Crowdfunding, les dessous du “retard à l’allumage”
Les acteurs qui ambitionnent d’évoluer dans les activités de dons ou de prêts ne peuvent toujours pas déposer leur dossier de demande d’agrément pour la création d’une société de financement collaboratif auprès de Bank Al-Maghrib. Eclairage.
Le démarrage du crowdfunding, ou financement collaboratif, est très attendu par les porteurs de projets en la matière, mais pas seulement. L’écosystème entrepreneurial (entreprises et startups) est friand de sources alternatives de financement. Or, le retard à l’allumage de cette activité, qui sera portée par les sociétés de financement collaboratif, interpelle à plus d’un titre.
Pour rappel, Bank Al-Maghrib (BAM) a publié en mai 2022, sur son site internet, neuf circulaires indispensables à l’opérationnalisation de l’activité du financement collaboratif pour les catégories dons et prêts, censées profiter également aux associations, aux coopératives et aux initiatives de la société civile.
De son côté, en tant que régulateur, l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a également rendu public un dispositif réglementaire afférent à l’activité de l’investissement. Concernant le retard de l’opérationnalisation de ce financement alternatif, qui a fait ses preuves sous d’autres cieux, notre source nous en explique les principales raisons.
L’incertitude sape le moral des entrepreneurs
"Dans la foulée de la publication des décrets d’application, en mai 2022, Bank Al-Maghrib a publié sur son site internet neuf circulaires relatives aux demandes d’agrément. En décembre 2022, les arrêtés ministériels ont été publiés au Bulletin officiel. La dernière séquence devrait consister en la publication des neufs circulaires de la Banque centrale et celles de l’AMMC au Bulletin officiel", explique notre interlocuteur.
Concernant l’activité des dons et des prêts, il souligne que la non-inscription des neufs circulaires de BAM au Bulletin officiel place la Banque centrale dans l’incapacité de recevoir officiellement les dossiers de demande d’agrément pour la création de société en financement collaboratif. "Suite à nos sollicitations, le régulateur avait assuré que la publication des neuf circulaires au Bulletin officiel interviendrait entre janvier et mars 2023. Mais au regard de la situation, ce délai risque de ne pas être respecté", confie l’entrepreneur.
Notre source est formelle : il existe aujourd’hui un vrai sujet de délai concernant le démarrage de l’activité du crowdfunding.
"Nous devons faire face à beaucoup de dépenses, liées entre autres à l’évolution de l’implémentation de la plateforme de collecte, censée être opérationnelle cette année. Eu égard à l’incertitude qui prévaut, nous avons décidé de renoncer à certaines dépenses importantes en attendant d’y voir plus clair", poursuit notre source.
Cette dernière fait part d’un sentiment croissant de démotivation auprès des entreprises qui devront lancer les plateformes de collecte et de financement. "Il faut que les autorités en charge du dossier du financement collaboratif rassurent les opérateurs en leur indiquant un calendrier clair. D’autant que les acteurs sont généralement de petites structures qui n’ont pas encore une assise financière très solide leur permettant d’engager des frais sans activité", alerte notre source, qui parle d’une véritable course contre la montre pour le lancement du crowdfunding au Maroc.
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