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ECONOMIE

Pourquoi les investissements directs étrangers sont en baisse en 2023

En 2023, les chiffres des IDE publiés par l'Office des changes sont en baisse par rapport à 2022. Ce qui tranche avec la dynamique affichée depuis plusieurs mois. Quelle lecture faire de ces données ? Comment vont-ils évoluer ? Explications de Hicham Chaoudri, directeur de l’investissement au MICEPP.

Pourquoi les investissements directs étrangers sont en baisse en 2023
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Le 6 février 2024 à 17h03 | Modifié 9 février 2024 à 15h32

Le flux net des investissements directs étrangers (IDE) a fortement reculé par rapport à l’année 2022, selon les dernières statistiques de l'Office des changes.

Ainsi, le flux d’IDE l’an dernier affiche une chute de 53,3% à 10,1 MMDH, contre 21 MMDH à fin 2022 et 20,2 MMDH en 2021.

Ces données et cette tendance baissière tranchent avec les multiples annonces d'investissement et la dynamique constatée depuis bientôt deux ans. Comment expliquer ce paradoxe ?

Hausse des dépenses et baisse des recettes 

Retour aux chiffres, d'abord. Le flux net des IDE est le résultat de la dynamique d'évolution des recettes IDE (flux entrant) et des dépenses IDE (flux sortant).

Pour l'année 2023, la baisse du flux net par rapport à 2022 s'explique par :

  • une hausse des dépenses d’IDE de 25,6% à 22,3 MMDH ;
  • une baisse des recettes d’IDE de 17,8% à 32,5 MMDH.

De fait, le flux net a chuté, atteignant un plus bas depuis au moins six ans, tout en restant dans le positif.

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Les recettes IDE, l'indicateur le plus pertinent

Quelle lecture faire de ces données ? Quel indicateur est le plus pertinent ?

"Après avoir échangé avec les experts sur ces indicateurs, le ministère privilégie l’indicateur des recettes des IDE pour faire référence à la dynamique d’investissement étranger au Maroc. Car, il comptabilise les entrées de fonds qui créent de la valeur et de l’emploi au Maroc", nous explique Hicham Chaoudri, directeur de l’investissement au MICEPP.

Et d'ajouter, "les flux nets des IDE soustraient à ces recettes les dépenses au titre des opérations de désinvestissement et de remboursement de prêts, ainsi que les dividendes et intérêts. Or, le remboursement de prêts ou le transferts de dividendes, par exemple, ne détruisent pas la valeur créée grâce à un investissement étranger".

Si l'on isole et analyse les recettes IDE, une baisse est clairement constatée en 2023 par rapport à 2022, précédée d'une quasi-stagnation sur trois années de suite, alors que les signaux positif, les chiffres des commissions d'investissement ainsi que les annonces de projets donnent une autre lecture.

Les raisons de la baisse

Les IDE obéissent à une logique de cycles. "Les projets d’IDE se font ressentir sur le terrain un ou deux ans après leur annonce", commence par préciser notre interlocuteur.

Cela étant dit, il y a plusieurs explications à la baisse constatée en 2023. "D'abord, la baisse au Maroc suit une tendance mondiale, provoquée par les multi-crises liées au conflit en Ukraine (prix élevés des denrées alimentaires et de l'énergie, pressions liées à la dette), dont notamment la hausse des taux d'intérêt et l'incertitude sur les marchés de capitaux", avance-t-il.

"En 2022, une baisse de 12% des recettes IDE au niveau mondial a été enregistrée après le rebond enregistré en 2021. En Afrique, la baisse a été de 44% par rapport au record de 2021 (45 Mrd$ vs 80 Mrd$ en 2021)".

Ensuite, "le comparatif de 2023 avec 2022 est trompeur, car cette dernière a été une année exceptionnelle (2e meilleure année en dix ans), réalisée grâce notamment au projet Koch et OCP", explique notre interlocuteur faisant référence à la cession par OCP de 50% de JFCIII à l'américain Koch.

Le dernier argument présenté est "qu'en raison de la fermeture des frontières pendant la pandémie du Covid-19, les projets annoncés ou signés en 2020-2021 ont été réduits. Ce qui se ressent sur les projets d’IDE un à deux ans plus tard".

Un nouveau cycle haussier attendu à partir de 2024

Pour notre source au ministère de l'Investissement, "les perspectives sont toutefois très prometteuses pour les années à venir, légèrement à partir de 2024, mais surtout à partir de 2025 et 2026".

Hicham Chaoudri apporte des arguments en faveur de l'optimisme du ministère. "La dynamique des projets approuvés en CI/CNI est très positive. En deux ans, 183 MMDH ont été approuvés contre 50 MMDH au cours des deux années précédentes", nous explique-t-il, ajoutant que "le pipe de projets d’investissement n’a jamais été aussi important".

Il nous confie que le ministère et l'AMDIE "suivent un pipe de 800 MMDH d’investissements privés". Sur ce montant, "340 MMDH de grands projets d’investissement Greenfield ont déjà fait l’objet de la signature d’un MoU avec l’Etat et ont été annoncés".

Une part non négligeable de ce pipe correspond à des investissements étrangers qui devront en toute logique rebooster les chiffres des IDE.

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Le 6 février 2024 à 17h03

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