img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Hausse fulgurante des droits de douane sur les légumes marocains en Mauritanie

Depuis le 2 janvier 2024, le bureau frontalier des douanes à Nouadhibou, dans le nord de la Mauritanie, a appliqué une nouvelle tarification douanière sur les légumes importés du Maroc.

Hausse fulgurante des droits de douane sur les légumes marocains en Mauritanie
Par
Le 8 janvier 2024 à 16h50 | Modifié 8 janvier 2024 à 17h26

Selon le média mauritanien Anbaa Info, citant un représentant du ministère des Finances, cette augmentation des droits de douane s'inscrit dans le cadre de la politique gouvernementale visant à encourager la production nationale dans le but d'atteindre l'autosuffisance en légumes pour le pays, poursuit la même source.

Selon la nouvelle décision, le tarif douanier pour une petite cargaison de légumes est passé à 88.000 anciennes ouguiyas (22.319 DH), contre 40.000 (10.145 DH) auparavant, et à 145.000 anciennes ouguiyas (32.082 DH) pour une grande cargaison, contre 50.000 (12.680 DH) précédemment.

Les camions marocains transportant des légumes et d'autres marchandises en provenance du poste-frontière de Guerguerat et se dirigeant vers les pays du nord et de l'ouest de l'Afrique, via la Mauritanie, ne sont pas concernés par cette décision, conclut-on.

Les exportateurs rejettent la responsabilité sur les autorités marocaines

"Cette décision vient en représailles à l'interdiction par les autorités marocaines [en août 2023, ndlr] de l'exportation des oignons et des pommes de terre. On aurait dû limiter les quantités et ne pas interdire totalement les exportations", a déclaré à Médias24 une source de l'Association marocaine des producteurs et exportateurs vers l'Afrique.

Notre source a également été critique sur le processus décisionnel, soulignant que "cette mesure d’interdiction des exportations fut décidée unilatéralement de la part du ministère de l'Agriculture sans s'entretenir avec les exportateurs. La profession doit être consultée avant de prendre de pareilles décisions".

Le Maroc recourt à des mesures d'interdiction ou de limitation des exportations de certains produits agricoles pour favoriser le marché intérieur.

L'association a également contesté l'idée que l'exportation soit à l'origine de la hausse des prix sur le marché intérieur. "L'exportation n'a jamais été la cause de la hausse des prix dans le marché intérieur, et la preuve, c'est que les prix n'ont pas baissé depuis l'interdiction. Le problème est dans la production. Nous avons favorisé les gros agriculteurs, au détriment des moyens et petits agriculteurs, car ce sont eux qui approvisionnent le marché local".

Face à cette situation, la Mauritanie s'est tournée vers d'autres marchés pour s'approvisionner en légumes, notamment l'Egypte et l'Afrique du Sud. Dans ce sillage, l'Association marocaine des producteurs et exportateurs vers l'Afrique appelle les responsables marocains à intervenir rapidement. "Nous appelons les responsables marocains à intervenir et à s'entretenir avec leurs homologues mauritaniens pour trouver une solution et remédier au problème avant qu'il n'y ait davantage de pertes pour les agriculteurs", a conclu notre source.

Les professionnels du transport de plus en plus inquiets

L'augmentation des droits de douane en Mauritanie a également suscité des préoccupations parmi les acteurs du transport et de la logistique.

"Cette décision a été prise après celle d'interdire la circulation des camions entre minuit et 6 heures du matin", nous explique Mustapha Chaaoune, secrétaire général de l'Organisation démocratique des transports et de la logistique. Cette restriction de la circulation des camions a déjà eu un impact sur la logistique des exportations marocaines vers la Mauritanie et les pays voisins.

La nouvelle augmentation des droits de douane sur les légumes va inévitablement entraîner une hausse des coûts de transport. Cette situation risque de créer des tensions entre les transporteurs et les exportateurs.

Mustapha Chaaoune met en garde contre les conséquences potentielles de cette augmentation des coûts de transport. "Cela pourrait compromettre la compétitivité des produits marocains sur le marché africain", face à d'autres marchés comme les produits espagnols, dont les prix seront désormais plus compétitifs.

De plus, les entreprises marocaines opérant dans le secteur de la logistique rencontrent déjà de nombreuses difficultés. Outre les retards de paiement, elles font face à des problèmes tels que les arrêts prolongés des camions avant le déchargement de leur marchandise, voire le refoulement de leurs produits sous prétexte de leur obsolescence.

Pour Mustapha Chaaoune, il est crucial que le gouvernement marocain intervienne pour protéger les intérêts des entreprises marocaines, en particulier en Mauritanie. "Bien que l'augmentation des droits de douane relève de la souveraineté de la Mauritanie, notre gouvernement doit soutenir ses entreprises et atténuer les impacts de ces nouvelles décisions", souligne-t-il.

L'Association de protection des consommateurs en Mauritanie exprime son mécontentement

Le Forum de protection des consommateurs mauritaniens s'est lui aussi insurgé contre cette décision.

En effet, le forum a estimé, dans un communiqué publié le 6 janvier sur le réseau social Facebook, que la décision d'augmenter les droits de douane sur les légumes marocains nuit au citoyen mauritanien, car elle entraînera une hausse du prix d'un produit essentiel dans l'alimentation des citoyens, ce qui aggravera les souffrances des consommateurs déjà accablés par la hausse continue des prix, le monopole et la cherté de la vie.

Les défenseurs des consommateurs en Mauritanie demandent à leurs autorités de prendre "des mesures urgentes pour atténuer cette situation, de manière à préserver les droits des  consommateurs et à réduire la hausse continue des prix sans raison justifiée", conclut le communiqué.

 

À découvrir

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Par
Le 8 janvier 2024 à 16h50

à lire aussi

Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)
CULTURE

Article : Le musée du continent africain devrait ouvrir à la fin de 2027 (Mehdi Qotbi)

Porté par la Fondation nationale des musées, le futur musée du continent africain a franchi une étape décisive. Le président Mehdi Qotbi nous annonce que le plus grand complexe muséal d'Afrique, dont les travaux de gros œuvre ont dépassé 85%, entre dans sa phase finale avant une ouverture au public lors du dernier trimestre 2027.

Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier
Quoi de neuf

Article : Le jardinier marocain de Jany Le Pen expulsé vers le Maroc pour séjour irrégulier

Selon une information révélée par Le Parisien, Hatim B., un Marocain de 32 ans qui effectuait des travaux de jardinage chez Jany Le Pen, veuve de Jean-Marie Le Pen, a été expulsé le jeudi 23 avril vers le Maroc. En situation irrégulière en France depuis 2017, il faisait l’objet d’une mesure d’éloignement décidée par le préfet des Hauts-de-Seine.

Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie
NATION

Article : Maghreb : une visite américaine dans un contexte de pression croissante sur l’Algérie

Annoncée par le département d’État, la tournée de Christopher Landau, du 27 avril au 1er mai, intervient dans un contexte marqué par l’implication croissante de Washington dans le suivi du dossier du Sahara et de ses prolongements onusiens.

Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)
ECONOMIE

Article : Ordre des experts-comptables : le scrutin s’annonce serré (liste)

Le scrutin du 21 mai pour le renouvellement du Conseil national de l’Ordre des experts-comptables met en concurrence 41 candidats pour 11 sièges. Parmi eux, se dégagent des profils issus de grands cabinets internationaux, comme EY, Deloitte, Mazars, BDO, KPMG ou Grant Thornton, des figures expérimentées déjà présentes dans les instances de l’Ordre et des profils plus récents, illustrant les équilibres internes de la profession.

Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat
Quoi de neuf

Article : Protection des femmes victimes de violence : lancement officiel de la cellule centrale à Rabat

À Rabat, le ministère de la Solidarité a lancé la cellule centrale de prise en charge des femmes victimes de violence, chargée de renforcer la coordination institutionnelle, de superviser les structures territoriales et d'améliorer l’accompagnement juridique, psychologique et social des victimes.

Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH
La séance du jour

Article : Bourse de Casablanca : le MASI chute de 1,69%, les volumes grimpent à 667 MDH

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 24 avril 2026 en baisse, avec un MASI en recul de 1,69% à 18.815,18 points. Les échanges ont atteint 667,11 MDH, dominés par Managem, Minière Touissit et Attijariwafa bank.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité