Aux Assemblées annuelles FMI-BM, un match de foot qui vaut un “AAA” (ou presque)
En plus de ses succès diplomatiques et de ses réalisations économiques et sociales, le Maroc est en train de révolutionner son image là où personne ne l’attendait : sur le terrain du ballon rond. Ou comment le sport s’avère un outil efficace pour faire rayonner la "marque Maroc" et accélérer la marche de toute une nation vers l’émergence.
Une image résume à elle seule tout ce que le foot peut apporter à une nation en termes de soft power : celle de la patronne du FMI et du président du groupe de la Banque mondiale en maillot de l’équipe nationale, en train de disputer, accompagnés de leurs cadres, un match amical contre le ministre du Budget et d'anciens internationaux marocains, sous le regard amusé du gouverneur de la Banque centrale Abdellatif Jouahri et de la ministre de l'Economie et des finances Nadia Fettah. Tout ce beau monde a tombé la cravate et s'est départi du sérieux habituel des cols blancs et des économistes pour partager un moment de joie, le temps d’un match de football.
Un match qui vaut un "AAA" de S&P
Cette scène qui se déroulait dimanche dernier au Grand Stade de Marrakech a fait le tour de la toile et du monde. Et a montré comment deux personnalités de l’économie mondiale s’amusaient avec les responsables des autorités monétaires et économiques du Royaume dans une ambiance bon enfant.
Le message est percutant : entre le FMI, la Banque mondiale et le Maroc, la relation dépasse le cadre institutionnel, elle est amicale. Elle est surtout le signe de la confiance que les deux patrons des institutions de Bretton Woods accordent au Maroc. En termes financiers, cette image à elle seule vaut un "AAA" de S&P ou de Fitch Rating…

Cette scène intervient aussi dans une séquence assez extraordinaire et inhabituelle dans la vie d’une nation : en dix jours, le Maroc s’est vu accorder à l’unanimité l’organisation de la Coupe d’Afrique 2025, et sa candidature avec l’Espagne et le Portugal a été retenue à l’unanimité des membres de la FIFA comme le seul dossier pour l’organisation du Mondial 2030. Des informations qui ont fait elles aussi, encore plus que le match amical avec le FMI et la Banque mondiale, le tour des chaînes d’informations dans le monde.
L’occurrence du terme "Maroc" dans le fil des news classiques ou des réseaux sociaux, ainsi que dans les moteurs de recherche, n’a jamais été aussi grande. Et le Royaume, qui s'était déjà signalé en décembre 2022 en disputant la demi-finale du Mondial du Qatar, persiste et signe qu’il est non seulement une grande nation de football, mais aussi un pays qui jouit de la confiance de ses amis africains de la CAF, ainsi que de toutes les fédérations mondiales réunies sous l’égide de la FIFA.
Le Maroc inspire confiance, un ingrédient qui n’a pas de prix
Si des voix pouvaient encore laisser entendre que le sacre des Lions de l’Atlas au Qatar était un hasard, l’obtention en l’espace de dix jours de l’organisation de la CAN 2025 et du Mondial 2030 montrent que le Maroc est un pays, un Etat, qui inspire confiance. Et cela n’a pas de prix.
Cette image d’un Maroc qui gagne, d’un Maroc capable de rivaliser avec les grands de ce monde, de faire des alliances win-win avec le Portugal et l’Espagne, d’obtenir la confiance de la FIFA pour abriter le plus grand évènement planétaire, est quelque chose de précieux. Il faut des efforts considérables pour le démontrer sur le terrain politique, économique ou diplomatique, mais avec le foot, le message passe facilement et touche le plus grand nombre. C’est la magie de ce sport.
Le Maroc l’a compris il y a très longtemps, sous Hassan II, et a travaillé sous Mohammed VI pour faire du ballon rond un des outils de son soft power, sur son continent d’abord, puis dans le monde. Et ça lui réussit.

Le vrai match à gagner : celui du développement économique et social
Mais un pays comme le Maroc, qui n’a pas de rente pétrolière ou gazière, n’organise pas un Mondial juste pour polir son image. Le Maroc n’est pas le Qatar, ni l’Arabie saoudite. Il a d’autres priorités. À leur tête : l’accélération de son développement économique et social. Et le foot, là encore, apparaît comme un outil extraordinaire pour atteindre cet objectif.
Le foot n’est pas juste un sport où onze joueurs affrontent onze autres joueurs, mais toute une économie, qui va des infrastructures à l’hébergement, en passant par des secteurs clés comme la santé, le transport ou encore l’aménagement urbain.
Il y est aussi question des droits de l’homme, d’égalité des genres, d’équité socio-économique, de respect des droits des travailleurs, de climat des affaires, de démocratie, de respect des libertés… un vaste chantier.
Doté d’un Nouveau Modèle de développement qui vise à activer l’ensemble de ces leviers, en plus d’autres, pour aboutir à l’émergence d’un Etat fort et d'une société forte, le Maroc a aujourd’hui un horizon concret et assez court pour accélérer sa marche vers le développement humain, social et économique. Le foot n’assurera pas à lui seul le développement de notre pays, mais il en sera une des dynamos, et obligera tous ceux qui hésitent encore à s’inscrire dans cette nouvelle voie à sortir de leur zone de confort.
Le modèle de développement peut sembler trop théorique, hypothétique, abstrait, mais l’organisation d’un Mondial suppose le respect d’un cahier des charges précis sur une échelle de temps courte. Le Maroc n’a pas le droit à l’erreur et se doit de gagner ce match qui peut bousculer les mentalités et faire passer le pays à une nouvelle dimension.

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