La consommation nationale de gasoil a baissé de 6% en 2022
Le gasoil, qui reste le produit le plus consommé, a enregistré une baisse de consommation par rapport à 2021. En revanche, la consommation de produits pétroliers liquides a augmenté de 6%. Le prix du Brent a atteint son plus haut niveau durant le deuxième trimestre de 2022. Les capacités de stockage ont été améliorées à fin mai 2023, en particulier celles dédiées au stockage du gasoil, qui s’élèvent à 79 jours de consommation (1,260 million de tonnes), contre 72 jours à fin 2022 (1,144 Mt).
C’est ce qui ressort d’un exposé de Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du développement durable, devant la Commission des infrastructures, de l’énergie, des mines et de l’environnement le mercredi 7 mai, durant laquelle elle a présenté le bilan du déploiement de la stratégie énergétique 2030.
Hausse de 6% de la consommation des produits pétroliers liquides…
Dans cette présentation, Leila Benali a fait état d’une hausse de 6% de la consommation nationale des produits pétroliers par rapport à 2021, atteignant 11,9 millions de tonnes (Mt) en 2022.
Cette évolution est principalement due à une augmentation de 68% de chacune des consommations du kérosène et du fioul, produits utilisés dans le transport aérien, la production de l’électricité et le secteur industriel. La consommation du kérosène a ainsi atteint 656.000 tonnes en 2022 et 1,722 Mt pour le fioul.
Ces deux matières sont suivies du propane, utilisé dans le secteur industriel, avec une évolution de 14% de la consommation nationale entre 2021 et 2022. Un total de 235.000 tonnes ont ainsi été consommées en 2022.
En revanche, le gasoil, qui reste le plus consommé dans le secteur du transport (5,835 Mt en 2022), a pour sa part enregistré une baisse de 6% de la consommation par rapport à 2021. En ce qui concerne le gaz butane, 2,770 Mt ont été consommées au niveau national en 2022, soit une augmentation de 3%. À elles seules, ces deux matières représentent 70% de la consommation totale des produits pétroliers en 2022.
... malgré la hausse des prix
En ce qui concerne les prix, ils ont également connu une hausse sans précédent en 2022. Dans son exposé, Leila Benali a montré que le Brent de pétrole a atteint son plus haut niveau durant le second trimestre de 2022, sur toute la période 2012-2023. Il a ainsi été vendu à 127,98 dollars le baril contre 13,62 $/baril vers le mois de mai 2020, en pleine pandémie.
Les prix du gaz butane ont également explosé sur le marché international en 2022, atteignant 688 dollars la tonne, contre 587 dollars la tonne en 2021, soit une évolution de 17%.
Cependant, cette hausse n’a pas impacté les prix au niveau national, le gaz butane étant subventionné par l’Etat via la Caisse de compensation afin de préserver le pouvoir d’achat des citoyens. Pour couvrir la hausse des prix à l’international, ces subventions ont augmenté de 15,25% en 2022, atteignant 16,9 milliards de DH (MMDH).
5 MMDH consacrés au soutien des transporteurs
De nombreuses mesures ont ainsi été mises en place par le gouvernement pour atténuer l’impact de ces hausses des prix des produits pétroliers, en particulier ceux du gasoil, sur les consommateurs.
La principale reste la subvention octroyée aux professionnels du secteur du transport routier. Entre mars 2022 et fin avril 2023, 5 MMDH ont été consacrés à cette opération, qui fait toutefois polémique depuis son lancement.
En ce qui concerne le gaz butane, les subventions se poursuivent également. Durant le mois de mai 2023, la bouteille de gaz de 12 kg a coûté 72 DH au consommateur contre un prix réel de 112 DH. 40 DH ont donc été pris en charge par l’Etat, soit près de 36% du prix réel. Il en est de même pour la bouteille de gaz de 3 kg qui a coûté 18 DH au consommateur, contre un prix réel de 28 DH. La somme prise en charge par l’Etat s’élève à 10 DH pour cette dernière catégorie, soit près de 36 % du prix réel.
Le gouvernement a par ailleurs assuré la stabilité de la tarification électrique appliquée depuis 2017, malgré l’augmentation du coût de production, à la suite de la hausse des prix des matières premières à l’international (fioul et charbon).
Amélioration des capacités de stockage des produits pétroliers
D’autres mesures ont été mises en place par le ministère de la Transition énergétique en réponse au rapport du Conseil de la concurrence sur les hydrocarbures, qui avait estimé que la concurrence par les prix était quasi inexistante dans le secteur, voire neutralisée.
Il s’agit principalement de l’augmentation des capacités de stockage. Depuis début 2023, le Royaume exploite des capacités de stockage supplémentaires, atteignant jusqu’à 187.000 m3, pour un investissement total d’environ 800 millions de DH (MDH).Ces capacités supplémentaires ont permis d’augmenter de 7 jours la consommation nationale de gasoil, et de 19 jours celle de l’essence.
La ministre a par ailleurs noté dans son exposé qu’à fin mai 2023, la capacité de stockage du gasoil s’élève à 1,260 Mt, correspondant à 79 jours de consommation, et à 306.000 tonnes pour le gaz butane, soit 40 jours de consommation.
Le ministère prévoit aussi de poursuivre les projets programmés par des acteurs privés et ambitionne ainsi d’augmenter les capacités de stockage d’environ 370.000 m3 supplémentaires. Un investissement de 1,2 MMDH sera mobilisé, qui permettra d’améliorer la consommation nationale de :
- gasoil de 6 jours (pour atteindre 85 jours) ;
- essence de 12 jours (pour atteindre 116 jours) ;
- fioul d’un jour (pour atteindre 39 jours) ;
- gaz butane de 17 jours (pour atteindre 57 jours).
À l’horizon 2026, le ministère prévoit de mobiliser une enveloppe budgétaire d’environ 700 MDH pour augmenter davantage les capacités de stockage nationales de 225.000 m3 supplémentaires. Cet investissement permettra ainsi d’augmenter la consommation nationale de :
- gasoil de 10 jours (pour atteindre 95 jours) ;
- essence de 12 jours (pour atteindre 127 jours) ;
- gaz butane de deux jours (pour atteindre 59 jours).
Par ailleurs, un comité technique a été constitué. Il travaille en coordination avec la Caisse de compensation pour définir clairement la notion de stock commercial, de stock de réserve et de stock stratégique, et pour évaluer le stock des produits pétroliers qui permettra de limiter les répercussions de la hausse des prix à l’international sur le marché national.
Un comité de planification des infrastructures énergétiques a par ailleurs été constituée pour planifier les flux d’énergies de manière équilibrée, préparer les infrastructures nécessaires pour améliorer la compétitivité logistique du Maroc et maintenir la sécurité énergétique.
Enfin, un comité composé des membres du ministère de la Transition énergétique et des acteurs du secteur des hydrocarbures a été constituée pour finaliser la version définitive des textes d’application de la loi 67.15 portant sur l’importation, l’exportation, le raffinage, la reprise en raffinerie et en centre emplisseur, le stockage et la distribution des hydrocarbures. Ce comité travaille également sur un projet de loi visant à développer le secteur, et ambitionne de le moderniser en accélérant le rythme des réformes (renforcement de la gouvernance, restructuration du secteur pétrolier et amélioration de la compétitivité).
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