la flambée des cas de Covid en Chine qui menace la croissance de la deuxième économie mondiale et la demande pétrolière du pays, premier importateur mondial de brut.
Le tout, avec un léger effet attendu des nouvelles sanctions occidentales visant le plafonnement à 60 dollars du prix d’achat du pétrole russe. Un impact qui sera minime, selon l’enquête de Reuters, même si le président russe Vladimir Poutine a signé, fin décembre, un décret interdisant à partir du 1er février, et pour cinq mois, les exportations de pétrole russe vers les pays qui ont imposé un plafonnement tarifaire.
« Nous n'attendons pas d'impact du plafonnement du prix du brut russe, qui a été conçu pour donner un pouvoir de négociation aux acheteurs des pays tiers », signalent les analystes de Goldman Sachs.
Voilà globalement les variables qui ont fondé ce consensus mondial sur la stabilité des prix du baril en 2023, ou du moins de la faible probabilité d’une nouvelle hausse vertigineuse de son prix. Ce qui est une bonne nouvelle pour un pays comme le Maroc, dont la facture énergétique sera nettement soulagée par rapport à 2022, avec une poursuite de la détente des prix des hydrocarbures à la pompe.
La fin des confinements en Chine risque de tout chambouler
Mais tout peut changer à n’importe quel moment, notamment avec la variable 'Chine' qui est en train de chambouler toutes les prévisions. Avec la fin de la politique du zéro Covid et la réouverture complète du pays, les cours peuvent facilement grimper à partir du deuxième trimestre de l’année, alertent plusieurs analystes. Surtout que l’offre n’est pas appelée à augmenter entre-temps. Certains prévoient déjà une hausse du cours du baril à 115 dollars à la fin 2023…
La reprise de l’activité économique en Chine, où les autorités ont sensiblement assoupli cette semaine les restrictions sanitaires, constitue le plus important catalyseur d’une future hausse du baril, selon les analystes du marché.
UBS anticipe par exemple une progression du PIB de la Chine de 5% en 2023. Ce qui signifie qu’une forte croissance de la demande de la deuxième économie mondiale pourrait survenir dès les prochains mois, conduisant de manière mécanique à un stress important sur le marché du pétrole, surtout quand l’offre ne suit pas.
La banque d’affaires anticipe ainsi un baril de Brent à 110 dollars dès mars prochain tandis que Bank of America le voit s’élever à 100 dollars en moyenne sur l’année.
« Il existe des facteurs de hausse, mais aussi de baisse pour le pétrole en 2023 », nuance Raphaël Dubois, analyste pétrole et gaz chez Société Générale, cité dans l’enquête Reuters. « Nous avons pour hypothèse de travail un cours moyen de 85 dollars le baril, ce qui reste prudent, mais il faut rappeler que le marché connaît une volatilité effarante », souligne-t-il.
Des prévisions, en somme, qui établissent une fourchette de prix allant de 85 dollars à 115 dollars au maximum. Ce qui reste plutôt rassurant par rapport à l’évolution stratosphérique des cours en 2022…
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