Transport touristique : ce que réclame la profession pour éviter de nouvelles faillites
La Fédération nationale des transporteurs touristiques déplore que les établissements de crédit n’aient pas respecté l’accord signé en décembre 2021, qui prévoyait notamment un report des échéances. A l’issue d’une rencontre avec la ministre du Tourisme, ses représentants ont obtenu des assurances pour mettre un terme aux dépôts de bilan.
Lors d’une réunion tenue jeudi 26 janvier avec la Fédération nationale des transporteurs touristiques (FNTT), la ministre du Tourisme, Fatim Zahra Ammor, s’est engagée à convaincre les établissements de crédit de respecter les termes de l’accord de décembre 2021. Cet accord prévoyait de reporter le paiement des crédits pour éviter aux transporteurs touristiques de nouvelles faillites après les 50 dépôts de bilan enregistrés en 2022.
Et pour cause, un an après la reprise qui a suivi la réouverture des frontières, de nombreux transporteurs touristiques endettés depuis le 20 février 2020, sont confrontés à des assignations d’huissiers pour rembourser la totalité de leurs crédits, voire à des saisies de véhicules qui signeraient leur faillite.
"400 transporteurs touristiques menacés de faillite"
Afin d’éviter un tel scénario, Mohamed Bamansour, secrétaire général de la Fédération nationale des transporteurs touristiques (FNTT), s’est réjoui de la rencontre de ses membres avec la ministre du Tourisme, durant laquelle "tous les problèmes actuels de la profession" ont été présentés.
"Au total, 60% du parc a été acquis à crédit, et 25% des 1.660 sociétés répertoriées – soit 400 transporteurs – sont confrontées à un risque de dépôt de bilan en raison des relances incessantes de remboursement des organismes de crédit", révèle Mohamed Bamansour.
S'il souscrit à la volonté du département des transports d’édicter un nouveau cahier des charges pour ceux qui veulent créer une entreprise de transport touristique, Bamansour a également fait part à la ministre de la nécessité préalable de sauver de la faillite les entreprises déjà existantes.
"Les créanciers n’ont pas respecté l’accord de décembre 2021"
Pour cela, il a été convenu de faire respecter le protocole signé le 7 décembre 2021 par son ministère, les organismes de crédit et le Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM). Ce protocole prévoyait que tous les transporteurs à jour de leurs mensualités avec leurs créanciers avant le 28 février 2020, avaient le droit de reporter leurs échéances.
Un engagement dont plusieurs créanciers pressés sont passés outre, ce qui a conduit de nombreux transporteurs touristiques à réclamer le report de leurs dettes dans des procédures de contentieux, malgré une forte reprise de l’activité durant les fêtes de fin d’année, et celle à venir durant les mois de mars, avril et mai.
"50 faillites en 2022 et des saisies qui se poursuivent en 2023"
"La plupart des sociétés endettées sont en mesure de rembourser les mensualités de départ. Le vrai problème, c’est que leurs créanciers réclament le remboursement de la totalité du reliquat des crédits alloués pour l’achat des véhicules", s’indigne Mohamed Bamansour. Certains ont reçu des avis pour rembourser la totalité des créances comprises entre 400.000 et 1 million de dirhams, précise-t-il.
Incapables de générer un chiffre d’affaires suffisant pour s’acquitter de leurs dettes, une cinquantaine de sociétés ont fait faillite en 2022, et quelques-unes des 800 entreprises débitrices ont été obligées de vendre une partie de leur parc pour éviter la saisie de quatre véhicules, dont a été victime en janvier une société de transport sise à Marrakech, indique encore Mohamed Bamansour.
"1.010 dossiers en contentieux"
Fatim Zahra Ammor, qui souhaite éviter la multiplication des dépôts de bilan, a réclamé à ses interlocuteurs la liste des 1.010 dossiers de crédit en contentieux concernés par le protocole, dans le but de faire respecter ses termes par les créanciers. Ces derniers s’étaient engagés à reporter leurs traites avec un échéancier supportable pour les finances des transporteurs touristiques.
Sans intervention ministérielle pour convaincre les organismes de crédit de rétablir un remboursement mensuel, Mohamed Bamansour affirme que les entreprises endettées seront obligées de vendre l’actif immobilier de leur propriétaire, et plus probablement, de mettre la clé sous la porte.
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