IMME : Tarik Aitri réagit vivement aux propositions de délégation de paiement de la fédération
Suite à certaines suggestions de mesures de Hamid Souiri pour lutter contre les difficultés des opérateurs de l’industrie métallurgique, l’ancien président de la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques, Tarik Aitri, monte au créneau, notamment en ce qui concerne les délégations de paiement.
Fortement exposé à l’inflation et aux difficultés structurelles, le secteur de la métallurgie se porte mal. Il y a quelques jours, dans un échange avec Médias24, le président de la Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (FIMME), Hamid Souiri, a formulé quelques solutions pour protéger les acteurs locaux de cette industrie.
Il a notamment suggéré la mise en place d’une délégation de paiement. Il s’agit d’un mécanisme de financement aux entreprises qui permet de déléguer le processus de paiement de leurs fournisseurs à un tiers. En somme, elle permet à un donneur d’ordres de payer directement les fournisseurs d’une société de construction pour les achats de matériaux nécessaires à l’ouvrage.
Une suggestion qui a fait vivement réagir l’ancien président de la FIMME, Tarik Aitri, qui la juge "injuste et inappropriée". Contacté, il nous explique : "La plus grande erreur que la fédération peut commettre, c’est de promouvoir des solutions ad hoc à des entreprises spécifiques. Personne dans le secteur – mis à part une entreprise en redressement – ne réclame cette mesure absurde. Demander au client une délégation de paiement ou payer des fournisseurs, c’est mettre à nu la stratégie commerciale des industriels."
"Si une entreprise ne peut pas faire face à ses dépenses, c’est l’effet d’une mauvaise gestion et non pas d’un problème structurel. C’est très grave que la FIMME porte des messages biaisés pour rendre service aux amis du bureau. Il est hors de question de recourir à des solutions aussi simplistes ; des solutions que l’ancien bureau a refusé de porter pour cause de conflit d’intérêts."
Pour tenter de remédier aux maux du secteur, notre interlocuteur met plutôt en avant la préférence nationale ou l’abrogation du cautionnement bancaire. "Mis à part cela, c’est de l’excès de zèle et une perturbation des règles concurrentielles. Une entreprise saine qui répond à un appel d’offres inclut les frais financiers dans son offre, et si l’on incite une entreprise à recourir à cette absurdité, elle gagnera 7% à 9%. La FIMME doit rester une fédération et non pas [devenir] un regroupement d’amis qui cherchent à profiter du système. Si les entreprises commencent à divulguer leurs prix de matière, il sera difficile de cacher la politique commerciale de l’entreprise", poursuit-il. In fine, pour lui, un donneur d’ordres n’a pas à connaître les marges et la politique commerciale d’un prestataire de services.
Il faut également préciser d’où parle notre interlocuteur. Ce dernier est le directeur des opérations de Prominox, entreprise spécialisée dans l’assemblage et le montage mécanique pour les installations industrielles. Sur une certaine branche de son activité, Prominox est concurrente de Stroc Industrie, qui rencontre actuellement des difficultés financières. De fait, si Stroc Industrie venait à bénéficier de ce type d’aides, elle pourrait se repositionner sur certains marchés et gagner en vigueur.
Hamid Souiri réclame des mesures pour stopper l'hémorragie dans les IMME
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