Les enjeux et problématiques des transferts de fonds de la diaspora africaine débattus à Rabat
Les transferts de fonds de la diaspora africaine étaient au cœur du Forum de Rabat, coprésidé par le Maroc et le Togo, ce jeudi 12 janvier. Plusieurs thématiques y ont été abordées, dont la réduction des coûts de transfert de fonds, la contribution de la diaspora au développement en Afrique, le cadre réglementaire et opérationnel des transferts...
Ce forum, dont les travaux se sont tenus le jeudi 12 janvier à Rabat, vise à mener une réflexion d’ensemble sur les leviers et mesures à même de soutenir la dynamique des flux de transferts de fonds de la diaspora africaine, tout en accélérant les efforts de réduction des coûts qui y sont associés.
La diaspora africaine forme aujourd’hui la sixième région du continent, avec une population totale de plus de 150 millions d’individus en 2021, et des transferts de fonds vers le continent qui n’ont cessé d’augmenter pour atteindre les 95,6 milliards de dollars en 2021, dont 10 milliards au Maroc, a souligné Nasser Bourita à l'ouverture du forum.
Le ministre a rappelé que cette diaspora n’était pas seulement un pourvoyeur de fonds, mais aussi un gage de stabilité économique pour le continent, sa contribution dépassant même l’aide publique au développement et les IDE.
Concernant le Royaume, les recettes en provenance des Marocains du monde ont enregistré un bond historique de 37% en 2021 et de 13% en 2022. Elles ont ainsi atteint 8% du PIB, financé plus du tiers du déficit commercial et représentent près de 20% des ressources collectées par les banques, a précisé le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, intervenant lors du forum.
Des coûts de transfert élevés
Le forum a mis en exergue une réalité déplorable : les coûts des transferts de la diaspora vers l'Afrique sont "les plus chers au monde", a indiqué Nasser Bourita.
Selon le rapport trimestriel de la Banque mondiale sur les tarifs des transferts de fonds à l’échelle mondiale, le coût moyen d’un envoi de fonds vers l’Afrique subsaharienne sur le 3e trimestre 2022 est de 8,46%. "Bien que ce coût ait baissé à l’instar de la tendance globale, ce corridor demeure largement le plus onéreux, comparativement à la région MENA avec 6,15% et à la moyenne mondiale qui s’affiche à 6,3%. Sur certains corridors intra-continent, le coût dépasse même 15%", a confirmé pour sa part Jouahri.
"A ce titre, nous ne pouvons que saluer la décision du G20 de retenir, dans sa feuille de route d’amélioration des paiements transfrontaliers, l’objectif de ramener le coût moyen d’un transfert à 3% à l'horizon 2030 et de faire en sorte qu’aucun corridor de transfert n’affiche un coût moyen supérieur à 5%."
Cela fait de cette problématique "un sujet fondamental" et "une priorité pour le continent", a fait savoir Bourita, appelant à traduire les débats en politique volontariste, à travers la réflexion sur des mesures pragmatiques concernant les outils technologiques, à l’instar du digital, la mise en place d’un cadre juridique cohérent et d'un environnement propice à la concurrence entre les prestataires.
Une action concertée pour agir sur ce dossier
Le Forum de Rabat ne cherche pas seulement à débattre de la problématique, mais plutôt à constituer un cadre de prise d'initiative en aboutissant aux "Conclusions de Rabat", reprenant les recommandations issues des travaux des sessions plénières, avec l'instauration d'un comité de pilotage en vue de soutenir les États africains dans leurs actions visant la réduction des coûts de transfert d'argent de la diaspora africaine vers leur continent d'appartenance.
"Ce forum marque la transition d’un discours politique et diplomatique vers une approche plus pragmatique", a indiqué Nasser Bourita, soulignant la nécessité de "gérer de façon concrète et tangible les questions liées au transfert de fonds de la diaspora".
Ainsi, les recommandations objet des "Conclusions de Rabat" sont à proposer au Sommet de l'Union africaine (UA), prévu en février 2023, en vue de parvenir à une décision de l'UA destinée à favoriser et à dynamiser les transferts de fonds de la diaspora africaine vers le continent, notamment via la réduction de leur coût.
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