Transporteurs touristiques : un retour à la normale retardé par des facteurs conjoncturels et structurels
Selon le président de la Fédération nationale des transporteurs touristiques, la crise sera dépassée au plus tard début 2024. À cet effet, Mohamed Bamansour demande au ministère de tutelle de prendre en considération les revendications conjoncturelles et structurelles du secteur du transport touristique dans la feuille de route ministérielle. Explications.
"En janvier dernier, notre réunion avec la ministre de tutelle a permis de régler les problèmes d’endettement de 15% du secteur, qui compte au total 1.811 transporteurs touristiques, en rééchelonnant leurs traites avec l’aide du GPBM", s’est félicité le président de la Fédération nationale des transporteurs touristiques (FNTT). Mohamed Bamansour ajoute que la fédération leur a aussi proposé des solutions directes de report avec les organismes de crédit.
"15% du secteur toujours à l’arrêt pour des considérations financières"
Hormis ces 270 sociétés confrontées à des problèmes d’endettement, qui devraient retrouver progressivement un équilibre financier, notre interlocuteur révèle que la même proportion d’entreprises, nouvellement créées à partir de 2020, n’ont toujours pas pu démarrer leur activité.
"Entre les organismes de crédit devenus beaucoup plus méfiants pour financer un nouveau parc automobile, et les prix des véhicules qui ont explosé, une partie non négligeable du secteur du transport touristique ne peut pas démarrer son activité, faute d’outil de travail disponible", pointe Mohamed Bamansour, pour qui la haute saison en cours nécessite davantage de transporteurs.
"Les agences de voyages n’ont pas réglé leurs anciennes factures"
Autre bémol, de nombreuses agences de voyages, qui servent souvent d’intermédiaires avec les donneurs d’ordre étrangers, n’ont pas réglé les prestations réalisées avant le déclenchement de la crise, accuse le président.
Ecartant pour l’instant un recouvrement judiciaire, de nombreux transporteurs sont toujours en négociation pour récupérer le montant de leurs excursions payées d’avance aux agences de voyages.
Le président de la FNTT dénonce les mauvais payeurs qui, non contents de ne pas régler les sommes dues, préfèrent traiter avec d’autres transporteurs, au lieu de s’acquitter de leurs dettes et recourir à leurs prestataires habituels.
"Bénéficier des avantages fiscaux accordés aux taxis"
Confronté à de nombreux problèmes de trésorerie, Bamansour pense que le secteur ne pourra pas profiter de "l’indéniable reprise d’activité" sans des aides directes ou indirectes du ministère de tutelle.
"Quand les transporteurs attendent leurs clients dans les aéroports, ils doivent payer de lourds frais de parking alors que les taxis en sont exonérés", dénonce notre source. "Et comment faire face à la concurrence déloyale de certains hôteliers qui n’hésitent pas à faire appel à des chauffeurs non déclarés ?"
Il réclame un meilleur contrôle étatique des pratiques du secteur informel, ainsi qu’une exonération de la TVA pour ceux qui veulent renouveler leur flotte, à l’instar des propriétaires de taxi qui ont perçu jusqu’à 80.000 dirhams pour acquérir un nouveau véhicule.
"Chèques de voyage et promotions hôtelières pour mettre fin à la saisonnalité du secteur"
S’il reconnaît que les arrivées croissantes participent à un retour progressif à la normale, qui devrait coïncider avec la tenue des assemblées générales de la Banque mondiale et du FMI en octobre prochain, le président de la FNTT appelle à soutenir le secteur qui souffre de saisonnalité. Il propose de développer le tourisme domestique grâce aux chèques de voyage, et de séduire, à travers des promotions hôtelières, de nouveaux marchés étrangers durant la basse saison, synonyme d'inactivité pour les transporteurs.
Ainsi, il invite l’ONMT à ne plus concentrer ses efforts de promotion uniquement en direction des marchés émetteurs classiques (Europe...), mais aussi sur les pays africains qui ne font, selon lui, l’objet d’aucune campagne de communication. Même vœu pour faire revenir le marché chinois qui avait été à l’origine d’arrivées considérables après la levée des visas.
Déplorant le fait que le transport touristique n’ait pas fait partie des priorités de la feuille de route, Bamansour conclut que le Maroc ne sera pas à même d'accueillir 17 millions d’arrivées à l’horizon 2026 en s'en tenant exclusivement au développement de son offre hôtelière et aérienne.
à lire aussi
Article : Experts judiciaires : feu vert de la Chambre des représentants au nouveau cadre juridique
Soutenu par la majorité, le texte introduit un encadrement plus strict des missions d’expertise, avec des obligations de formation et un dispositif disciplinaire renforcé.
Article : Réhabilitation des mosquées : près de 2 milliards de dirhams supplémentaires nécessaires
Quelque 1.439 lieux de culte restent aujourd’hui fermés à travers le Royaume pour cause de vétusté ou de non-conformité, tandis que plus de 550 font l’objet de travaux, selon le ministre des Habous, qui a détaillé devant le Parlement l’état d’avancement du programme national.
Article : Four governments, one economy. Comparing macroeconomic performance
Growth, inflation, debt, employment and external performance: Médias24 compares the macroeconomic records of the last four governments through a structured analysis of Morocco’s main economic balances and their evolution over time.
Article : Céréales : le Maroc table sur une récolte de près de 90 Mqx
La production céréalière au titre de la campagne agricole 2025-2026 devrait approcher les 90 millions de quintaux, a annoncé le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Ahmed El Bouari.
Article : To accelerate its transformation, OCP overhauls its internal organization and reshapes its top leadership
On April 11, OCP Group launched a sweeping internal reorganization aimed at overhauling its decision-making architecture and strengthening its execution capabilities. Built around the creation of two new divisions and accompanied by several appointments, the move is part of a diversification strategy into sectors that have become critical to its future competitiveness.
Article : Corral–Maroc : Au CIRDI, le recours en annulation bientôt tranché
Au CIRDI, la procédure d’annulation engagée par le Maroc contre la sentence rendue dans le litige avec Corral touche à sa phase finale. Après le dépôt des mémoires post-audience et des états de frais, les parties s’attendent désormais à la décision du comité ad hoc.