Round Up. Les détails du nouveau modèle de développement de la pêche et de l’aquaculture continentale
Systèmes de productions aquacoles innovants, Conseil national de la pêche et de l’aquaculture continentales, planification régionale… L’Agence nationale des eaux forêts (ANEF) fait le point sur le nouveau modèle de développement de la pêche et de l’aquaculture continentales (2023-2030).
Pour Abderrahim Houmy, directeur de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), "la pêche et l'aquaculture continentales sont des activités stratégiques aux potentialités sous-exploitées". Raison pour laquelle l’ANEF a élaboré un nouveau modèle de développement couvrant la période allant de 2023 à 2030 en vue d'améliorer les performances d'un secteur où cohabite la pêche commerciale, l'aquaculture et la pêche de loisir.
Ce modèle de développement, qui s’inscrit dans la stratégie "Forêts du Maroc 2020/2030", a été présenté au siège de l’ANEF, à Rabat, ce mardi 28 février et repose sur trois piliers :
- Différencier et développer les espaces aquacoles selon leur vocation ;
- Professionnaliser et moderniser les métiers liés à la pêche et l’aquaculture continentales ;
- Réinventer et structurer l’approche participative.
Le modèle de développement de la pêche et de l’aquaculture continentales au Maroc répond également aux défis de l’adaptation aux effets des changements climatiques via des systèmes de production aquacoles innovants et résilients.
L’objectif est aussi de gérer durablement les ressources piscicoles et de générer des bénéfices au profit des populations locales. Pour y parvenir, des plans régionaux de développement des activités de la pêche et de l'aquaculture continentales sont en phase d’élaboration.
A ce titre, un projet de décret relatif au schéma régional de développement et de gestion de la pêche et de l’aquaculture continentales est prévu. "On espère qu’il rentrera en application avant la saison prochaine", indique Abderrahim Houmy.
"Ce projet de décret est un outil important pour catalyser le développement de la pêche et de l’aquaculture continentales et l’orienter vers les filières les plus porteuses du point de vue socio-économique", assure-t-il. On peut en dire autant concernant le projet de décret relatif au Conseil national de la pêche et de l’aquaculture continentales.
L'ANEF mise sur une gestion intégrée
Le Conseil national de la pêche et de l’aquaculture continentales aura pour mission d’apporter son concours à la détermination de la politique gouvernementale dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture continentales, en proposant des mesures visant le développement équilibré et durable du secteur.
Ce conseil devrait être composé de représentants des départements de l’agriculture, des finances, de l’intérieur, de la santé, de l’environnement, de l’eau et du tourisme, ainsi que ceux des établissements publics et scientifiques (ONSSA, ANDA, INRH et ONEE).
En outre, un représentant de chacune des régions concernées par les schémas régionaux de développement de la pêche et de l’aquaculture continentales siègera au Conseil. Au même titre que huit représentants des différentes organisations professionnelles de la pêche et de l’aquaculture continentales les plus représentatives dans leur branche d’activité.
Par ailleurs, deux autres projets de décrets sont en attente d’adoption : le projet ayant trait aux règles générales d’exercice de la pêche continentale, catégories de permis de pêche, et celui lié à l’aquaculture continentale qui précise les formes et modalités de délivrance et de renouvellement des autorisations d’exploitation d’unité aquacole continentale.
Ainsi, l’ANEF place-t-elle beaucoup d’espoir dans ce modèle de développement à même d’améliorer les résultats d’un secteur dont les performances sont en-deçà de ses potentialités.
2.598 permis de pêches vendus en 2022
En termes de permis de pêche vendus lors de la saison 2022-2023, 2598 permis ont été cédés, que ce soit au niveau de la pêche "No Kill" (pêcher puis relâcher le poisson) ou d’autres évènements de pêche, à raison de 600 DH par permis de pêche. Un prix jugé élevé par la majorité des 120.000 pêcheurs que compte le Maroc, dont moins de 30% possède le précieux sésame.
Durant l'année 2022, cinq millions d'alevins de poissons ont été produits pour assurer le repeuplement et la survie de plusieurs espèces. D'ailleurs, dans le cadre du développement de la salmoniculture, 2.29 millions d’alevins de truite arc en ciel ont été relâchés dans les cours d’eau et plans d’eau à permis spéciaux.
Concernant le repeuplement favorisant la pêche sportive dans les lacs naturels et les retenues de barrage, 950 millions d’alevins de brochets ont été relâchés, au même titre que 1,7 millions d’alevins de Black Bass. S’agissant des percidés, l’ANEF a aménagé un circuit fermé au niveau de la station Amghass (Azrou), en plus de la production de 28.000 alevins de sandre déversés dans les cours d’eau de Aguelmam Sidi Ali et Ouiouane.
Au total, 20 cours d’eau, 14 lacs naturels et plans d’eau et 16 retenues de barrages ont été ciblés la saison écoulée par l'ensemble des actions de l’ANEF.
Préservation de la truite et de l’anguille
En plus de la pisciculture de repeuplement, plusieurs projets pour la préservation de la biodiversité aquatique ont été réalisés l'année dernière. A l'instar du Plan d’action national pour la conservation de la truite fario qui s’articule autour de la conservation des populations de truite fario et les habitats qualifiés d’importance critique.
A ce titre, les sites de la truite fario qui se situe notamment dans les zones montagneuses du pays, ont été classés selon trois catégories :
- Catégorie 1: site conforme (gestion patrimoniale)
- Catégorie 2: moyennement conforme (réhabilitation)
- Catégorie 3: gestion halieutique
L’anguille est également visée par un plan de gestion qui se décline à travers l’évaluation des stocks d’anguille, le suivi de la dynamique des populations et la mise en œuvre des actions prioritaires pour la gestion durable de l’espèce. En ce sens, une autorisation de pêche à l’anguille (Pass) a été instaurée au niveau du barrage de garde de Sebou.
750 tonnes produits par dix unités aquacoles en 2022
L'avènement de l’aquaculture continentale au Maroc date de 1924, à l'occasion de la création de la station piscicole d'Azrou, dont l’objectif était de promouvoir la pêche sportive par le biais de la reproduction et du déversement d'alevins de poissons à haute valeur nutritionnelle et économique, notamment dans des lacs du moyen Atlas.
Un siècle plus tard, l'aquaculture de production est portée par le secteur privé, avec 750 tonnes de truites, tilapias, anguilles et carpes, produites dans 10 unités aquacoles. Ces unités ont contribué à la création d’emplois aussi bien permanents (120 postes) que saisonniers (46.000 jours de travail).
L’ANEF a mis en place un programme de pisciculture à petite échelle qui a couvert l'année 2022, en vue d'accroître la croissance de l'aquaculture de production, d’abord en apportant un appui aux coopératives locales pour la promotion de l’aquaculture en cages flottantes.
Des alevins ont ensuite été produits avec le concours du centre national d’hydrobiologie et de pisciculture d’Azrou, en plus d’une assistance à la reproduction naturelle in situ au niveau des enclos flottants. Des cages flottantes ont été mises à la disposition des pisciculteurs, ainsi que des aliments de poissons et des barques avec moteurs.
L’assistance technique se décline sous formes de sessions de formation sur la confection des cages flottantes, l’aquaculture du tilapia en cages flottantes et le conditionnement de poissons. Sans oublier un accompagnement technique sur la conduite d’élevage depuis la mise en charge jusqu’à la production des poissons de taille commerciale.
En 2022, les plans d’eau ciblé par ce programme étaient les barrages d’Al Massira (province de Rhamna), Al Wahda (province de Ouazzane), Sidi Chahed (province de Fès), Idriss 1e (province de Taounate) et Machraa Hammadi (province de Taourirt).
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