Une nouvelle stratégie pour la société civile lancée prochainement
Avec plus de 240.000 associations, le Maroc est parmi les pays de la région sud méditerranée où la société civile est la plus active. Toutefois, en l'absence d'une stratégie publique pour le développement de ce potentiel, les problématiques s'accumulent. Pour y remédier, le gouvernement s'apprête à lancer une nouvelle stratégie. Détails.
Le gouvernement s'apprête à lancer sa nouvelle stratégie destinée à la société civile. Selon Hamid Benchrifa, directeur des relations avec la société civile au sein du ministère délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le parlement, cette nouvelle stratégie devrait être annoncée officiellement dans les prochains jours.
Au menu, la création d'un statut de l'employé associatif pour promouvoir l'emploi dans ce tiers secteur économique et l'accélération de la digitalisation de la société civile, notamment à travers un portail national devant être lancé à la fin de l'année à la faveur d'un partenariat avec l'UE.
Selon Benchrifa, intervenu lors du Forum Euro-marocain pour la mise en place d'un dialogue multipartite Etat-institutions constitutionnelles-UE-société civile, organisé à Rabat le 10 février par le Forum des Alternatives Maroc, cette stratégie vient après un diagnostic de 3 ans.
Ce dernier a été basé sur la revue de l'ensemble des rapports publics publiés concernant l'action associative ainsi que les études publiées par la société civile, notamment la Dynamique de Rabat, une plateforme rassemblant plus de 1.500 associations et réseaux. Le diagnostic s'est aussi basé sur le benchmark de la situation de la société civile de 21 pays d'Europe, notamment de l'Est, d'Afrique et d'Amérique Latine.
Constat alarmant
Et les constats sont assez accablant:
- Le manque de coordination entre les départements gouvernementaux et les organisations de la société civile. En effet, pas moins de 10 ministères financent des associations chacun selon sa propre stratégie et sans concertation. Un décret devra être introduit dans le circuit législatif dès la semaine prochaine pour mieux structurer cette coordination et la mettre sous la tutelle du chef du gouvernement.
- La faiblesse des données sur la société civile, notamment les associations réellement actives et leur domaine d'activité.
- La faiblesse des moyens dont disposent les associations malgré leur rôle constitutionnel important.
- La faiblesse du nombre des associations doté du sésame de l'"utilité publique" leur permettant notamment de bénéficier d'avantages fiscaux et de la capacité de recourir à l'appel public au don. Seules 240 associations détiennent le fameux statut contre 240.000 associations autorisées par l'Etat.
- La faiblesse de l'utilisation du potentiel d'emploi de la société civile. En France, par exemple, 10% des emplois privés sont générés par des associations dont le nombre avoisine 1,4 million.
- La faiblesse de l'encadrement des financements publics des associations en plus de la limitation des relations entre Etat et société civile au simple aspect financiers.
- La faiblesse de la mise en place des mécanismes de la démocratie participative mise en place par la constitution et les lois organiques de 2015.
L'objectif de la stratégie du gouvernement est, dans ce sens, de renforcer le rôle de la société civile dans le développement tout en promouvant son indépendance et sa structuration. Une stratégie déclinée en cinq axes à savoir:
-une meilleure coordination entre les acteurs publics,
- une meilleure structuration de la société civile comme partenaire du développement,
- renforcement des financements et de leur efficacité,
- accélération de l'adoption de l'environnement réglementaire,
- la digitalisation de la société civile comme levier d'accélération.
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