France : des ouvriers agricoles marocains privés de salaires depuis six mois
À Lamothe-Montravel, en Dordogne, des associations se mobilisent pour venir en aide à des travailleurs saisonniers marocains, privés de salaires depuis septembre dernier et logés dans des conditions insalubres, rapporte France 3 Régions.
Des centaines d’ouvriers agricoles marocains sont chaque année recrutés par des agriculteurs français. Les exploitants recourent au savoir-faire de ces travailleurs, qui y voient une bonne opportunité financière. Mais ce deal gagnant-gagnant n’est pas sans accroc.
En 2018, plusieurs scandales avaient éclaté en Espagne, mettant à nu les dérives des employeurs liées notamment aux conditions précaires des cueilleuses de fraises marocaines dans la région de Huelva, en Andalousie, victimes de maltraitance et d’abus sexuels.
Cette année, des ouvriers agricoles marocains en France sont à leur tour victimes des dérives de certains employeurs, d’après un reportage de France 3 Régions. Plus précisément à Lamothe-Montravel, en Dordogne. Christophe Delgado, membre de l’association "Cœur de Bastide", milite pour améliorer les conditions de logement et de travail de neuf ouvriers viticoles marocains.
Salaires non versés et logements insalubres
L’affaire a fait tellement de bruit que le vendredi 24 février, la préfecture de Dordogne a confirmé à France 3 Régions qu’une "enquête a été ouverte sous l’égide de la procureure de la République de Bergerac". En cause, des salaires non versés et un logement insalubre. Spécialiste en droit du travail à l’association "Cœur de Bastide", Michel Delgado indique que les travailleurs marocains n’ont pas reçu leurs salaires depuis septembre 2022.
"Ils sont en situation régulière et possèdent des cartes de séjour françaises et espagnoles", ajoute le militant associatif. "Ils ont déjà travaillé dans des châteaux dans le Monbazillac, à Pessac-sur-Dordogne, à Castillon… et ont tous des papiers jusqu’en 2025", assure-t-il.
Selon lui, l’employeur mis en cause par les salariés marocains n’en est pas à son coup d’essai. "Il avait dans le temps une entreprise viticole, passée en liquidation judiciaire en août dernier", précise Michel Delgado. "Il a monté une autre activité avec un numéro de Siret qui ne correspond pas à l’activité agricole qu’il fait faire. Il est coutumier du fait", insiste-t-il.
"Deux des neufs travailleurs se sont rendus chez leurs employeurs pour réclamer leurs salaires. C’est à ce moment qu’ils ont été menacés avec des fusils", assure Michel Delgado. Raison pour laquelle ils ont porté plainte le jeudi 23 février à la gendarmerie de Vélines.
Rachid, le frère de l’un de ces travailleurs, a lui aussi témoigné dans le reportage de France 3 Régions. Il explique avoir porté plainte contre le même employeur en 2022, car il avait également été menacé. Mais selon lui, ces plaintes n’auraient pas été validées.
Joint par France 3 Régions, l’employeur en question, qui se pose en victime, se dit "sous la menace d’une quinzaine de personnes qui squattent un bâtiment qui appartient à [son] épouse", situé à trois cents mètres de son domicile.
"Ils m’ont menacé physiquement à plusieurs reprises, ils ont tapé ma femme et mon fils et nous avons peur d’eux. Nous ne sortons de la maison que rarement. L’endroit où ils squattent est une zone de non-droit et je ne peux pas y rentrer", a déclaré l’employeur. Il devrait être entendu par les gendarmes de Vélines la semaine prochaine.
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