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L’IA vue par Khalil Azzouzi, associé administrateur à Azur Innovation

L’intelligence artificielle connaît des niveaux d’investissements records, avec la promesse d’une révolution de notre quotidien. Khalil Azzouzi, associé administrateur dans le fonds d’investissement Azur Innovation, nous parle de l’usage de cette technologie par les entreprises en général et les startups en particulier, et son impact sur nos économies.

L’IA vue par Khalil Azzouzi, associé administrateur à Azur Innovation
M. E. O.
Le 24 mai 2023 à 10h20 | Modifié 24 mai 2023 à 13h50

De nombreux acteurs, tous secteurs confondus, cherchent à comprendre comment l’intelligence artificielle (IA) peut apporter de la valeur ajoutée à notre économie. Étant donné le battage médiatique autour de cette nouvelle technologie, il est pertinent de soulever une question fondamentale : "Qu’est-ce que l’IA et quel est son rôle ?".

A cette question, Khalil Azzouzi, associé administrateur dans le fonds d’investissement Azur Innovation, répond : "L’IA est un domaine qui combine l’informatique et le traitement des données pour permettre la résolution de problèmes et les prises de décisions. Elle se base sur un ensemble d’algorithmes qui cherchent à créer des systèmes intelligents, qui font des prédictions basées sur un traitement poussé de données". Plus concrètement, il s’agit d’une technologie qui tente de reproduire un aspect plus large de l’intelligence humaine.

Aujourd’hui, tous les secteurs d’activité sont concernés : automobile, santé, grande distribution, médias, finance, industrie manufacturière, cybersécurité, etc. "La taille du marché mondial de l’intelligence artificielle est évaluée à 136,55 milliards de dollars en 2022 et devrait croître à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 37,3% de 2023 à 2030 pour atteindre, in fine, un volume d’affaires de 1.811,75 milliards de dollars", selon le dernier rapport du cabinet Grand View Research, souligne Khalil Azzouzi.

L'effet d'entraînement de l’IA pour la croissance économique

La Banque mondiale estime que l’adoption de l’économie numérique dans les pays de la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) pourrait générer une croissance du PIB par habitant d’au moins 46% sur 30 ans, avec des gains estimés à pas moins de 1.600 milliards de dollars. Le cabinet américain McKinsey, quant à lui, estime que l’IA pourrait générer une croissance du PIB mondial de 1,2% par an jusqu’en 2030. C’est dire tout l’intérêt pour le Maroc d’accélérer sa transition numérique et l’adoption de l’IA par la mise en place d’un cadre incitatif et d’orientations ambitieuse.

L’écosystème IA au Maroc reste naissant, fait remarquer Khalil Azzouzi. L’adoption de l’IA devrait toutefois s’accélérer dans les prochaines années grâce au déploiement de la digitalisation dans de nombreux secteurs d’activités ; déploiement impulsé par la crise sanitaire du Covid et le pivotage du business model d’une bonne partie de nos industries qui s’en est suivi.

Cette tendance lourde devra faciliter l’accès à la donnée et à son traitement, et par conséquent, entraîner un déploiement plus facile des modèles d’IA. Il n’en demeure pas moins que l’écosystème technologique marocain reste "caractérisé par un développement à plusieurs vitesses, certains secteurs étant beaucoup plus en avance que d’autres". Nous ne pourrons pas rester en marge de ce qui se passe dans le monde, prévient Khalil Azzouzi.

Quid de l’IA pour les startups ?

L’IA offre aux startups marocaines des opportunités de développement très intéressantes. Les algorithmes de machine learning et deep learning permettent notamment de mieux comprendre les besoins des consommateurs, de prédire leurs comportements d’achat, d’optimiser les processus de production ou encore de proposer des services et produits innovants et customisés. Par conséquent, ils représentent un gain appréciable en termes d’optimisations des charges et de gains en marges bénéficiaires. Les secteurs de l’automobile, de l’aviation, de la santé, de la finance, de l’agriculture, de la logistique et de l’éducation sont particulièrement concernés par ces avancées technologiques.

Les startups marocaines ont compris l’importance de l’IA dans la création de produits et services innovants pour répondre et anticiper les besoins de leur marché. Notre interlocuteur cite des startups accompagnées par le fonds Azur Innovation qui utilisent l’IA : CloudFret, spécialisée dans le secteur de la logistique ; DataPathology et Click Pharma dans le domaine médical ; KoolSkool dans le secteur de l’éducation ; Agenz dans le domaine de la proptech ; Disklosure pour le traitement intelligent de la donnée RSE des entreprises. Ce sont tous des projets à dimension internationale qui ont l’ambition de se déployer sur plusieurs régions du monde.

"Dans les années 1990, on cherchait à investir dans des projets avec des chaînes de valeur s’appuyant sur l’internet. C’était un maillon révolutionnaire et innovant à l’époque. Aujourd’hui, nous assistons à un nouveau cycle dans l’histoire de l’innovation avec l’apparition de l’IA", explique Khalil Azzouzi.

L’agilité et la flexibilité organisationnelles dont bénéficient les startups leur confèrent un atout majeur en matière d’innovation IA, de son adoption et de son déploiement. La startup, par effet de contagion intra-sectoriel, aura un rôle prépondérant dans la dissémination de l’IA à travers diverses industries de notre économie.

Quelle utilisation de l’IA au Maroc ?

Selon notre interlocuteur, l’écosystème marocain ne devrait pas rater le virage de l’IA. Il va cependant falloir au préalable jeter les bases nécessaires à cette technologie, par le déploiement tous azimuts de la digitalisation. "C’est une condition sine qua non à l’adoption de l’IA". Pour ce faire, poursuit-il, il faudrait une vraie volonté de la part des différents organes de tutelle pour instiller les changements dans nos processus et méthodes de travail. Cela suppose également un travail en profondeur en matière de conduite de changement pour réussir ce pari. C’est une démarche qui, selon Khalil Azzouzi, devrait être inclusive et pédagogique à tous les niveaux de prise de décision pour instaurer un nouveau mindset.

"Nous devons revoir nos organisations à travers la mise en place de structures internes capables de collecter la data, de la structurer et de l’exploiter à bon escient, en conformité avec les lois en vigueur", recommande-t-il.

Les véritables défis de nos entreprises pour le déploiement de l’IA sont liés essentiellement, dans un premier temps, à l’effort nécessaire de digitalisation de leurs processus comme préalable à l’IA, avant de chercher à s’organiser pour capter toutes les données liées à leurs métiers, les structurer et les exploiter pour en faire le meilleur usage dans leur stratégie de croissance. "De nouvelles compétences doivent être préparées par notre système éducatif, ainsi que des plans de recrutements de profils adéquats par nos organisations, afin de réussir ce pivotage stratégique", souligne l’investisseur.

De même, l’enjeu est d’enrichir notre écosystème technologique par l’édification d’un cadre réglementaire et juridique devant légiférer ces nouveaux métiers. L’objectif étant d’anticiper ces changements et d’apporter les textes adéquats pour accompagner l’intégration de cette technologie révolutionnaire dans notre économie.

Pour le Maroc, l’enjeu est d’adopter une approche stratégique qui tire profit de ses atouts structurels pour devenir le pionnier africain de l’IA. "Grâce à son infrastructure de télécommunication, au bon taux de couverture en 4G de la population (98%) et à une forte utilisation d’internet par les individus (62%), selon un rapport récent de la Banque mondiale, nous détenons aujourd’hui tous les ingrédients pour réussir la transition numérique, et par conséquent, le déploiement de l’IA dans de meilleures conditions", conclut Khalil Azzouzi.

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M. E. O.
Le 24 mai 2023 à 10h20

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