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Après l'éviction des gardiens de voitures, qui va gérer les parcmètres de Aïn Diab à Casablanca ?

Le conseil de la ville de Casablanca a décidé de mettre fin aux activités des gardiens de voitures à Aïn Diab, au profit de l'installation de parcmètres. Qui va opérer ce changement et prendre en charge la gestion du stationnement urbain ?

Après l'éviction des gardiens de voitures, qui va gérer les parcmètres de Aïn Diab à Casablanca ?
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Le 3 février 2024 à 10h28 | Modifié 2 février 2024 à 22h06

C'est la société de développement local Casa Baia qui est en charge de la gestion des parcmètres dans la capitale économique. Principalement concentrés dans la zone bleue au niveau du centre-ville (quartiers ceinturés par la rocade ; Résistance ; Zerktouni ; FAR ; Anfa) et ses principales extensions urbaines (Maârif ; Hôpitaux ; Belvédère ; Roches-Noires ; Médina ; Bourgogne), ces 831 appareils gérant 18.000 places rapportent à la ville la modeste somme de 7 millions de DH par an.

Après l'éviction des gardiens de voitures, qui va gérer les parcmètres de Aïn Diab à Casablanca ?

La SDL devra logiquement prendre en charge l'installation des nouveaux parcmètres de Aïn Diab. Cependant, une source interne de Casa Baia, contactée par Médias24, a indiqué ne pas avoir reçu d'informations sur ce nouveau projet. La société se consacre actuellement à la gestion des affaires courantes, une décision prise par son conseil d'administration peu de temps après la nomination du nouveau wali de Casablanca, Mohamed Mhidia.

Selon une source informée, Mohamed Mhidia s'était, à son arrivée, montré surpris par les revenus relativement faibles générés par Casa Baia. Cette même source a rappelé que lorsque la gestion était entre les mains d'une entreprise privée, le stationnement rapportait à la ville plus de 13 millions de DH, au lieu des 7 millions de DH actuels.

Selon notre source, le wali a en conséquence demandé à la maire de la ville de revoir l'accord avec Casa Baia, et suggérant que celle-ci soit plutôt confiée à la SDL Casa Transports.

Mais, selon notre interlocuteur, il a été décidé, après discussion, que Casa Baia conserve la gestion des parcmètres, à condition que les revenus soient plus importants.

Un manque à gagner "conséquent"

À Casablanca, la gestion du stationnement représente un défi majeur. Casa Baia fait face, selon elle, à un manque à gagner conséquent.

Un premier problème majeur réside dans la prolifération des gardiens non autorisés. Par exemple, une inspection menée par la police administrative en mars 2023 dans la zone de Sidi Belyout a révélé que pour 350 horodateurs installés, il existe 319 gardiens non autorisés. Conformément à la convention établie entre la commune et Casa Baia, la commune est tenue de prendre les mesures adéquates pour remédier à cette situation. Cependant, Casa Baia déplore l'absence d'initiatives concrètes de la part de la commune, ce qui occasionne, selon elle, une sous-exploitation de 30% des parcmètres dans la zone de Sidi Belyout.

D’après un rapport de la cour régionale des comptes de février 2023, 108 autorisations sont accordées aux gardiens dans la zone bleue à Sidi Belyout. Selon ce rapport, "ces autorisations dites 'autorisations sociales' sont octroyées par le président de la commune à des personnes nécessiteuses et renouvelées annuellement par le président d'arrondissement (décision de délégation n° 151 du 14 octobre 2021). Aucune procédure permettant de clarifier les conditions et les modalités d'octroi de ces autorisations n'a été mise en place par la commune, pourtant cette mesure a été recommandée par la Cour régionale des comptes dans son rapport de 2015 relatif à la gestion du stationnement dans la ville de Casablanca. En plus, la commune a confirmé, dans sa réponse au questionnaire, l'absence de concertation avec Casablanca Baia avant l'octroi de ces autorisations".

Selon une source proche du dossier, les élus locaux utilisent souvent ces autorisations à des "fins électorales".

Dans ce contexte, le manque à gagner annuel en chiffre d'affaires, selon Casa Baia, est estimé à 11 millions de DH hors taxes (63% à Sidi Belyout), avec une perte de redevance pour la ville estimée à 2 millions de DH hors taxes par an.

Une autre pratique courante observée sur les boulevards de Casablanca implique des gardiens qui achètent des tickets d'une heure et les revendent à deux clients stationnant leur voiture une demi-heure chacun, réduisant de moitié les revenus générés par les parcmètres.

L'aménagement de voies de tramway sur les boulevards Moulay Youssef, Rahal Meskini et la rue Allal El Fassi, est lui aussi venu peser dans la balance. Résultat : 1.200 places perdues pour Casa Baia.

En outre, les parcmètres sont victimes d'actes de vandalisme, une situation particulièrement préoccupante étant donné que le coût de ces équipements est de 50.000 DH l'unité.

"En mai, un avenant visant à augmenter les redevances de Casa Baia de 15% à 25% du chiffre d'affaires a été approuvé par le conseil mais, pour des raisons inconnues, il n'a jamais été signé," explique notre interlocuteur.

"Contrairement à la gestion précédente, assurée par une entité privée, Casa Baia appartient à la ville. Si cela n'était pas avantageux pour la commune, le conseil n'aurait jamais résilié le contrat avec le précédent gestionnaire", ajoute-t-on.

La gestion du stationnement dépasse la simple question de revenus. "Casa Baia joue un rôle de régulation, visant à améliorer les conditions de circulation et de roulage sur les axes les plus fréquentés, conformément à la politique de mobilité urbaine"souligne notre source. Cette mission s'inscrit dans une vision plus large de la gouvernance et de l'efficacité administrative, où l'activité de stationnement ne devrait plus relever des élus, pour éviter tout conflit d'intérêts.

Selon Casa Baia, l'engagement de la SDL envers l'efficience se manifeste également dans son contrat de maintenance annuel de 2,4 millions de DH pour les parcmètres, visant à en doubler la durée de vie et à optimiser les coûts. "Depuis 2015, Casa Baia utilise le système Smartfolio pour une gestion transparente et sécurisée des recettes," nous précise-t-on. Ce système permet un suivi en temps réel des transactions et assure dix ans d'archivage numérique pour un coût mensuel de 56.000 DH.

Pour accroître les recettes municipales, Casa Baia compte sur l'extension des zones bleues (zones couvertes par les parcmètres), conformément au plan directeur de stationnement 2017-2023, finalisé en août 2016 et adopté par le conseil communal de Casablanca lors de la session de février 2017, qui prévoyait sur la période, parallèlement au développement des transports publics urbains, un accroissement de l’offre de stationnement réglementé, à travers l'installation de parcmètres le long de la corniche, dans l'intégralité du quartier des hôpitaux et autour du parc Casanearshore ; ce qui triplera, voire quadruplera les redevances, martèle Casa Baia. "Il suffit que les élus aient la volonté d'augmenter les recettes de la commune pour réaliser ce potentiel," conclut notre source.

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Le 3 février 2024 à 10h28

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